Concert de clôture du ouiquende d’anniversaire des 40 ans de l’ONJ, cette remarquable institution du service public - ce bien commun !!! - , qui traverse les années avec un sens du renouveau permanent. Debout sur les épaules de ses prédécesseurs, cet orchestre défriche l’avenir à son tour et ce soir, une fois n’est pas coutume, des invités sont prévus

ici et là : il y a FANTAZIO le « performer », il y a la circassienne Chloé MOGLIA, dompteuse de l’apesanteur, il y a Marc DUCRET à la guitare électrique et Léa TROMMENSCHLAGER la chanteuse lyrique, il y a Hugh Coltman, le crooner. Et l’ONJ avec Sylvaine HÉLARY, flûte et arrangements, Rémi SCIUTTO saxes, clar, compos et arrangements, Léa CIECHELSKI sax alto et flûte, Hughes MAYOT sax ténor et clar, Sylvain BARDIAU trompette, Quentin GHOMARI trompette et bugle, Jessica SIMON trombone, Mathilde FÈVRE cor, Fanny METEIER tuba, Anne LE PAPE ET Elsa MOATTI violon, GUILLAUME ROY alto, Juliette SERRAD violoncelle et voix, Antonin RAYON piano et orgue Hammond, Illya AMAR vibraphone et percus, Sébastien BOISSEAU contrebasse, Franck VAILLANT batterie, Joshua LEBLANC-DEMERS, arrangements.
Le concert débute comme un concert : un morceau, un second morceau, on a le loisir de se remémorer un précédent concert identique, et de chercher à nommer de quelles œuvres il s’agit : au pif, Musique Mécanique de Carla Bley ? Puis Préludvi de Rémi Sciutto ?
Sauf que voilà Fabrizio et son costume à carreaux qui entre en scène, donne de la voix, cisèle des phrases franceculturiennes ( une suspension consentie d’incrédulité !!! ), chante, ambule et déambule de la scène à la salle, et continuera de s’immiscer ici et là, apostrophant, philosophant, chantant ( cf Ida Lupino ). Ce n’est plus un concert, plutôt une soirée de gala façon cabaret. Marc Ducret s’en mêle avec la lyrique Léa Trommenschlager et, réminiscence soudaine : ne s’agirait-il pas d’un retour de Lady M du même Ducret, inauguré en 2019 au Pan Piper ?
La circassienne Moglia, dans un silence de crypte, passe de la pesanteur à l’apesanteur, évolue le long de son arceau circulaire avec une facilité plus que déconcertante, accrochée d’une main, le corps ballant, sans effort apparent, sans crispation aucune, avec un sens de l’équilibre qui fait frémir. Ne pas tenter de l’imiter chez soi avec le lustre de la salle à manger.
Et Hugh Coltman croone à son tour.
Ils terminent par deux morceaux joyeusement groovy, avec cette pulsation jubilatoire qui fait danser les hanches et chavirer les coeurs.
Cet ONJ ne fait pas dans l’apeuprêt. Quiconque fait de l’exigence un art de vivre est servi et ravi par l’oeuvre développée ici : collectif impeccable, solistes impeccables ( impeccable au sens de don Genaro ), un souffle partagé de conspirateurs, des couleurs, des timbres et des tessitures à foison, tous les sens sont à la fête : voir, ouïr, jouir, sentir, savourer. Et qu’il accompagne le crooner, le performer ou la chanteuse lyrique n’y change rien : c’est épatant et juste.
On les rappelle, bien sûr, et ils sortent leurs étranges coquillages sonores.


Théâtre Silvia Monfort
106 rue de Brancion, 75015 Paris