TORTILLER / FITZGERALD MICHEL . The open chords of David Crosby

MCO Records

Franck Tortiller : vibraphone
Misja Fitzgerald Michel : guitares

Même s’il arrive (rarement) que des musiciens jouant ensemble pour la première fois se trouvent et développent une alchimie instantanée, dans la majeure partie des cas et notamment dans le duo, il est préférable qu’un lien préalable les unisse car dans la profondeur du lien musical ancien quelque chose se joue d’indescriptible. Franck Tortiller et Misja Fitzgerald Michel se connaissent bien et cela s’entend. C’est même une évidence. Et qu’ils aillent se promener du côté de l’iconique Crosby (David pas Bing…), c’est l’excellente idée qu’ils ont eue et nous ne nous en plaignons pas, bien au contraire. Avec la finesse qui les caractérise, le lyrisme discret qui les habite, ils nous offrent quelques reprises incontournables du plus jazz de la bande des quatre (Crosby, Stills, Nash & Young) et quelques compositions originales qui collent à l’esprit du natif de Los Angeles. Purement musical de bout en bout, cet album est un joyau, une pépite jazz au service d’un folk qui en son temps lorgnait déjà vers le jazz. Pas de virtuosité gratuite mais des lignes savamment ouvragées délivrant des mélodies profondes, imparables ; juste de la musique en somme, jouée par deux musiciens inspirés et cela fait toute la différence. Cela devrait convaincre d’écouter ce très beau disque, même s’ils n’ont pas retenu The lee shore que l’on aime particulièrement… Un volume deux ? S’il vous plaît…


https://www.francktortiller.com/


  CLAUDIA SOLAL / BENOIT DELBECQ . Honour oxygen !

Bureau de son . Dstream

Claudia Solal : voix
Benoît Delbecq ; piano

Comme dans le disque ci-dessus, ce duo n’est pas nouveau. Il existe une depuis une douzaine d’années et sort là son deuxième disque ; on serait tenté de dire : seulement… Mais la rareté se mérite, n’est-ce pas ? Surtout quand elle tutoie des sommets de poésie musicale que peu d’artistes fréquentent. Le piano préparé et la voix s’accompagnent, s’éloignent, se regardent et s’écoutent, s’unissent, au gré d’un cheminement qui, de morceau en morceau, délimite un champ d’expression que l’illimité attire. Le timbre charnel de Claudia Solal, sa diction remarquable, son goût pour la modulation, se lovent dans les sonorités voilées, presque sépulcrales par moment, du pianiste et mettent en valeur des textes qui s’emparent de la quotidienneté comme de son envers rêveur, qui parlent à la peau et à l’âme dans un mouvement unique que le silence et la respiration captent dans et entre les notes. Nourri de résonance, la trame mélodique qui se tisse tout au long de l’album donne à écouter un univers dont les détails sont à la hauteur de l’humanité qui l’habite. Entre bruissements et chuchotements, entre éclats discrets et fausses langueurs, dans l’entredeux où l’ineffable se joue, le monde de Claudia Solal et Benoît Delbecq vit une expérience profonde. Vous devriez la partager avec eux.


https:claudiasolal.com
https:delbecq.net