Vendredi 28 novembre 2025

Baptiste Herbin : saxophones
Sylvain Romano : contrebasse
André Ceccarelli : batterie


Un petit tour au festival Jazz à Fareins, vingt-deuxième du nom, n’a jamais fait de mal à personne et je trouve là chaque année ou presque un concert susceptible de m’intéresser. En l’occurrence, ce fut le trio de Baptiste Herbin qui attira mon attention. Ne l’ayant à ce jour jamais vu sur scène, l’occasion fit le larron. La relecture de l’œuvre de Django Reinhardt par le saxophoniste fut très probante. Doué d’une virtuosité qui n’oblitéra pas la musicalité, Baptiste Herbin sut faire parler la poudre, avec des soli puissants et inspirés, quelquefois périlleux, et caresser les mélodies dans le sens du poil avec adresse et précision dans la nuance. Bien accroché à sa contrebasse, Sylvain Romano proposa un accompagnement chantant en tout point solide. De son côté, le mythique André Ceccarelli, s’il fit le boulot consciencieusement, me parut fatigué et plus en retrait qu’à son habitude ; son niveau de jeu n’en fut pas moins élevé et son jeu de balais d’une constante efficacité. Que ce soit à l’alto ou au soprano, le meneur de revue, authentique (il connaît ses classiques) et contemporain (il osa des stridences inusitées à époque du guitariste tzigane), usa de la modulation avec un goût très sûr qui enrichit dans l’immédiateté son discours dont l’architecture, aussi élaborée qu’intelligible, démontra un réel savoir-faire. Enchainant les titres, l’inévitable Nuages et le Django de John Lewis, agrémentés de compositions basées sur l’univers du guitariste iconique, le trio déroula un set foisonnant qui enthousiasma non sans raison le nombreux public (c’était complet) du festival qui demeure, année après année, un haut lieu de la convivialité, le plus convivial à coup sûr de tous les festivals que je fréquente. C’était un 28 novembre humide, jour qui vit néanmoins naître Alberto Moravia (1907-1990), auteur du Mépris, son roman le plus connu grâce à l’adaptation cinématographique de Godard avec Michel Piccoli et Brigitte Bardot, sans oublier l’épatant Vladimir Palahniuk, mieux connu sous le pseudonyme de Jack Palance.


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