C’est si bon

Foreign Artists Singing in French 1931-1962
Frémeaux et Associés FA 5910

Anthony Perkins
Eartha Kitt
Marlene Dietrich
Louis Armstrong
Billy Eckstine

Il s’agit d’un coffret de deux disques, le premier consacré aux chanteuses (79 mn), le second aux chanteurs (65mn). En augmentant d’une année, on aurait pu ajouter, par exemple, Cliff Richard (4 titres sur un 45 tours en 1963) ou Paul Anka.
Dans le premier disque, on peut entendre Eartha Kitt (4 titres), à la voix un peu aigre, qui commente les chansons par des propos assez ineptes ; Marlène Dietrich (10 titres), qu’il est inutile de présenter, je pense, avec des chansons enregistrées de 1931 à 1962, tout un récital ; Hildegarde Kneff (5 titres), dont la voix de contralto, m’a fait croire un moment que c’était un homme qui chantait. L’auteur de la notice écrit qu’elle était “étroitement liée à Boris Vian”, ce qui explique un petit mystère, le passage dans “J’suis snob” de “Mais lorsque je sors à son bras / J’suis fier du résultat” [Textes et Chansons, Editions UGE, collection 10-18, 1969, p. 62 ; version chantée avec accompagnement piano, inédit publié en 1991 in Boris Vian chante Boris Vian, plage 19, Mercury] à “Mais quand j’sors avec Hildegarde / C’est toujours moi qu’on r’garde” dans la version officielle avec orchestre.
Le dernier titre du disque est une adaptation française de “Remember my forgotten man”, dernier numéro de la comédie musicale Gold Diggers 1933 de Merwyn Le Roy, avec une chorégraphie de Busby Berkeley, séquence inoubliable de cinéma, très dramatique à la fin d’un film distrayant.
Dans le deuxième disque, on peut entendre Anthony Perkins, qui a une jolie voix et un bon répertoire, chanteur qui, comme d’autres, est “à la limite du jazz” (Jean-Pierre Moussaron, in Le Nouveau Dictionnaire du Jazz, article "Chanteurs” ; Harold Nicholas, le plus jeune des Nicholas Brothers, extraordinaires danseurs, chanteur à la voix facile et au français naturel -avec un accent-, mais il semble bien comprendre ce qu’il chante ; ce qui n’est pas tout à fait le cas de Billy Eckstine, dont est reproduit intégralement et pour la première fois en CD, le disque “Mr B. in Paris”, enregistré à New-York, avec Kenny Clarke à la batterie, ce qui n’est pas un certificat de jazzité, KC étant, par exemple, le batteur de “Capri c’est fini” comme l’a révélé Hervé Vilard lors d’une émission de radio “Etonnez moi Benoît” du regretté Benoît Duteurtre.
Et le Jazz dans tout ça ? Il est représenté par Blossom Dearie (4 titres), qui est accompagnée de Ray Brown , Jo Jones et Herb Ellis ou Kenny Burrel, ainsi que de Bobby Jaspar à la flûte pour deux chansons. On pourra comparer les plages1/17 de chacun des disques, les interprétations de Blossom Dearie et M. B. de “Chez moi”, elle chante du jazz et lui est un chanteur de charme.
Excellente notice d’Olivier Julien, ainsi qu’une discographie à laquelle ne manque que les lieux d’enregistrement.


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