Jazz Campus en Clunisois

Jeudi 20 août 2026

Le violon demeure relativement rare en jazz, comment en es-tu venu à l’intégrer dans ce genre musical ?

L’envie ne m’est pas venue car c’est mon instrument et il se trouve, je ne sais pas si c’est une bonne réponse, que je suis un improvisateur par nature. J’avais trois semaines de violon et j’improvisais déjà ! Ça a toujours été le chemin que je devais prendre, sans obligation et façon naturelle. Ceci dit, j’ai deux instruments, le violon et la voix. J’ai la voix pour voler et le violon pour hurler et cela me va très bien.

Et quels sont, du coup, tes plus grandes inspirations musicales ?

Je vais forcément mentir parce qu’il y en a tellement, mais surtout, ce sont des choses qui changent. J’ai des obsessions passagères. En ce moment, j’écoute Pergolèse sans arrêt, mais je ne vais pas dire que c’est une inspiration, même si c’est un compositeur que j’avais entendu très jeune. Il se trouve juste que je suis retombé dedans à l’occasion d’un concert où j’ai écouté le Stabat Mater, je me suis dit qu’il était impossible de ne pas se replonger dedans. Autre exemple, depuis quelques années j’étais dans une période où j’étais, et suis encore, très fan de Chostakovitch. Il y a énormément de choses fascinantes dans son travail. Mais d’une manière générale, les inspirations sont des sables mouvants. Comme beaucoup de gens, et sinon je crois que je ne serais pas là, j’ai eu une passion vigoureuse pour cet affreux personnage qu’est Miles Davis car, par mon profil, je suis plus amené à suivre son chemin que celui de Michael Brecker (1949-2007) dont je trouve les improvisations, c’est un point de vue personnel, un peu sèches, extrêmement mécaniques et ultra impressionnantes. Objectivement, quand ce truc débarque, on se dit, mais qu’est-ce que c’est que cette machine de guerre ? Et en même temps, cette machine ne m’émeut pas. Mon chemin m’amène à aimer la texture, le son, et puis surtout, quand j’improvise, j’improvise vraiment, aussi par faiblesse, on a tous des défauts, car je ne suis pas un premier de la classe, je ne retiens pas par volonté. Je retiens, parce que j’ai quand même de la mémoire, mais je retiens surtout parce que ça m’intéresse sans doute. Il y a des gens qui apprennent des plans. Moi, je n’ai pas ça. Je n’ai pas de plan dans la main. C’est-à-dire que je travaille des choses, dans tous les sens, et puis c’est mon oreille qui me guide. J’essaye également de jouer ce que je chante. On peut rajouter que Chet Baker fait partie de mes inspirations profondes.

Jazz Campus en Clunisois 2026 © Yves Dorison
Jazz Campus en Clunisois 2026 © Yves Dorison

Considères-tu le jazz comme un genre en soi ou comme une forme de musique prête à accueillir d’autres influences ?

Déjà, je ne suis pas sûr d’être un musicien de jazz. J’aime beaucoup cette musique quand elle est géniale. Je peux écouter 15 fois d’affilée un album de John Scofield parce qu’il est génial, fou et juste extraordinaire ! Les musiciens qui m’attirent sont de cette nature, c’est-à-dire des improvisateurs qui sont dans ce geste-là tout le temps, des poètes. Mais je le répète, je ne suis pas sûr d’être moi-même un musicien de jazz. Tout dépend de ce qu’on colle sous ce terme. Il m’arrive d’être assez en colère, d’ailleurs, sur le mot en lui-même dont on dit qu’il pourrait venir du français, ou non… Par ailleurs, il y a de toute façon un lien fort entre cette culture française de Louisiane, de la Nouvelle-Orléans, et la naissance de cette musique aussi. Le jazz, si on le défini comme ça, on se dit que c’est la rencontre de l’Afrique et de l’Europe en terre américaine, et puis il grandit comme ça. Je ne sais plus à cet endroit où je mets mon histoire personnelle, parce que moi, chez mes grands-parents, on dansait la bourrée. Donc, c’est une interrogation : qui suis-je à travers ce truc-là ? Est-ce que le jazz, tel qu’il est pensé parfois par les festivals, et Dieu sait qu’on a du mal à accéder à certaines scènes, on a parfois l’impression d’être un sous-produit quand on n’est pas américain en somme, et c’est une des questions qui m’animent, et il m’est arrivé de vouloir mettre un autre vocable sur la musique que je faisais mais cela n’a pas de sens, cela pourrait sembler vaniteux aussi. Il y a des tas de choses qui font que j’ai reculé devant cette manœuvre. Donc, à titre personnel, je suis absolument ouvert à tout vent. En ce moment, au plan technique, je suis plutôt à bosser sur des partitas de Bach. Il se trouve que le prochain album du Quartet sera très probablement, avec beaucoup d’interprétations, un travail autour des sarabandes, des passacailles et je ne sais quel type de danse encore, parce que ça m’intéresse d’aller creuser dans cette mémoire des cellules.

C’est la curiosité qui te fait avancer…

Peut-être aussi essayer de chercher une forme d’alignement, oui. Pas seulement qui je suis, parce que ma démarche n’est pas identitaire, c’est même quelque chose que je reproche beaucoup car aujourd’hui on est dans un truc d’identité nationale, d’identité régionale, d’identité religieuse, d’identité de genre, d’identité de ceci, de cela, de machin… et personne ne travaille le commun. Or il me semble − ce n’est pas mon acte le plus politique − que j’ai essayé de construire quelque chose qui est à l’adresse d’un public et qui, en l’occurrence, travaille sur le commun. Et j’essaye de travailler là-dessus, de faire réfléchir là-dessus. Toute ma vie, j’ai essayé de faire ça. J’ai par exemple un spectacle pour enfants qui est militant. Pendant des années, j’ai essayé de m’en débarrasser ! Et puis en fait, on me le demande. C’est un spectacle de sensibilisation à notre rapport à l’environnement et qui, justement, appelle à réfléchir ensemble et à trouver une solution au bénéfice de tous. C’est le travail que j’ai envie de faire pour eux. Je ne peux pas dire que ce soit l’endroit où je m’exprime avec la plus grande joie sur scène parce que c’est un peu limitant, mais c’est extrêmement important de le faire. Avec mon projet Transcontinental Shajara, shajara signifie arbre en arabe, dès qu’on fait un sou de bénéfice, et Dieu sait que c’est difficile d’en faire, cela sert à planter des arbres, c’est pour le commun aussi. On a planté environ 700 arbres et ils sont suivis cinq ans, de sorte que 99% des arbres arrivent à l’âge adulte. Voilà, ça, ce sont des engagements qui me semblent importants. J’ai l’impression qu’en ce moment, on vit dans un monde extrêmement désordonné dans lequel on ne cesse de renforcer l’individu. L’individu est toujours l’individu, mais à morceler de la sorte qui nous sommes, on affaiblit ce que nous sommes en vérité, c’est-à-dire des peuples. Ce faisant, on oublie des pratiques ancestrales qui étaient pour certaines pleines d’intelligence, d’autres nécessitaient qu’on les critique, qu’on les revoie. D’ailleurs avec le quartet S, dans l’album Le Balancement au-dessus du Vide, tous les titres sont des expressions des pays voisins, comme une sorte de réflexion sur l’intelligence populaire, avec l’idée de se dire qu’aujourd’hui, avec toutes les connaissances qu’on a en psychosocial, en histoire, et en histoire des peuples, il est possible de créer un commun nouveau qui serait force de proposition et qui ne serait pas juste l’abrutissement auquel on est voué parce que soumis aux réseaux sociaux ou à l’intelligence supposée, artificielle.

Tu as plusieurs projets où tu utilises le terme transcontinental, est-ce que ça vient d’un attrait ou d’une volonté pour une certaine mixité culturelle, géographique ? Est-ce dans la démarche du commun ?

Il y a l’idée que souvent le jugement est le corollaire de l’ignorance parce que ce sont deux choses qui fonctionnent ensemble. Moi, j’ai un attrait pour la beauté, j’ai un attrait pour l’autre aussi. J’adore rencontrer des gens qui me bousculent dans mes petites certitudes. Je n’ai pas l’impression d’en avoir beaucoup, il y en a sans doute sûrement, et on est toujours chamboulés. Je trouve ça très intéressant. Par ailleurs, j’avais aussi envie avec les projets transcontinentaux de faire des projets post-fusion. Mon idée, c’était vraiment d’aller créer un projet dialogique, d’aller à la rencontre de l’autre et de créer un dialogue avec ce qui était là, présent, endémique, avec cette soif que j’avais à l’époque pour l’électro, − j’en reviens un peu pour tout dire − d’essayer de créer des pratiques musicales hautement politiques et qui ne généraient que très peu d’intérêt. Quand je suis allé au Costa Rica m’intéresser au calypso limonense, tout le monde s’en foutait à l’époque. Et pour dire, quand on a joué le Transcontinental calypso devant 30 000 personnes à San-José, c’était la première fois que des musiciens noirs calypsoniens montaient sur scène pour jouer leur musique. On a l’impression qu’il n’y a plus rien à faire, mais il y a toujours un truc à brasser. Dans l’idée, il s’agissait pour moi de donner l’opportunité de faire quelque chose ensemble et, accessoirement, de montrer ce que nous savions faire. C’était un défi aussi. Et puis mettre en avant cette musique, la donner à entendre aux jeunes blancs de San José pour leur donner envie de s’emparer aussi de ce trésor. Je pense qu’on a participé au rebond de la musique calypso au Costa Rica. C’est les retours que j’en ai encore aujourd’hui.

Crescent, Mâcon, 2017 © Yves Dorison
Crescent, Mâcon, 2017 © Yves Dorison

Question un peu plus légère : si tu pouvais jouer avec n’importe qui, de mort ou vivant, qui choisirais-tu ?

C’est difficile ! Très honnêtement, il y en a peut-être deux. D’abord John Scofield, que j’admire vraiment, la façon qu’il a de s’accepter entièrement. Il sort des albums qui ne sont pas corrigés. Tout est enregistré en live. Ça s’entend, le tempo du début… le tempo de la fin… Mais il envoie. Et s’il y a des petits pains, ils sont dedans. Il l’assume. J’ai l’impression que c’est ça le jazz. Je pense aussi à un guitariste que je trouve absolument remarquable et qui s’appelle Nir Felder. Il est dans le moment, il ne frime pas, il n’est pas là pour se mettre en avant. Il construit son truc au fur et à mesure avec un vocabulaire extraordinaire.

Tu es autodidacte, ce qui est assez rare de nos jours dans le jazz et de manière générale dans la musique. Est-ce que c’est un atout ou un handicap ?

C’est les deux. C’est un handicap parce que je suis moins bien formé que beaucoup d’autres. Je ne suis pas un bon lecteur. Il y a des tas de choses comme ça qui sont gênantes. Ce sont des outils qui pourraient évidemment m’aider. Et puis, contrairement à des gens qui ont fait le conservatoire comme ça se fait aujourd’hui, je n’ai pas tout joué dans un sens ou dans l’autre, à l’endroit à l’envers… Et c’est une richesse parce que c’est vraiment ma démarche aujourd’hui. Il y a quelques années, j’ai lâché beaucoup de choses. Je suis sorti du monde. J’ai quitté Paris. Je suis allé m’installer à la campagne entouré d’animaux, et puis surtout, j’ai éteint les infos. Ma musique n’est pas hors du temps mais elle est hors de la pressurisation du temps. Je n’ai absolument pas envie de répondre aux injonctions de tendance, notamment sur les types de productions, etc. J’ai la volonté ferme, et pour moi c’est presque une question de dignité, de ne pas m’inscrire dans ce truc-là. Je veux simplement exister avec ce qui me plaît, ce que j’aime. Et si Chostakovitch doit ressortir dans mes compositions, j’en serai très heureux. Ça ne me pose pas de problème particulier.

C’est écrit sur ton site qu’une des choses qui t’animent, c’est de faire vivre la langue française. Penses-tu qu’elle soit menacée ?

Alors, pour moi, ce n’est pas comme ça que je l’envisage. C’est simplement que j’ai l’impression qu’un glissement s’opère... La langue a une force. Elle a une profondeur. Elle raconte des choses. Je ne vais pas faire le vieux schnock mais peut-être qu’on vit dans un monde qui est de plus en plus acculturé. Je ne sais pas comment l’expliquer mais nous, dès qu’on avait fait un petit peu d’études, si on n’avait pas lu Stendhal, on passait pour un guignol… À un moment, c’était une obligation, même en étudiant les sciences. C’était un passage obligé. On lisait Hugo, Stendhal, Balzac, Camus, etc. Bon, c’était normal. Tout le monde avait son historien préféré, que ce soit Jacques Marseille (1945-2010) ou un autre. C’était sur les étagères de tous les gens qui avaient fait bac plus deux, quoi. J’en reviens à la réflexion que j’avais tout à l’heure sur la musique. Le fait d’arracher les gens à ce qu’ils sont en boostant un peu leur système de récompense à travers les réseaux et tout ce bazar, cela les affaiblit. Donc, mon attachement à la langue française est plutôt un attachement à l’histoire de notre pays, aux différentes révolutions intellectuelles qu’il a subies et qui font sens, aux Lumières par exemple, parce que les Lumières, ce n’est pas la pensée d’un moment, c’est la pensée qui se pense. L’esprit des Lumières, c’est bien autre chose que ce qui s’est passé à ce moment-là. On peut se dire que certes Voltaire n’a pas critiqué l’esclavage mais s’il était là aujourd’hui, il le critiquerait très fortement. Voilà le chemin dans lequel il nous a mis, c’est cette pensée-là, cette idée de toujours être capable de métacognition, d’être capable de se regarder soi-même en tant qu’individu et en tant que peuple. La langue est un outil pour ça. Ce sont surtout les chocs qui me font peur. Si on passe trop vite d’un état à un autre, je pense qu’au passage on s’appauvrit fortement.

As-tu des auteurs de chevet auxquels tu reviens régulièrement ?

Déjà, je ne lis jamais un livre deux fois. Pour une raison toute bête, c’est que je lis très lentement. Je suis dyslexique. Je lis de façon très utilitaire et j’ai toujours quatre ou cinq livres ouverts en même temps. Si je devais garder un auteur, ce serait peut-être Henri Laborit. L’éloge de la fuite, La nouvelle grille, ce sont des ouvrages qui ont marqué mon esprit à tout jamais. C’est la façon de comprendre. C’était le point de départ d’une réflexion nouvelle sur qui nous sommes et vers quoi nous allons. J’aime beaucoup Camus, Hugo, même si certains le trouvent pompeux. L’homme qui rit, ce n’est pas le plus connu, a laissé en moi comme une empreinte.

Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?

Je suis un grand amoureux des arbres. Je ne peux pas vivre sans en fait. J’ai vécu 15 ans à Paris, mais à la fin, mes amis me prenaient pour un dingue parce que je leur disais que tous les arbres étaient malades, là. Je ne voyais que ça et, ne voyant que des arbres malades, je suis retourné dans ma forêt natale. Je suis également un grand amoureux des chevaux, un grand amoureux du vin, que je consomme peu, j’ai une passion pour ses parfums. Ce sont des petites choses qui, la plupart du temps, se partagent, hormis la forêt, que l’on peut vivre seul.

Au final, est-ce que ce n’est pas un partage avec la nature et l’environnement ? N’est-ce pas le commun ?

Alors, non seulement c’est quelque chose de commun, mais moi, j’ai passé quand même un peu de temps dans ma vie à comparer la société des hommes et la société des arbres et c’est une réflexion inspirante parce qu’on est tous, de façon très différente, enchaînés au temps et à l’espace ; la façon que nous avons de trouver une stratégie pour passer à travers le temps et l’espace est assez différente. Le temps que les arbres prennent pour se déplacer nous donne à réfléchir sur la façon que l’on a, nous, d’aller envahir nos voisins, et la façon qu’a le frêne de pousser trois fois plus vite que les autres pour prendre toute la lumière en affaiblissant les autres interroge. J’ai une petite forêt de charmes et de chênes derrière chez moi. J’en suis juste dingue ; la lumière traversante, les odeurs, les trois degrés de moins, l’espèce de courant d’air constant… C’est très enthousiasmant. Moi, je ne suis jamais sûr du niveau de solidité des livres que je lis sur le sujet. Mais quand j’apprends que la production de graines dans les forêts est erratique afin de gérer la faune, c’est quand même stupéfiant.

Tu mélanges beaucoup les univers, les genres musicaux. Tu as composé la bande originale de Durasong, le fantôme indien de Marguerite Duras qui était connue pour sa pluralité stylistique. Est-ce que c’est dans cette pluralité que tu la rejoins un peu ?

Merci pour la question, je ne me la suis jamais posée ! J’avais eu beaucoup de plaisir à composer cela. Plus jeune, je suis allé en Inde étudier la musique carnatique. J’étais fasciné par ce geste, c’était très particulier et j’avais vécu un truc très fort. Dans le même temps, j’étais rentré en me disant que je ne suis pas cela. Je ne suis pas véritablement à la recherche de pluralité. Je suis à la recherche d’une forme de vérité. Je sais le combat perdu, mais ce n’est pas grave. C’est en tout cas ce que je vais chercher. Et puis, j’aimerais, si c’est possible, et c’est peut-être aussi une des erreurs fatales que j’ai pu faire dans ce qu’on pourrait appeler ma carrière, c’est que je ne fais pas carrière. J’essaie tout le temps de produire quelque chose qui a du sens pour moi et qui pourrait servir à quelqu’un d’autre. En tout cas, à la fin, ça ressemble un peu à un chemin qui aura sans doute plus de sens à la fin qu’au début.

Comme beaucoup de chemins, je pense. En tant que spectateur, quel est le concert qui t’a le plus marqué ?

Je me souviens d’un concert à A Vaulx Jazz, j’étais très jeune et se présentait un collectif que je ne connaissais absolument pas à ce moment-là qui s’appelait le collectif MU. Je me souviens de cet effet presque effrayant que j’ai vécu quand Gaël Horellou a fait un pas de côté et qu’il a commencé le premier chorus. L’intensité, c’était un truc de fou ! Et il se trouve que j’étais avec deux amis américains fans de jazz et, quand le chorus s’est terminé, celui qui était à côté de moi, un gars qui avait 40 ans de plus que moi par ailleurs, s’est retourné et m’a dit qu’il n’avait jamais vu un truc pareil, en anglais dans le texte ! J’ai aussi adoré Bill Frisell. Lors d’un autre concert j’ai rencontré Vincent Lafont ; quand il a lancé le premier chorus, je ne suis pas redescendu. C’est vraiment un poète, un coloriste. J’ai passé tout le concert à me dire : il faut que j’aille parler à ce type !

Pour finir, y a-t-il une question que tu aimerais qu’on te pose en interview ?

Je pense qu’on ne se pose pas assez la question de savoir ce que l’art nous apporte. La réponse est extrêmement large, mais c’est un des éléments fondateurs, l’un des piliers d’une civilisation. C’est aussi la première chose que balaye un dictateur quand il arrive au pouvoir. C’est ce qu’on est en train d’essayer de délayer aujourd’hui dans le divertissement. Il y a encore des festivals, plus beaucoup, comme Cluny, avec des gens qui choisissent leur programmation, qui mettent sur scène des choses qui, par moment, peuvent être pénibles mais nécessaires, mais qui s’opposent à l’uniformisation. Bon, ce n’est peut-être qu’un moment et j’espère que l’humanité est un phénix. J’aimerais toutefois qu’on se la pose plus souvent, qu’on la ramène plus souvent sur le devant de la scène.


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