DIDA PELLED . I wish you would

La reserve Records

Dida Pelled : guitare et chant
Sullivan Fortner : piano, rhodes
Tony Scherr : basse, guitare (9)
Kenny Wollesen : batterie, percussions

Aimez-vous le blues ? L’aimez-vous aussi quand il est chanté par une femme ? Si oui, jetez-vous sur l’album de Dida Pelled. Guitariste et chanteuse, elle s’est adjoint pour l’accompagner les services de Sullivan Fortner, de Kenny Wollesen, rien moins, et Tony Scherr. Elle ne pousse jamais sa voix, tout est souple et profond, l’équilibre entre les musiciens est remarquable de justesse et de précision et l’ensemble sonne très naturel, avec une belle place faite au silence d’entre note. Une pépite pleine d’esprit et de chair, croyez-nous, avec un petit côté mutin-sexy-sourire-en-coin-espiègle très second degré qui détonne juste ce qu’il faut pour la démarquer de la concurrence. De temps à autre, Elle « slamstwewardise » légèrement chant guitare avec un sorte d’indolence qui ne laisse pas indifférent. Ce qui certain, c’est que l’enregistrement est furieusement musical. On frôle l’orfèvrerie et si son blues sensuel défilait à la fashion week, il casserait la baraque sur les podiums. Une belle surprise que l’on vous conseille.


https://didamusic.com/


  CLOVIS NICOLAS . Blues in blue print

Sunnyside Records

Clovis Nicolas : contrebasse
Larry Goldings : piano
Carl Allen : batterie

Clovis Nicolas sait s’entourer des meilleurs et, comme il est à leur niveau, cela se passe toujours bien, voire même mieux que bien. C’est le cas ici où l’on retrouve à ses côtés le batteur Carl Allen et Larry Goldings au piano, ce qui est rare, pour une exploration en bonne et due forme du blues avec des morceaux allant d’Ellington à Bechet ou encore Wes Montgomery, en passant par Carla Bley et Ornette. Ajoutez à cela quelques compositions du maître de cérémonie et vous obtenez un disque épatant qui donne de l’espace à la musique. La contrebasse extrêmement juste et profonde du leader cimente l’ensemble avec au piano un Larry Goldings plus qu’inspiré et un Carl Allen tout en retenue et en précision. Avec un tel programme, le swing groovy n’est jamais loin et l’ensemble des mélodies baigne dedans. Le trio n’est pas passéiste pour autant et ils sont tellement doués qu’ils pourraient presque faire swinguer Varese ou Berio. Un disque chaud comme un rayon de soleil quand il entre dans la chambre le matin. Recommandé.


https://clovisnicolas.com/


  JAN HARBECK QUARTET . Conversation

Stunt Records

Jan Harbeck : saxophone ténor
Henrik Gunde : piano
Eske Nørrelykke : contrebasse
Anders Holm : batterie

Jan Harbeck possède un drôle de talent : il écrit des standards. Mais comment est-ce possible, me direz-vous ? En toute franchise, on n’en sait rien. Ce qui est certain, c’est que ses morceaux en ont tout l’air. Est-ce la chaleur de son saxophone ténor, sa langueur à la Ben Webster, son art de la mélodie à la Benny Golson qui nous le font croire ? Allez savoir… Les trois musiciens qui l’accompagnent depuis une vingtaine d’années sont au diapason. C’est suave et chaleureux juste qu’il faut, c’est plein de petits détails qui font la différence, c’est équilibré et cela paraît simple. Mais méfions-nous de ce qui paraît facile, c’est toujours là que se cache le truc qui nous accroche l’oreille quand d’autres disques nous laisse de marbre. Inspirez profondément, plongez les oreilles dans la musique de ce quartet presque old school et devinez d’où vient le petit truc en plus qui vous séduira.


https://www.janharbeck.com/


  ANDRES COLL COSMIC TRIO . Ride to heaven

Xjazz ! Music

Andrés Coll : marimba électrique, piano, castagnettes
Mateusz Smoczynski : violon, violon baryton
Ramón López : batterie, tabla

Andrés Coll en né en 2000 à Ibiza et son mentor est Joachim Kühn. Il ne manque pas d’audace et s’offre corps et âme à l’improvisation. Attaché à son folklore local sans être passéiste, fan de Bobby Hutcherson et visiblement grand amateur d’avant-gardisme, il opère dans ses compositions une fusion des styles très encline à l’exploration libre. Cela demeure néanmoins toujours lié au mélodique et l’expression musicale qui en résulte est un bel exemple de musique vivante, habitée par un lyrisme chaud. Avec le violoniste polonais Mateusz Smoczynski et le plus français des batteurs espagnols, Ramón López (grand ami et collaborateur de Joachim Kühn), il construit un univers hybride, bourré d’une énergie primale (le privilège de la jeunesse ?), dont l’originalité fait plaisir à ouïr. Aussi complexe dans le discours qu’elle soit, la musique d’Andrés Coll demeure étonnamment accessible et c’est peut-être bien dû à la sincérité qui la propulse. On laisse découvrir ce jeune ovni, vous ne le regretterez pas.


https://andrescoll.es/