KRISTÓF BACSÓ TRIAD . Let it go

Bmc records

Kristóf Bacsó : saxophone tenor, EFXs
Áron Tálas : piano, Fender Rhodes, claviers
Márton juhász : batterie

Invité : István Tóth : guitare, contrebasse

Reconnu comme l’un des plus brillants saxophonistes de sa génération chez lui, le hongrois Kristóf Bacsó n’en est pas moins très influencé par le jazz made in Usa. On ne lui reprochera pas car, pour tout dire, son disque est remarquablement construit. Dans sa musique aux formes relativement alanguies, les lignes sont claires et rares sont les moments où la sortie du cadre est possible (et qui sait voulue). Ce que nous avons retenu avec plaisir de cet enregistrement, c’est l’équilibre entre les sonorités qui nous a semblé particulièrement travaillé. La polyrythmie qui s’exprime est elle aussi un bonus dans ce Cd dont les compositions forment un ensemble assez linéaire qui pourrait ennuyer. Fort heureusement, ce n’est pas le cas car le leader et ses acolytes ne manquent pas de ressources. Á noter que le titre Soulbird est dédié à Mátyás Szandai, contrebassiste tragiquement disparu beaucoup trop tôt.


https://www.kristofbacsomusic.com/


  MIHÁLY BORBÉLY . Looking back from half way

Bmc records

Mihály Borbély : saxophones, alto, soprano et ténor, Clarinette, clarinette basse, tárogatóflûte folk, kaval, tilinkó, Dvojnice, fujara

Un disque en solo, mais avec du re-recording, cela arrive régilièrement. Dans le cas présent, Mihály Borbély le fait avec toutes les sortes d’instruments à vent possibles. Cela va des saxophones et clarinettes bien connus jusqu’aux plus improbables instruments d’origine hongroise ou d’Europe centrale. Ethnique et jazz à la fois, cet enregistrement très libre possède un charme certain. C’est savant et folklorique, classique et aventureux, le tout sans retenue autre que celle imposée par les compositions de l’artiste. Braxtonienne ici, portalienne là, borbélyenne partout, la musique dresse un portrait en creux des mémoires musicaux du musicien, portrait doublé d’un récit original relatif à la musique traditionnelle hongroise. C’est étonnant et jamais lassant, cela se développe en vagues successives qui séduisent l’auditeur par leur justesse et leur pertinence. À découvrir.


https://mihalyborbely.hu/english/groups/mihaly-borbely-quartet/


  SLR5 . Consenso

Pavane Jazz Records

Sal La Rocca : contrebasse
Steven Delannoye : saxophone ténor et soprano
Phil Abraham : trombone
Igor Gehenot piano
Umberto Odone : batterie

Sal La Rocca est un pilier du jazz belge et il a joué avec tout le monde ou presque, de Mark Murphy à Philip Catherine, de Lee Konitz à Richie Beirach, et on en passe quelques dizaines ! Avec son quintet, il développe un jazz emprunt de gaité qui fait du bien aux ouïes comme on dit. À l’écoute, le plaisir de la création commune entre les cinq musiciens est évident et cela donne un jazz attrayant, harmonieux et homogène. D’un tempo l’autre, les titres défilent avec une rythmique délivrant un swing fort bienvenu. Les chorus sont parfaits et l’espace laissé aux solistes est toujours habité avec justesse. Si Sal La Rocca est le leader du quintet, c’est bien un son de groupe que l’on écoute et non un disque avec des faire-valoir aux ordres du patron. C’est très bien comme ça d’ailleurs. On n’apprécie moyennement les égos surdimensionnés par chez nous. Allez, faites-vous plaisir.


https://sallaroccaband.bandcamp.com/album/consenso