L’art de la créativité vocale avec Andreas Schaerer
Mercredi 20 août 2025
Andreas Schaerer : voix
Kalle Kalima : guitare
Jules Martinet : contrebasse, basse

Je lis partout qu’Andreas Schaerer est un vocaliste inouï ; c’est juste, mais je trouve que c’est un peu juste. Son art réside, au-delà de sa performance hallucinante, à développer son idiome vocal avec la musique qui l’entoure. En l’occurrence, l’autre soir au Théâtre de Arts, c’est bien avec le flot musical de Kalle Kalima et Jules Martinet qu’il s’exprima et fit péter de bonheur non pas la tronche mais les corps entiers de l’auditoire. Passionné et passionnant, électrisant même, il ne fit rien tout seul. En osmose avec les jeux aussi éclectiques qu’originaux de Kalle Kalima et Jules Martinet, il fit circuler leur songbook personnel composé avec le guitariste au cœur du triangle créatif qu’ils créèrent ensemble. Je dois dire qu’il m’emmena loin, très loin, dans des contrées peu fréquentées où l’expression mélodique et la construction harmonique ne laissèrent de me surprendre pour le meilleur et le meilleur. La guitare aux sonorités protéiformes du finlandais, la versatilité résonnante du bassiste portèrent avec lui une expressivité partagée qui accoucha d’une montagne d’inventivité musicale, d’un paysage buissonnier, fantasque et inclassable, nourri de saisissements sensibles comme de mutualisation novatrice. De la première à la dernière note, ce trio renversant d’humanité me transmit un sentiment d’ouverture, de liberté collective inexhaustible. Il me parut même que leur musique avait deux vies, celle de ses créateurs et une autre, autonome et souveraine, fraternelle, qui les laissa se jouer d’elle en confiance. Pour tout dire, ce fut un étonnant voyage musical, pétri de complicité et de jubilation souriante, un moment aussi rayonnant qu’atemporel. C’était néanmoins un 20 août, jour qui vit naître Pierre De Fermat (1601-1665) dont le dernier théorème fit cauchemarder les matheux de tout poil durant une très longue période. N’oublions toutefois pas qu’il était également poète, ce qui me convient mieux. Mais ça, c’est une autre histoire.