ALAIN JEAN-MARIE, DIEGO IMBERT Le 13 novembre 2025-Sunside

Alain Jean-Marie
, piano
Diego Imbert, contrebasse

Jours et nuits se succèdent sans discontinuer depuis que le monde est monde. Leur nombre dépasse l’imagination et pourtant dans cette lancinante banalité aucun jour n’a ressemblé à un autre jour, aucune nuit à une autre nuit. Toujours est-il que certains jours, certaines nuits, pierres angulaires de nos mémoires, resteront gravés dans nos esprits.
Nous nous rappellerons aussi des concerts qui nous aurons marqué comme celui mémorable donné à la Maison de la Radio ce samedi 8 novembre 2025 par le quartette tout nouveau de Sylvain Beuf aux compositions si originales et le trio impérial de Christian Mcbride avec Benny Green et Gregory Hutchinson, tout en nuances, rebondissements et maitrises hallucinantes…

Un moment que nous n’oublierons pas comme nous n’oublierons pas ce 13 novembre 2025 où Alain Jean-Marie et Diego Imbert ont fêté leur disque Ballads qui célèbre cet art si difficile du tempo lent voire très lent, celui du temps qui s’étire mais qui tient bon. Tout ici est dans le langage celui de l’écoute, du jouage, de la note juste, du beau son qui ne s’entend que dans l’évitement du bavardage, celui du refus de tout effet inutile, les interventions étaient colorées, dénuées d’égo surdimensionné, les deux musiciens n’ayant au fond rien à prouver.

C’est cet art si difficile de la simplicité qui ne demande que de la sincérité qui nous touche. On a retrouvé là le grand pianiste qu’est Alain Jean-Marie qui sait développer une idée en allant jusqu’au bout du bout de son intention, et le contrebassiste idéal Diego Imbert trouvant toujours l’appui qui ouvre et rassure. Le matériau musical est ici des plus commun, le standard, réservoir mélodique inépuisable comme un lied de Schubert ou une mélodie de Fauré, encore faut il savoir le faire vivre le faisant cheminer là où parfois on ne l’attend plus.

Faire vivre, le moment était chargé en émotions comme le rappelait le contrebassiste et que oui nous sommes là pour écouter de la musique et non pour faire la guerre, nous ne demandons rien à personne, nous ne sommes pas ici par hasard, ce moment est de profonde respiration comme nous en avons tant besoin.
Oui nous nous souviendrons de ce jour, de cette nuit du 13 novembre pour ceux qui ne sont plus là, pour ceux qui sont vivants et pour nous tous de par le monde qui menons cette bataille sans relâche contre ceux qui veulent nous enfermer, nous n’accepterons jamais l’indifférence, nous ne nous habituerons jamais à l’indicible nous qui voulons vivre en paix et n’obligeons personne.