Jeudi 16 juillet 2026

Aymeric Avice : trompette
Hughes Mayot : saxophone ténor
Bruno Ruder : Fender Rhodes
Thibaud Soulas : contrebasse
Philippe Pipon Garcia : batterie


Aymeric Avice Quintet © Yves Dorison
Aymeric Avice Quintet © Yves Dorison

La dernière fois que je croisai Aymeric Avice, c’était avec Luke Stewart et Ramon Lopez, à Lyon, et ils nous servirent alors une bonne louche de liberté, hors de tout sentier rebattu. Ce fut fort agréable et le retrouver au Crescent avec son quintet acoustique, façon retour aux sources mais pas que, me sembla donc une excellente idée. Le gars Avice, on le connaît, et là où il vient, on ne sait pas où il nous emmènera. Au creux des contours d’une mélodie ? Dans les méandres harmoniques de l’improbable assumé ? Dans une transe chamanique ? Allez savoir… ou plutôt, allez-y avec les oreilles bien cotontigées, histoire de profiter d’un univers bouillonnant offert en partage. Avec une rythmique en béton armé, pas genre HLM sixties, plutôt façon Le Corbusier, histoire d’avoir une assise ferme avec des idées, pas des stéréotypes, le quintet put développer un discours énergique et charnel, fichtrement créatif et altruiste, autour de soli diablement intenses et féconds. Les premiers rangs prirent la bourrasque musicale et son abondance (en l’occurrence, ce n’était pas une vache…) dans la tronche comme une bénédiction tandis qu’au fond du club, un troupeau de braillards trempait le museau dans l’alcool en bavassant ; quand il fait chaud, il fait chaud… D’accord, ça faisait un peu Village Vanguard années 50 60, manquait juste les bruits de fourchettes, mais quand la musique est bien meilleure que bonne, et ce fut le cas de la première à la dernière note, il en faut plus pour me déranger. De toute manière, sur le terreau fertile du libre quintet, l’effloraison disruptive fut telle que même les pavillons d’un sourd auraient frémi de plaisir (voyez un peu comme je reste poli) et ce n’est pas trois péquins se repeignant le gosier qui allaient me faire fuir. Tiens, pour finir, le jour où le peuple fera la révolution (ça finira par arriver), on mettra le quintet d’Aymeric en tête de cortège, ça foutra un beau bordel. Avice à la population !

Crescent Septet © Yves Dorison
Crescent Septet © Yves Dorison

En première partie de soirée, le septet du Crescent avait fait son hommage annuel à un(e) artiste. Cette année il avait choisi la dame qui a composé More Brahms, Permanent wave, Five Banana, Song of an eternal waiting of canute, Útvi-klingssang ou encore Lawns. Bonne pioche. Qui n’aime pas Lovella May Borg ? C’était un 16 juillet, jour qui vit disparaître Johnny Winter (1944-2014) et Alan Vega (1938-2016). C’est également le jour ou on dit : Mieux vaut chèvre que vache à lait, quand la bonne Dame de Carmel est arrivée. Ne me demandez pas pourquoi…


https://www.facebook.com/aymeric.avice/
https://www.lecrescent.net/