Trois disques pour rêver et se rafraîchir (la mémoire)
Jazz family
Julien Ndiaye : saxophone
Cyril Galamini : trombone
Renaud Gensane : trompette
Frédéric D’Oelsnitz : piano
Gabriel Pierre : contrebasse
Laurent Sarrien : batterie
Christian Altehülshorst : trompette (5)
Monika Kabasele : voix (4)

Pour un anniversaire, rien de mieux que des standards pour rendre hommage à leurs créateurs ou à ceux qui les ont rendu célèbres.
C’est ainsi que Miles Davis et John Coltrane sont à l’honneur de nombreux enregistrements (ou concerts) parmi lesquels celui du saxophoniste Jultrane ou Julien Ndiaye, si l’on préfère.
"So What", "All Blues", "Flamenco Sketches" … sont ainsi revisitès par le saxophoniste et ses mêmes compères, le contrebassiste excepté, du disque Création (2023) .
Interprétés à la fois avec dévotion et invention, ces véritables « tubes » se succèdent pour notre plus grand plaisir. Celui d’être dans un pays de connaissance et celui de la découverte d’une instrumentation ou des arrangements nouveaux. Il en va ainsi des soli du saxophoniste leader ou de ceux du tromboniste Cyril Galamini et du trompettiste Renaud Gensane qui apportent leur touche singulière.
Souvent presqu’imperceptibles, tant ces standards nous immergent immédiatement, ces changements se font plus naturellement spectaculaires avec l’intervention de la chanteuse Monika Kabasélé et son interprétation, paroles à l’appui de son cru, de "Flamenco Sketches" de Miles Davis.
Un disque entre reconnaissance et découverte.
Jazz Family
Christophe Dal Sasso : flûte, compositions et arrangements
Shekinah Rodz : voix, flûte, saxophone alto, percussions et lyrics
Raphaël Illes ; saxophone ténor
Michael Steinman : trombone et voix
Manuel Marchès : contrebasse et voix
Karl Jannuska : batterie
Nadia Tighidet : percussions et voix
Vincent Lafont : fender rhodes
Invités : Gil & Sylvie Aniorte Paz : voix

Le flûtiste Christophe Dal Sasso a été le compagnon de nombreux univers musicaux, des frère Belmondo à Pierre de Bethmann et David El-Malek… sans oublier les Igor Stravinski et Henri Dutilleux qui l’ont imprégné. Avec ce disque « Spirit of 3 », c’est à la chanteuse et saxophoniste Shekinah Rodz qu’il a décidé de s’associer, pour le meilleur ! Sens de la mélodie et du rythme, liberté d’improvisation ; la marque de fabrique du flûtiste compositeur et leader de la formation s’impose dès le premier titre.
Ne manque plus que la voix. La chanteuse Shekinah Rodz dès la composition suivante, entre soul, pop et jazz déploie son talent d’interprète musicienne (flûte, saxophone, percussions) qui fait aussi le charme de ce disque.
Ce disque étant placé sous le chiffre 3, le ternaire s’affiche dans les titres qui le décline ( « Women Man and Child », « Land Sky and Sea » , « Past Present and Future »…). Ternaire comme le rythme du jazz mais aussi comme. « mélodie, rythme silence » qui inspirent ces musiciens pour un disque à la fois original et immédiatement accessible !
http://www.christophedalsasso.fr/
Finito Bacalao Records
Samuel Belhomme : trompette
Rémy Garçon : saxophone soprano
Ola Asdhal Rokkones : saxophone ténor
François Chesnel : piano
Bernard Cochin : contrebasse
Ariel Mamane : batterie

Après une première association avec le trompettiste et compositeur norvégien Tore Johansen, débouchant sur l’enregistrement Cherbourg Peninsuela , le quintette caennais récidive avec un nouveau disque en compagnie cette fois-ci du saxophoniste, tout autant norvégien, Ola Asdahl Rokkones au titre sous forme de slogan, « Save the trees ».
Toutes les musiques du jazz européen contemporain semblent converger dès les premières compositions du trompettiste Samuel Belhomme et du saxophoniste Ola Ashdahl Rokkones, par ailleurs, immédiatement séduisantes à l’oreille.
Le « Lied » bien tempéré, dû au troisième auteur des compositions de ce disque, le pianiste François Chesnel, dans un duo avec le trompettiste et le saxophoniste apporte une touche contemplative et mélancolique. La nature en serait-elle l’inspiratrice ? A moins qu’il ne faille chercher chez Debussy et son « Faune » par exemple ?
Les trois compositeurs et musiciens affichent donc leur ambition à tour de rôle.
Plus généralement, il y a un « ton » Verona » qui incite à la rêverie bucolique où les arbres et la neige, nommément désignés par les compositions (sans oublier l’hommage au trompettiste Kenny Wheeler) de l’ouvrage, invitent à la contemplation.