Chronique Scène du passage du Pierre Durand Electric Quartet au Taquin à Toulouse ce jeudi 16 avril 2026
jeudi 16 avril 2026, Le Taquin, Toulouse
Pierre Durand : guitare électrique
Jérôme Regard : guitare basse électrique
Fred Escoffier : claviers et vocoder
Philippe Garcia : batterie

J’ai pris mes bouchons d’oreilles et je suis allé voir ce jeudi soir le Pierre Durand Electric Quartet. J’ai un gros penchant pour la musique acoustique et je craignais beaucoup le volume sonore dans la petite salle du Taquin. Comme le définit lui-même Pierre Durand, je vais assister à un concert électrique avec une lecture pop et d’un point de vue Jazz. Bref, c’est Jazz car les compositions laissent une grande part à l’improvisation sur scène. Pierre Durand, guitare Gibson haute, est tout sourire. Frédéric Escoffier très sage dans le coin gauche avec ses claviers électriques et un petit micro de bouche, dont je découvrirai plus tard l’usage. Le batteur Philippe Garcia, casquette à l’envers, semble très concentré et Jérôme Regard avec sa basse Fender est tranquillement assis, bien au fond de la scène.
Ça commence tout doux, comme une gamme, un arpège (des oiseaux ?), la basse en arrière-plan, le silence se fait de suite dans la salle : ce qui est rare au Taquin. C’est beau, c’est doux. Pierre Durand, les yeux fermés, grimace puis laisse échapper un cri. Les cymbales crissent puis le piano démarre. Je suis surpris par le vocoder : c’était donc ça le petit micro de Frédéric Escoffier ! Ca continue en rock progressif années 70 et se termine très calmement. C’était The End and the Beginning. Le deuxième morceau est dédié à David Bowie et inspiré par Black Star son dernier album. Le morceau est donc très pop. Le vocoder semble faire chanter une choriste. Je me dis qu’il me manque quand même le saxophone de Donny McCaslin et puis le batteur finit le morceau en furie. Le calme revient avec Folk Song, une belle ballade folk inspirée par Rickie Lee Jones. Le batteur a tombé la veste et Pierre Durand a sorti un slide. Pierre Durand, grimace et chante les notes. Il connait sa guitare Gibson sur le bout des doigts, c’est fascinant. Fight or Flight finit le set. Ce n’est pas mon morceau préféré. La guitare guerrière de Pierre Durand mitraille des sons comme des mots incompréhensibles d’une comptine. Le vocoder s’en mêle et ça finit très électrique. Il est temps de faire une pause.
Le deuxième set commence avec les bavards du bar (ceux qui parlent en mode festival et qui s’amusent avec la musique en accompagnement), jusqu’à ce que le niveau sonore du solo de guitare dépasse les paroles. En introduction du morceau suivant, Pierre Durand, nous explique son engagement avec les enfants de l’école La Mare à Paris 20 ° en REP (réseau d’éducation prioritaire) où il accompagne et fournit des instruments à des jeunes jusqu’au collège. Pour La Mare on est sur une ambiance Pink Floyd, genre Shine on you crazy diamond, des nappes électroniques et une guitare basse. The K.I.S.S Rule commence tout doux, puis devient très rock. Je commence à avoir les oreilles fatiguées malgré les bouchons. Le concert finit avec une batterie endiablée très très rock.
Pierre Durand, que j’avais vu, il y a quelques années à Capdenac-Gare pour les nuits et les jours de Querbes (avec Didier Ithursary et Joce Miennel) m’avait laissé une impression de douceur acoustique, mais je ne regrette pas du tout, ce soir, cette belle incursion dans son univers électrique.
https://pierredurandmusic.com/
https://www.le-taquin.fr/
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