Jazz O’ Verre, Beaune, Jeudi 24 septembre 2026

18 h 30
KJT 4tet

Bernard Magnien : piano
Fred Martin : trompette
Karl Martin : saxophone
Julien Vuillaume : batterie

© Yves Dorison
© Yves Dorison

Que je sois bien clair avec vous, le festival Jazz O’ Verre se tient à Beaune. Cela signifie qu’avec le prix de votre billet, vous avez droit à un verre de Bourgogne gratuit et, dans ce coin-là, le bas de gamme n’existe pas. Par contre, la convivialité était bien présente et je fus fort bien accueilli par une armée de bénévoles tout sourire. La soirée commença donc à 18 h 30 par l’Apérijazz avec un quartet du cru qui donna à ouïr des standards de chez standard comme au bon vieux temps et ma foi, il le fit avec conviction et savoir faire. Un Basin’ Street blues par ci, My little suede shoes par là. C’est si bon... De quoi accompagner les spectateurs et les faire patienter avant le début de soirée dans la grande salle des Ateliers du Cinéma tenu par Claude Lelouch.


20 h 00
Hop Trio

Pierre-Antoine Chaffangeon : piano
Thomas Belin : contrebasse
Francis Decroix : batterie

© Yves Dorison
© Yves Dorison

A l’heure dite, vint le Hop Trio. Ces trois-là osèrent l’hommage à Oscar Peterson, le genre de montagne que les alpinistes regardent et évitent car l’accident est quasiment garanti sur fracture(s)… Des compositions incontournables comme Cakewalk, Hymn to Freedom,le fameux Nigerian Marketplace, Place Saint Henri, et j’en passe, un You look good to me que le natif de Montréal jouait très souvent sur scène, bref de quoi faire chaleureusement swinguer la scène et la salle dans une ambiance que je trouvai tout de même relativement calme en regard de la prestation énergique d’un trio qui ne fit pas pâle figure et s’en sortit avec les honneurs. Et puis qu’on le veuille ou non, Oscar a marqué de son inimitable empreinte quelques décennies du jazz et, comme souvent de nos jours, il est un peu oublié. Une piqûre de rappel ne pouvait subséquemment pas nuire.


21 h 30
Giovanni Mirabassi trio NYC Session

Giovanni Mirabassi : piano
Gianluca Renzi : contrebasse
Colin Stranahan : batterie

© Yves dorison
© Yves dorison

Aux alentours de 21 h 00, je constatai sans surprise que le public était venu pour lui, Giovanni Mirabassi. Accompagné de son « vieux pote » Gianluca Renzi à la contrebasse et du batteur Colin Stranahan, un monstre de finesse et de créativité, le pianiste égrena certains des standards du Great american songbook qu’il enregistra à New York l’année passée (et dont il fera bientôt un deuxième volume). Comme toujours inventif, parfaitement mélodique et fluide, il les marqua de sa patte et osa même un Nature boy qualifié selon ses mots et à juste titre d’apocryphe. Certes, l’interprétation des standards n’est pas dans ses habitudes car sa plume est féconde mais, comme il l’affirma, à son âge, il ne fait que ce qu’il veut. Je ne le contredirai pas et d’ailleurs, en a-t’il été autrement par le passé ? Je me permets d’en douter un peu. Si une chose demeura évidente tout au long du set, ce fut celle d’un trio dont l’interplay fut exemplaire et d’une rare élégance de la première à la dernière note. L’auditoire, quant à lui, adhéra pleinement à l’exercice et le fit savoir avec vigueur. Il en eut été autrement que je lui aurais filé des mornifles… C’était un 24 septembre estival, soit cent ans et un jour après la naissance de J.C. Le vrai, celui de A love supreme, pas l’autre, et c’était également le jour de naissance de l’excellent Antonio Tabucchi (1943-2012) que vous devez impérativement lire.


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