JOHN CLAYTON . The two-o duo project

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John Clayton : contrebasse
René Marie : chant
Gerald Clayton : piano

Sorti depuis le 15 mai (oui, on a du retard…), cet album intimiste du contrebassiste John Clayton, accompagné par son fils Gerald, au piano, et René Marie au chant mérite toute votre attention. Que ce soit en duo ou en trio, la chanteuse offre tout son art aux titres variés qu’elle interprète et a majoritairement choisis. Les Clayton, père et fils, lui donnent du grain à moudre avec une subtilité notable, un feeling partagé et le bon goût des musiciens à qui on ne la fait pas. De toutes les manières, ces trois-là n’ont plus rien à prouver à qui que ce soit, alors s’immerger corps et âme dans la musique, c’est la meilleure chose à faire. Et fichtre, ils le font rudement bien ! Tout coule de source, cela respire, cela résonne, cela laisse du temps au tempo pour vivre dans la musicalité la nouvelle aventure que lui offre le trio. Il y a de la vie dans chacune des secondes de musique partagée, d’autant qu’un groove discrètement profond, chaleureusement vital et tendrement charnel, les parcoure. Pour résumer, disons que le trio se promène Over the rainbow et qu’il est vivement conseillé de les accompagner.


https://johnclaytonjazz.com/


  STEVE SWALLOW . Winter songs

Ecm

Mike Rodriguez : trompette
Chris Cheek : saxophone ténor
Steve Cardenas : guitare
Gil Goldstein : piano
Steve Swallow : basse
Adam Nussbaum : batterie

Winter songs est pour le bassiste son premier album en tant que leader depuis plus d’une douzaine d’années. Il a réuni autour de lui pour ces neuf compositions originales des musiciens proches avec lesquels il a souvent collaboré. Pétris d’un swing fluide, les thèmes joués sont des ballades emplies de sensibilité où chaque musicien participe avec son savoir et une subtilité sans faille au développement harmonieux d’un ensemble sur lequel, nous semble-t-il, plane l’ombre de Carla Bley. Mais laissons simplement Steve Swallow parler de son disque : « J’étais là quand cette musique a été composée. En fait, c’est ma main qui tenait le crayon. Au départ, j’avais simplement besoin de m’occuper pour remplir ces longues journées, et la musique s’est imposée pour me soutenir. Avant Winter Songs, j’avais donné à la musique tout ce que je pouvais, mais en réalisant cet album, les rôles se sont inversés : c’est elle qui m’a donné ce dont j’avais besoin. La musique est élémentaire, comme l’air que nous respirons. Cet enregistrement est né d’une communauté spontanée : mes chers amis musiciens, notre ingénieur du son, l’accordeur de piano, le type qui nous apportait des sandwichs, l’employé débordé qui m’a enregistré à l’hôtel sur la 48e rue… La distribution s’est élargie pour englober une multitude de personnes. La musique est omniprésente, et je ne suis pas surpris que Winter Songs ait trouvé le chemin jusqu’à vous. »


https://en.wikipedia.org/wiki/Steve_Swallow


  PIERRE FAVRE TRIO . Bird food

Blaser Music

Pierre Favre : batterie
Irène Schweizer : piano
George Mraz : contrebasse

L’avantage de la belle et bonne musique est le suivant : elle n’a pas d’âge. La preuve ? Ce nouveau disque a 58 ans. Il est composé d’une musique d’avant-garde qui ne fréquentera jamais l’arrière-garde, pour la bonne et simple raison que c’est de l’avant-garde de l’esprit des musiciens que l’on vous parle. La musique elle, elle est là par essence, par nature. Point n’est besoin de la définir. Pierre Favre (1937-), Irène Schweizer (1941-2024) et George Mraz (1944-2021) le démontrent telle une évidence en quatre titres, trois de la pianiste et un d’Ornette Coleman, enregistrés en 1968, ce qui ne nous rajeunit pas ou presque… Une chose est certaine, les trois compères prennent un plaisir fou (et transmissible à l’auditeur) à déjouer les convenances ; une vraie triplette de sales gosses, diablement doués, parfaitement musicaux, qui flirte avec les limites, saute sur les talus, botte le train du conventionnel, met du swing là où on ne l’attend pas, bref, font le tour des impossibles possibles (et réciproquement), histoire d’aller voir ailleurs, en soi et au-delà, comment sonnent les notes quand on les échange en bonne compagnie. C’est donc un vieux disque tout nouveau qui a l’éternité devant lui. Ne passez pas à côté.


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