Mardi 14 juillet 2026

Milena Casado : trompette
Lex Korten : piano
Kanoa Mendenhall : contrebasse
Gautier Garrigue : batterie

Chaque année qui s’écoule apporte dans le monde du jazz de nouvelles têtes. Certaines sont éphémères, d’autres s’inscrivent dans les décennies à venir dès leurs débuts, avec plus ou moins de poids. Rien n’est sûr, tout peut arriver, mais il y a fort à parier que Milena Casado appartienne à la seconde catégorie. En ce 26 messidor, jour qui vit en 1865 Edward Whymper réaliser la première ascension du Cervin (4478m), Milena Casado et son quartet, avec en remplaçant de luxe Gautier Garrigue à la batterie, déroulèrent en musique son histoire, le récit personnel d’une fille de père dominicain dans une bourgade espagnole qui se heurte à l’étroitesse d’esprit des villageois qui la compose. Cette ode à la différence prit les contours d’un jazz métissé, sobrement teinté d’effets électroniques, singulièrement sur la trompette (l’ombre de Miles plana), propulsé par des thèmes brefs et itératifs ouvrant sur des improvisations lumineuses n’ignorant pas les brisures rythmiques et les grands espaces. De fait, pour propulser le flux musical, le batteur fut largement plébiscité sans pourtant assommer le spectateur. De mon point de vue, cela releva de l’exploit mais cela imposa également une cohérence enthousiasmante au quartet, notamment grâce aux qualités intrinsèques des compositions et des musiciens. Comme en sus Milena Casado sut instaurer avec le public une forme de dialogue fécond, la soirée fit son bonhomme de chemin sans encombre dans un club plein comme un œuf, un œuf bien cuit par l’ambiance caniculaire, ce qui tendit toutefois à prouver qu’il existait encore des individus capables de survivre avec bonheur loin de l’envahissante passion footballistique qui saturait alors les médias et me prenait sérieusement le chou. ¡Viva España y vamos al jazz con el corazón alegre !

Moins drôle fut la présence d’une boîte à dons à la sortie du club, présence imposée par la suppression de subventions (FONPEPS en particulier, aussi nommée APAJ) qui mettent en danger les petites structures culturelles avec des obligations d’une incommensurable débilité. Rien de nouveau, hélas, du côté des pouvoirs publics ; la culture, comme tous les services publics, est une variable d’ajustement. Reste à savoir ce qu’ils ajustent…


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