RALPH TOWNER / GARY PEACOCK . Oracle

Ecm

Ralph Towner : guitare
Gary Peacock : contrebasse

Gary Peacock (1935-2020) n’est plus et Ralph Towner vient juste de rejoindre le panthéon des guitaristes d’exception. Ecm a la bonne idée de sortir cette réédition en vinyle du disque « Oracle » datant de 1993 (sorti en 1994), où ces deux géants se livrent à un exercice de style fait d’empathie, de complexité et, surtout, de sensibilité. C’était leur premier enregistrement en duo et ce fut une réussite. Entre stricte composition et improvisation sans filet, les deux artistes inventent un discours riche de nuances qui échappe souvent à la pesanteur et envoie l’auditeur valser dans un au-delà musical, façon jazz de chambre, du plus bel effet. La qualité de l’enregistrement ajoute à cette pépite un supplément d’âme qui ne peut que ravir les amateurs de beauté ultime et d’émotions subtiles. Les fans de vinyle se jetteront dessus, bien sûr, mais il est toujours possible de l’acheter en Cd ; il n’est jamais trop tard pour bien faire (et bien se faire plaisir). En parler ici, c’est pour nous, c’est un bon moyen de rendre hommage à Ralph Towner (1940-2026), guitariste qui sut être accessible à tous en usant d’accords et d’arpèges techniquement sophistiqués, voire implexes, mais toujours avec profondeur et élégance.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Ralph_Towner
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gary_Peacock


  HUGO LIPPI ! Olha Maria

For Musicians Only, Caramba Records

Hugo Lippi : guitare
Stéphane Belmondo : trompette (3.5)
Gael Rakotondrabe : piano (1.4.7.8.11)
Laurent Vernerey : contrebasse (sauf 3.11)
Denis Benarrosh : batterie (sauf 3.4.11)
Hugo Guezbar : guitare (6.9)

Il nous semble que le guitariste Hugo Lippi ne sera jamais tonitruant ; trop raffiné pour tombe dans ce travers, trop amoureux du « beau son » et de la musique qui balance avec précision et nonchalance à la fois. Dans cet album, il cueille dans tous les genres des titres qu’il affectionne, livre aussi des compositions originales, et s’en délecte avec ses collègues dans une ambiance très seventies. Il ne joue que les notes nécessaires et est parfaitement accompagné. Les réinterprétations sont plus que sensibles et d’une belle inventivité. Toujours infiniment mélodique et mesuré, Hugo Lippi évolue dans un lyrisme discret qui privilégie l’esthétisme et la musicalité. Il y aurait pu avoir de belles passes d’armes avec Herb Ellis, Kenny Burrell et quelques autres (du même acabit) de cette époque passée mais pas dépassée. Un disque cool à l’opposée de notre époque torturée. Conseillé.


https://www.facebook.com/hugolippi2/?locale=fr_FR


  DAVID CHEVALLIER . ReSet

Yolk Records

David Chevallier : guitare hybride
Sébastien Boisseau : contrebasse
Christophe Lavergne : batterie

Certes, ce disque est celui d’un guitariste mais il nous a semblé qu’il était intrinsèquement le disque d’un trio. Vous me direz, c’est leur troisième enregistrement et cela crée des connexions qui frôlent l’alchimie. La musique est puissante sans être envahissante et les idées circulent naturellement au creux d’une permanence musicale assez rare pour être signalée. Toute de souplesse et de précision, elle explore et développe un propos intense qui ne cède ni à la facilité, ni à la complication superfétatoire. Dans cet entre-deux original, la guitare hybride de David Chevallier (un instrument alliant la lutherie et l’électronique) fait merveille et peut s’appuyer sur ses condisciples (une rythmique de luxe comme on dit, capable d’accompagner mais aussi de proposer) en toute tranquillité pour projeter son imaginaire musical avec brio. L’ensemble est prodigue en beauté aussi arachnéenne que nuancée.


https://www.facebook.com/david.chevallier.le.sonart/


  GUILHEM FLOUZAT . I’m nice

Elstir Music

Guilhem Flouzat : batterie, composition, textes
Isabel Sörling : voix
Laurent Coq : piano
Ralph Lavital : guitare
Desmond White : contrebasse
Maxime Sanchez : claviers (1.3.6)
Sullivan Fortner : piano (5)

Après « Turn the sun to green » (2021) et « Bottommost » (2023, ce disque est le dernier d’une trilogie où le batteur compose musique et texte, en français du « songwriting ». Portés par la voix habitée d’Isabel Sörling les beaux textes du leader posent un cadre original, à la croisée des chemins, et définissent un univers somme toute original. Dans des ambiances qualitativement jazz avec un léger goût de pop finement ciselée, les thèmes se succèdent de manière homogène dans un environnement musical et textuel faussement enjoué, presque second degré, qui fait mouche. C’est très beau et cela grince un peu de façon sous-jacente. Une chose est certaine, cela sort absolument des sentiers battus et rebattus. Rien que pour ça, vous devriez l’écouter, d’autant que l’ensemble des musiciens participant au projet donnent le meilleur de leur art. Recommandé.


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