On vous en remet une louche ! Si après ça vous n’avez pas d’idées cadeaux, on n’y peut rien !
Self Two Music
Enzo Carniel : piano
Federico Casagrande : guitare
Thomas Savy : clarinette basse
Stéphane Kerecki : contrebasse
Fabrice Moreau : battterie
Invités :
Airelle Besson : trompette
Émile Parisien : saxophone soprano


Le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden (1937-2014) fut en son temps, avec quelques autres, l’un des fers de lance de la musique dite engagée. Réactiver sa mémoire aujourd’hui, en cette période pour le moins troublée, est donc une bonne idée. Quand c’est Stéphane Kerecki qui s’y colle, c’est même une excellente idée, de celles qui font leur chemin en laissant une trace durable. Remarquablement entouré, avec une playlist très équilibrée, le contrebassiste fait résonner des thèmes hautement mélodiques, nourris par une palette de nuances impressionnante, au sein desquels chaque musicien peur offrir en partage sa part d’inventivité au service d’un collectif qui en totale maîtrise du projet. Cela donne à écouter une musique habitée à laquelle on attribue sans effort ce supplément d’âme qui fait toute la différence et dont on se lasse jamais (parce que c’est plutôt rare…). On ne saurait vous dire si « We shall overcome » ces temps de repli identitaire qui pousse au crime et attise la haine, mais on est certain que ce magnifique disque aidera celles et ceux qui s’interrogent et doutent à apercevoir la lumière de l’espoir. L’art peut révéler le meilleur de l’humain (le pire aussi), et lui donner goût à l’avenir ; ce disque peut être l’un des outils nécessaires au combat. Et en détournant légèrement les mots un vieux rocker, ajoutons juste : keep on jazzin’ in a free world !
https://www.stephanekerecki.com/
Blaser Music
Russ Lossing : piano
Mark Helias : contrebasse
Eric McPherson : batterie


Avec ce nouveau disque, le trio de Russ Lossing, accompagné par les fidèles Mark Hélias à la contrebasse et Eric McPherson à la batterie, enfonce un peu plus le clou. Entrés en studio sans avoir répéter quoi que ce soit, ils se sont fait confiance et, avec les qualités intrinsèques qu’on leur connait, ils ont fait beau voyage qu’ils partagent avec nous. On les remercie donc, d’autant plus que leur univers musical ne manque de points d’accroche pour nous séduire. La dynamique de leur musique est spéciale, elle offre à l’auditeur une complexité jamais barbante, toujours lisible, faite de surprises rythmant le cours d’un discours savant et captivant. Chacun des musiciens apporte son savoir-faire autant que son savoir-être. Le cumul de leurs talents respectifs forme un triangle musical parfait qui les place sur le haut du panier ; sachant quelle est la concurrence sur le secteur, cela vous donne une idée de la qualité de cet enregistrement. C’est vif, inspiré, précis et fin. Que voulez-vous qu’on vous de plus sinon de l’acheter ?
Analog Tone Factory
Jérôme Sabbagh : saxophone
Ben Monder : guitare
Joe Martin : contrebasse
Nasheet Waits : batterie

Ce disque de Jérôme Sabbagh possède un son chaleureux comme on en rencontre finalement assez peu. Que des compositions originales au menu mais qui ont cette patte particulière qui peut faire croire qu’elles été écrites il y a un demi siècle au moins. Au service des mélodies aisément assimilables du leader, la rythmique tient son rang et certaine idée de la tradition alors que le guitariste développe son originalité native sans pour autant mettre en péril l’équilibre du quartet. Le saxophoniste quant à lui, dispose d’une large palette et mène la barque à sa convenance avec un sens de l’interaction surdéveloppé. Balayant quelques genres musicaux au gré des compositions, le quartet n’en demeure pas moins homogène, mais vu le niveau des intervenants, personne n’aurait l’idée d’en douter ; pas nous en tout cas. Citons Jérôme Sabbagh pour finir : Le titre de l’album reflète l’état d’esprit du moment. Plus que jamais j’essaie d’être moi-même sur le plan artistique, d’écrire de la musique en laquelle je crois et de la jouer avec les personnes avec lesquelles j’ai un lien véritable. Agir selon ses convictions : c’est un principe qui vaut en matière de musique et au-delà. » Cqfd.
https://www.jeromesabbagh.com/
Storyville Records
Marie louise Schmidt ; piano
Helle Marstrand : contrebasse
Benita Haastrup : batterie

Voici un trio danois piano / basse / batterie animé par trois musiciennes, ce qui n’est pas si fréquent, d’autant qu’il existe depuis 1987… Un trio avec une telle longévité, c’est en soi une aventure. La musique, elle, se réfère à la grande tradition du trio ancré dans l’interaction (merci Bill). Il n’y a donc rien de révolutionnaire dans le disque ; par contre, la musique développée avec les thèmes de standards aussi iconiques que sobres est parfaitement chantante. Comme les trois acolytes se connaissent sur le bout des doigts, l’alchimie entre elles est patente et l’on ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet album non dénué d’un charme millésimé. Quelques compositions originales sont également au menu et elles ne dépareillent pas des morceaux précités, ce qui est notable. Il y a de la vitalité dans leur musique et une forme de joie sereine, de celle qui unit les personnes ayant partagé quasi quarante années d’aventure musicale. Il faut donc écouter ce disque sans a priori et prendre le plaisir qu’il donne pour ce qu’il est : un moment musical complice atemporel propre à nous faire oublier les vicissitudes de notre époque.
https://www.sophisticatedladies.dk/music/that-healin-felling/track/that-healin-feelin/