vendredi 10 avril 2026, Le Taquin, Toulouse

Tony Tixier : piano
Alexis Valet : vibraphone
Damien Varaillon : contrebasse
Stéphane Adsuar : batterie


© Stéphane Rigal
© Stéphane Rigal

J’ai délaissé les terrasses bondées des cafés où le temps estival faisait s’agglutiner la foule pour me plonger dans l’antre sombre de mon club de Jazz favori et aller écouter Alexis Valet et Tony Tixier. J’avais déjà vu Alexis Valet, Damien Varaillon et Stéphane Adsuar, il y a quelques années dans ce même lieu et j’en avais un bon souvenir. Mais ce soir, j’ai assisté à un petit évènement : la naissance d’un groupe suite à la parfaite alchimie entre Tony Tixier et le trio d’Alexis Valet. J’avais déjà écouté Tony Tixier, il y a quelques mois à Jazz En Tête à Clermont-Ferrand, lors du concert de son frère jumeau Scott Tixier (qui est un formidable violoniste).
Ce soir, c’était donc la première date d’une tournée de dix concerts que fait ce quatuor, et on peut dire qu’il m’a complètement envoûté ! Chacun est arrivé avec ses propres compositions. Le premier morceau Delight du batteur Stéphane Adsuar m’a enchanté par la fluidité des mouvements d’Alexis Valet et les tonalités extrême orientales de la composition, et cela malgré un piano local qui ne sonnait pas très juste.
Tony Tixier a continué avec une composition suave et folk Earth, une ballade avec beaucoup d’écho où le vibraphone renforce le côté sucré de la ballade. Avec Hill Start, le contrebassiste Damien Varaillon nous épate avec des changements de rythme et des syncopes ; il laisse la place à un beau solo du pianiste. On voit bien que ils ont tous un grand plaisir à jouer ensemble. C’est au tour d’Alexis Valet d’y aller de sa composition avec Krishna encore une ballade avec une belle maîtrise de la contrebasse par Damien Varaillon et des balais par Stéphane Adsuar., Alexis Valet continue avec un autre morceau baptisé malicieusement Untitled.

Le deuxième set ouvre avec Deepwater, une composition de Tony Tixier où piano et vibraphone se répondent. J’ai même cru y déceler des éléments de blues et de rock.
Pardon my Church ? Une première sur scène pour ce morceau de Tony Tixier, qui est très ému de l’accueil du public et et qui nous en fait part. Le deuxième set se termine avec une composition d’Alexis Valet 46 rue Bertoli d’après l’adresse du domicile du vibraphoniste quand il avait 13 ans. Tony Tixier nous régale au piano, je le sens libéré.
Ces musiciens, qui ont l’habitude de jouer ensemble au gré des rencontres, ont formé là un groupe solide et inventif. Pour cette première date de leur tournée, c’est émouvant de voir un groupe naître sous nos yeux !


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