KENNY WHEELER . What was

False walls Records

Kenny Wheeler : bugle
Ray Warleigh : saxophone alto, flûte
Stan Sulzmann : saxophone ténor
John Parricelli : guitare
Chris Laurence : contrebasse
Tony Levin : batterie

Éminemment respecté de son vivant pour sa musicalité et la beauté de sa sonorité, Kenny Wheeler est aujourd’hui, comme beaucoup, dans les oubliettes du jazz. Discret par nature, il a enregistré entre 1968 et 2006 une trentaine de disques, tous d’un niveau épatant. L’inédit qui sort ces temps-ci date de 1995 et c’est une séance de studio réalisée à Kingston. Fort bien accompagné, le leader livre une musique qui lui ressemble : bien construite, mélodique, aérienne et jamais exempte d’harmonies changeantes. On retrouve dans cet album les ingrédients de la décontraction qui était sienne dans l’exécution de sa musique, une sorte de « coolitude » qui jamais n’a masqué la richesse et la densité de ses compositions. Alors même si ce n’est pas le disque le plus indispensable qu’il ait enregistré, c’est incontestablement un brillant témoignage de l’étendue de son savoir et de l’originalité de son inspiration. C’est aussi un tribut à une époque riche de créativité. Conseillé.


https://kennywheelersextet.bandcamp.com/album/what-was


  MAUR / VANTOMME 4TET . Old Friend

Lubans music

Laurent Maur : harmonica
Dominique Vantomme : piano, rhodes, synthés
Werner Lauscher : contrebasse
Domenico Verderame : batterie

Laurent Maur et Dominique Vantomme se connaissent depuis un quart de siècle. L’album qu’ils présentent est donc le fruit d’un compagnonnage musical franco-belge. L’on y trouve des compositions originales et des reprises qui sont magnifiées par le quartet. Dans le jeu de l’harmoniciste, il y a un lyrisme mélodique, sensible et sensuel, qui épouse les formes classiques du trio jazz qui l’accompagne. Pour tout dire, c’est très agréable à écouter, c’est revigorant car empreint d’une évidente complicité entre les musiciens. Et comme ce ne sont pas des manches, ils distribuent à l’envi de la nuance, de l’éclat, de la musicalité à la souplesse soyeuse. Ajoutons que si le quartet est tout à fait homogène, il n’en demeure pas moins que la (très) belle fluidité de l’harmoniciste (Toots est d’accord avec nous) plane en majesté sur l’enregistrement. Pour ceux qui aiment encore (et toujours) le jazz, ce disque est une aubaine. Recommandé.


https://www.laurentmaur.com/


  MICHEL PORTAL . Quelques notes sur la liberté

Ceo, Mélisande films

Michel portal : clarinettes, bandonéon, saxophone soprano

Bande originale du documentaire de Benjamin Delattre, ce disque permet d’entrer dans le processus créatif du musicien improvisateur. Le réalisateur affirme : J’ai senti tout de suite que Michel Portal était sensible à la passion que j’avais pour la musique et pour tout ce qu’il avait fait. Je rêvais d’un film qui montre la liberté à l’œuvre dans la musique. Ça ne m’intéressait pas d’aborder théoriquement la musique. Dans les faits, c’est bien un moment musical organique que l’on écoute. Son intérêt vient-il du décès récent du clarinettiste ? Pas seulement. Il est clair, mais on le sait tous, que Michel Portal n’était que musique et que la découverte, pour ceux qui ne l’on pas approché, de l’instantanéité créative propre à cet artiste possède un réel intérêt. Intranquille par essence (voire intrinsèquement inquiet), ouvert sur les inconnus multiples, il a construit sa carrière entre résonance et questionnement musical incessant. De quoi satisfaire les inconditionnels et de quoi intéresser les néophytes.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Portal