Quatre disques de plus à écouter
Shifting Pardigm Records
Johannnes Wallmann : piano
Nick Moran : contrebasse
Ingrid Jensen : trompette
Dayna Stephens : saxophone tenor
Adam Nussbaum : batterie
Mitchell Shiner : glockenspiel (1), vibraphone (1.3)

Nous ne connaissions pas le pianiste Johannes Wallmann jusqu’à ce jour. Par contre, nous avons d’emblée noté qu’il y avait dans son groupe la trompettiste Ingrid Jensen, le saxophoniste Dayna Stephens et le batteur Adam Nussbaum. Si un musicien convoque des musiciens de l’acabit de ces trois-là et qu’ils viennent, on a aucun souci pour imaginer que la musique sera bonne ! De fait, elle l’est. C’est précis, bourré de finesse, de musicalité et les solistes s’en donnent à cœur joie pour emmener les flux musicaux vers des contrées où la densité mélodique s’exprime pleinement. Tout en interaction, la musique profite des talents réunis dans le quintet pour délivrer un jazz actuel imaginatif, aux structures complexes sans être pour autant absconses, auquel il est difficile de trouver un défaut. Il ne vous reste qu’à le découvrir car cela mérite un détour. Vous pouvez également l’offrir à celles et ceux qui aime le jazz quand il est en place et inspiré.
https://www.johanneswallmann.com/
Plaza Mayor Company
Laurent Epstein : piano
Eddie Gomez : contrebasse
Willie Jones III : batterie
Vanisha Gould : chant

Si vous aimez les mélodies imparables, notamment quand elles vont font souvenir des films emblématiques où elles apparurent, vous ne raterez pas cet album pure swing. Si vous aimez les chanteuses avec un grain de voix marqué qui découpent les syllabes avec gourmandise et précision, vous adorerez cet album. Si vous aimez le jeu de l’immense Eddie Gomez (qui ne l’aime pas me direz-vous…) et les batteurs à la souplesse et la finesse rayonnante, ce disque est fait pour vous. N’oublions pas cependant que leader de cette belle affaire, le pianiste français Laurent Epstein, développe un jeu subtil et sensible qui s’accorde pleinement à l’univers musical ci-dessus précité. Cela donne un très beau disque au classicisme intemporel qui ne dépareillera pas dans une discothèque de qualité, non loin d’un disque de Hank Jones, et que vous prendrez plaisir à réécouter dans les moments de quiétude qui, loin des bruits du monde, ne veulent que de la douceur mélodique apaisante.
https://www.laurentepstein.com/
Arts Culture Europe
Marc Buronfosse : Fender VI, contrebasse
Ferruccio Gadani : congas
Arnaud Ginioux : basse électrique
Panagiotis Kostopoulos : batterie
Yiannis Papadopoulos : piano
Stavros Manthos : saxophone alto
Invités :
Franco Ambrosetti : bugle
Nefeli Fasouli : chant
Kimon Xigkis : qanoun
Jean-Philippe Carlot : poésie

Marc Buronfosse, musicien discret, trouve toujours sa place dans les projets originaux. Celui dont on parle, The sound of Paros, du nom de l’île grecque, propose une aventure musicale, culturelle et générationnelle, qui évolue à la croisée des genres, dans le jazz, la musique électronique, les sonorités méditerranéennes et même la poésie. Le collectif de musiciens, de photographes, de graphistes et d’artistes visuels qui s’est réuni pour donner vie à ce projet a fait un travail en tout point remarquable. A l’écoute, cela donne un univers sonore très attrayant, mélodique et plutôt apaisant. Mais qui ne le serait pas sur une île ensoleillée de la mer Égée ? Une chose est certaine, vous prendrez plaisir à parcourir les titres de cet enregistrement qui ne distille aucun bruit, aucune fureur, ce qui de nos jours relève du luxe suprême… Vous aurez par contre du groove chaleureux, entre rythm and blues, soul et jazz, suffisamment intemporel pour vous éloigner temporairement du tumulte. Ne vous privez pas.
Tetrakord
Alexandra Ridout : trompette
Fabrice Tarel : piano & compositions
Cyril Billot : contrebasse
Andy Barron : batterie

Fabrice Tarel, grand passionné du trio piano/contrebasse/batterie, fait un pas de côté (ce n’est pas le premier) pour porter ses compositions en s’associant à une jeune trompettiste native du Royaume Uni, Alexandra Ridout, musicienne dont on devrait entendre parler dans les années à venir tant son niveau de jeu est épatant. Avec un timbre d’une douceur rare et d’une belle fluidité, elle s’accorde de fait remarquablement aux compositions du pianiste, à sa classique modernité ; quant à la rythmique qui les soutient, elle fait preuve de la solidité nécessaire pour dégager un lyrisme de bon aloi, jamais superfétatoire. Avec quelques incursions dans des registres point trop éloignés du jazz, le quartet s’installe dans un espace musical attractif aux couleurs (naturellement) changeantes. Les quatre instrumentistes s’entendent et s’écoutent avec justesse et participent à l’élaboration d’un projet parfaitement équilibré et cohérent qui donne naissance à une musique fort intéressante.