Meilleurs souvenirs des pays du jazz...

... et une grande tristesse...

La nouvelle est tombée avant le concert d’Ève Risser à Caen : Gérard Boisnel, ami photographe, collaborateur de Citizen Jazz de longue date nous a quittés bien trop vite et subitement le 13 mars 2026. D’une gentillesse et d’une délicatesse extrème, il nous avait confié quelques unes de ses photos pour illustrer nos publications à plusieurs reprises. Aujourd’hui, nous pensons très fort à Marie, son épouse si souvent à ses côtés pour partager leur passion du jazz et de la vie et à leurs filles... Salut Gérard.
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Coutances - Théâtre, le 7 mars 2026.

Pierre Durand quartet à Coutances le 7 mars 2026
Pierre Durand Electric Quartet

J’ai pensé à Kate Westbrook ce 7 mars 2026. Elle jouait sur cette scène le 18 mai 1982 avec le Brass Band de Mike Westbrook, son époux. Premier concert du tout premier festival Jazz sous les Pommiers à Coutances, Manche.
Nous avions alors beaucoup parlé musique autour de leur répertoire aux inspirations si éclectiques. "Jazz ou pas jazz et c’est quoi le jazz ?", c’était la question. Celle que Pierre Durand nous posait 44 ans plus tard au micro du théâtre le 7 mars 2026 entre une de ses compositions dédiée à David Bowie et une autre inspirée par Rickie Lee Jones.
"Le jazz n’est pas une musique, c’est un état d’esprit" m’avait répondu Kate Westbrook, ce que redit Pierre Durand comme pour se justifier de sembler faire un pas de côté dans sa carrière de jazzman curieux et inspiré.
Son quartet sobrement électrique et très complice proposa une musique de belle facture où l’improvisation conservait une place dans des espaces ouverts. C’est bien cela qui compte, non ?

Pierre Durand : guitare électrique, compositions / Fred Escoffier : claviers, vocoder / Vincent Pellerin : basse / électrique / Marc Michel : batterie.


Coutances - Théâtre, le 7 mars 2026.

Après Pierre Durand, place à Henri Texier avec son Blue Roots Quintet... Pas vraiment une soirée de découvertes, on peut le regretter.
Depuis son premier concert dans ce théâtre de Coutances le 1er avril 1980 (avec Daniel Humair et François Jeanneau), Henri Texier est revenu à de très nombreuses reprises car c’est toujours sympa d’inviter et réinviter ses amis comme le rappelait Denis Le Bas. Le public est ravi : on ne le plonge pas dans l’inconnu ce qui est intellectuellement confortable mais guère enrichissant. Nous n’avons pas boudé notre plaisir. Retrouver Henri Texier toujours fort bien entouré c’est l’assurance d’un bon moment. Aux côtés de Sébastien Texier, le talentueux fiston, Hermon Mehari brillant trompettiste, Emmanuel Borghi au piano (attentif et pertinent) et Gautier Garrigue batteur qui assure un tempo solide et subtil en déployant une belle palette de couleurs sonores. Des qualités qui le rapprochent de Christophe Marguet longtemps complice d’Henri T. dans différentes formations. Au programme, rien de nouveau mais la remise en lumière de compositions qui ont jalonné la longue carrière d’un contrebassiste fin mélodiste. Il conclut, en rappel, avec "Quand tout s’arrête" qu’il enregistra pour son disque solo "Amir" en 1975-1976... Souhaitons-lui de continuer encore longtemps ainsi !

Henri Texier : contrebasse, compositions / Sébastien Texier : saxophone alto, clarinette, clarinette alto / Gautier Garrigue : batterie / Emmanuel Borghi : piano / Hermon Mehari : trompette.


Caen - Foyers du Théâtre, le 7 mars 2026.

Clap de fin (ou presque) pour le Red Desert Orchestra emmené par Ève Risser (piano, piano préparé, compositions). Depuis 2021 (date d’enregistrement de l’album Eurythmia, paru chez Clean Feed en 2022), ce travail de tissage musical entre écriture et tradition orale, instrumentation occidentale et vibrations africaines arrive au bout de son parcours pour ce concert donné à Caen dans le cadre de la saison 2026 de "Jazz dans les Foyers" [1]. Comme à l’habitude, il y avait une forte affluence pour ce concert. Un public attentif et très sage qui n’aura pas suivi la proposition d’Ève Risser : se lever et danser ! C’est donc assis que nous aurons pu nous laisser porter par le flot chaleureux, épicé et inventif de cette musique portée par une sacrée équipe de musiciennes et musiciens totalement en phase dans cet ensemble. Nous avons remarqué la présence d’Alexandra Grimal au saxophone ténor. Elle qui n’était pas dans l’orchestre initial a su parfaitement trouver sa place pour partager ce beau moment de musique ouverte, colorée et joyeuse.

Ève Risser : composition, piano préparé, voix / Alexandra Grimal : saxophone ténor, voix / Grégoire Tirtiaux : saxophone baryton, qarqabas / Nils Ostendorf : trompette / Mathias Müller : trombone / Ophélia Hié : balafon, voix / Mélissa Hié : balafon, djembe, voix / Fanny Lasfargues : basse électro-acoustique / Emmanuel Scarpa : batterie / Céline Grangey : son.


Après 11 ans de sommeil, les cartes postales jazz sont de retour !

[1Concerts à entrée libre dans les foyers du théâtre de Caen, un samedi par mois en général, de l’automne au printemps.