MATHIS PICARD . Préludes et fugues book 1

La Reserve Records

Mathis picard : piano

Pianiste franco-malgache résidant à New York, Mathis Picard livre avec ce disque en solo une musique hybride qui lui correspond. Il est dit dans les notes d’intentions que la méthode de composition qui utilise des symboles superposés au cycle des quintes pour déterminer le mouvement harmonique et la forme, constitue le fil conducteur de l’album. Ainsi, chacune des douze pièces naît d’une forme différente : une spirale, une étoile, une flèche. Les formes déterminent la structure. La musique, et l’histoire qu’elle raconte, font le reste. On ne saurait mieux dire. Notez également que les douze préludes et fugues couvrent les douze tonalités à raison d’une pièce par tonalité. Voilà qui est savant, n’est-ce pas ? Quant à nous, nous avons apprécié la musique que l’on a écoutée. Mélodique et variée, elle porte un souffle vital qui ne manque pas d’attrait. Tout au long de l’album, le jeu virtuose du pianiste se nourrit de son humanité sans jamais sombrer dans les travers du genre, à savoir le développement de formes absconses lassantes (de la musique pour musicien…). Un disque qui mérite d’être écouté.


https://www.mathispicard.com/about


  PENTLAND/BERGONZI QUARTET . Winward

GroundTone Records

Jerry Bergonzi : saxophone ténor
Sean Pentland : contrebasse
Julian Shore : piano
Jongkuk Kim : batterie

Jerry Bergonzi (1948-) possède un son très personnel. Avec Sean Pentland, contrebassiste et compositeur de tous les morceaux de l’album, sauf un de Coltrane, il démontre que la musique transgénérationnelle a du bon. Les compositions sont complexes, avec des harmonies colorées et du contrepoint, des groove polyrythmiques qui baignent dans la nuance, tout en restant mélodique, presque organique et d’une apparente simplicité. Le ténor fibreux de Jerry Bergonzi ne lâche pas la rampe et plane sur les compositions avec une présence affirmée mais jamais envahissante. Chacun des musiciens tient son rang avec une judicieuse constance et l’ensemble donne à ouïr un hard bop contemporain qui ne manque pas d’un swing rafraichissant. Notez au passage que le projet est né de la mort tragique et inattendue d’un ami et collègue, Sebastian Nay, avec lequel Jerry et Sean devaient se retrouver pour une tournée en Allemagne. L’album lui est dédié. A découvrir.


https://www.jerrybergonzi.net/
https://www.seanpentland.com/


  MARIAM WALLENTIN & VESTNORSK JAZZENSEMBLE . Spring flood

Hubro
Mariam Wallentin : voix
Gro Austgulen : violon
Carmen Boveda : violoncello
Julie Rokseth : harpe
Hildegunn Øiseth : trompette
Kjetil Møster : saxophones
Thomas Dahl : guitare électrique
Toivo Fjose : basse électrique
Terje Isungset : batterie, percussions
Børge Fjordheim : batterie

La musique de Mariam Wallentin n’est pas à proprement parler jazz. Disons qu’elle en parcoure les confins mais qu’elle demeure ancrée dans une avant-garde flirtant avec la pop un tantinet alternative et l’intimisme égocentré. Par certains côtés, cela nous a rappelé de vieux disques de Lambchop ou, plus encore, les dérives mélodiques aléatoires de Tarnation. Son timbre de voix, chaleureux et inquiétant à la fois, collent à des textes idoines. Mais laissons-là expliquer le projet : Le Rhin coulait et murmurait jour et nuit sous les fenêtres de mon hôtel, et ses berges étaient déjà couvertes de petites fleurs et d’arbres bourgeonnants. J’ai rencontré le printemps dans un lieu nouveau. J’ai vu le vert percer et l’eau filer, avec un tempérament et des odeurs tout autres que chez moi. Le familier et l’inconnu se tenaient par la main. Et j’oscillais entre documenter et imaginer : tous les souvenirs et les trésors perdus du fleuve, les manques et les désirs du corps que la lumière printanière révèle — tandis que le Rhin poursuivait son mouvement constant, et que les bourgeons bleus et rouges, le long des berges, s’éveillaient doucement. Voilà, vous savez tout. Nous, on a aimé. Et vous ?


https://mariamwallentinvestnorskjazzensemble.bandcamp.com/album/spring-flood