GIOVANNI MIRABASSI . Più Avanti !

Jazz Eleven

Giovanni Mirabassi : piano

Il y a un quart de siècle, Giovanni Mirabassi enregistrait un disque en solo dédié aux chants de lutte et d’espoir, Avanti !, et contre toute attente, il fit un carton comme on en fait peu dans le monde du jazz, carton qui lui donna d’emblée une reconnaissance internationale qui ne s’est pas démentie depuis. Ce disque était indisponible depuis une vingtaine d’année et, dans un monde encore plus chaotique, plus inéquitable, qu’à l’époque de l’enregistrement initial, le natif de Pérouse a décidé de réenregistrer cette ode à la révolte. De notre point de vue, c’est une bonne nouvelle. Le brûlot du jeune pianiste revisité par l’artiste accompli en plaine maturité musicale ? C’est la même chose et c’est tout autre chose. Ce qui demeure, ce qui ne varie pas, c’est la puissance évocatrice de ces mélodies incantatoires, la force primale qui les a créées. En 2026, la sortie de Più Avanti peut également être considérée comme un passage de témoin d’une génération à la suivante (la lutte continue), et il y a de quoi faire, n’est-ce pas… Comme en sus c’est un très beau disque, il serait dommage (dommageable) de vous en priver. Vivement recommandé.


https://www.giovannimirabassi.com/


  PIERANUNZI / FERRA . Evanescape

Bonsaï music

Enrico pieranunzi : piano
Bebo Ferra : guitare
Diego imbert : contrebasse (2.10)

Il y a quelques années, Enrico Pieranunzi avait sorti un très beau disque en duo avec le guitariste italien Federico Casagrande, Double Circle. Voilà qu’il remet le couvert avec un autre guitariste transalpin, Bebo Ferra (que nous découvrons à cette occasion). Le titre, Evanscape, est une preuve supplémentaire de l’intérêt inconditionnel du pianiste pour Bill Evans (auquel il a par ailleurs consacré un livre) dans une configuration piano / guitare pour le moins intéressante. Le répertoire est composé de titres de Bill Evans bien sûr et compositions originales des deux musiciens. Sur deux titres, l’on retrouve un compagnon fidèle à la contrebasse, Diego Imbert, ce qui ne nuit pas à l’affaire, bien au contraire. Musicalement, la finesse et le bon goût, la science harmonique, un phrasé personnel et l’élégance propre au pianiste, sont au rendez-vous. Cela ne nous étonne pas et l’on ira même jusqu’à dire que cela nous ravit. Dans ce monde de brutes, une pause musicale habitée par l’écho d’une harmonieuse douceur propice à l’équanimité, cela ne se refuse pas. Vivement recommandé.


https://www.enricopieranunzi.it/


  NEW JAZZ UNDERGROUND . Hoodies

Artork Records

Abdias Armenteros : saxophones
Sebastian Rios : contrebasse
TJ Reddick : batterie

Nous, on aime bien les trios saxophone/contrebasse/batterie ! Et celui-là, composé de jeunes pousses déjà fort matures est un bel exemple de musicalité partagée. De la densité et de l’espace tout à la fois, un propos concis et cohérent, une écoute active entre les trois musiciens, rien ne manque. Ils possèdent une solide maîtrise des formes traditionnelles du jazz mais savent l’intégrer dans le temps présent qui les influence naturellement. Pas de leader au sens propre dans ce trio, mais bien un collectif qui fait circuler la musique avec un aplomb et une sensibilité remarquables. Tout en fluidité, le jeu de chacun des musiciens épouse leur propos, le caresse, l’affûte et le nourrisse avec une belle énergie sans pour autant en faire plus qu’il ne faut. On le disait plus haut, ces trois-là, s’ils sont précoces, disposent déjà d’une belle maturité. A suivre.


https://www.instagram.com/elcuba__/


  BETO PACIELLO . The stoic suite

11 Moons Arts

Beto Paciello : piano
Anne Boccato : voix
John Ellis : saxophones, flûte, clarinette basse
John patitucci : contrebasse
Eric Harland : batterie
Rogiéro Boccato : percussions

Nous ne connaissions pas Beto Paciello, pianiste et arrangeur brésilien officiant depuis une quarantaine d’années dans de nombreux genres musicaux, mais comme il n’est jamais trop tard pour les curieux, on ne se prive cependant pas de vous parler de ce disque très intéressant exécuté de main de maître par un sextet ou brille une rythmique haut de gamme (voir le line up). Tout est en place dans ces compositions fouillées où la nuance est un impératif de tous les instants. L’ambiance générale expose la « sud-américanité » de l’artiste avec brio sans omettre les fondamentaux du jazz. En écoutant la chanteuse, le travail de Nana Vasconselos (1944-2016) nous ait venu à l’esprit (notamment en compagnie du Pat Metheny group), mais pas que. Quoi qu’il en soit, cette suite extrêmement mélodique en sept tableaux ne lasse pas l’auditeur, loin s’en faut, tant elle est finement ouvragée. À découvrir.


https://betopaciello.com/