« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Disques, livres & Co » Chroniques 2010 » Enrico PIERANUNZI réinvente le latin.

Enrico PIERANUNZI réinvente le latin.

D 24 octobre 2010     H 12:34     A Thierry Giard    


Il est fou ce romain ?

On le connaissait sage et tempéré, un garçon sérieux, mûr, réfléchi, réservé sans doute, limite intello pour qui ne connaît pas son esprit aventureux... Et voilà qu’Enrico Pieranunzi nous livre un disque de latin jazz (un mode d’expression qui n’a rien d’une langue morte !) pétillant, sautillant, swinguant qui donne un coup de frais à un style qu’on pourrait croire un peu défraîchi ou galvaudé. Capté au célèbre Birdland de New-York, ce disque bénéficie de la chaleureuse complicité d’un public qui sait écouter et manifester son enthousiasme respectueusement et avec modération.

Enrico PIERANUNZI : « Llatin jazz quintet live at Birdland » -  voir en grand cette image
Enrico PIERANUNZI : « Llatin jazz quintet live at Birdland »
CAM Jazz / Harmonia Mundi.

D’entrée de jeu, on comprend que ce quintet va nous servir un excellent menu épicé sur la base de compositions originales. On ne s’attend pas à moins avec Enrico et sa grande exigence. Il joue de son piano avec une même ferveur dans ses interprétations de Scarlatti ou dans ses libres improvisations dans d’autres contextes.

Lyrisme, phrasé enchanteur, sens du swing, puissance du toucher toujours mesuré, les qualités du pianiste se calibrent parfaitement sur les rythmes dansants du latin-jazz. La rythmique est tout aussi équilibrée et performante : Antonio Sanchez, batteur mexicain au sang chaud forme une paire de poids avec John Pattitucci, le contrebassiste chouchou de Wayne Shorter qui tâte aussi la basse électrique avec légèreté sur Tierra Nativa, en final.

En première ligne de ce quintet, on trouve deux souffleurs de grande qualité, le saxophoniste cubain Yosvany Terry et le trompettiste argentin Diego Urcola. Ils font mieux que d’énoncer, monter et démonter des lignes mélodiques chantantes et colorées en assurant une osmose exemplaire entre les couleurs latines chatoyantes liées au genre et l’inventivité mélodique et rythmique liée à une certaine tradition/évolution du jazz.

Si vous appréciez le pianiste italien et que vous êtes dubitatifs devant cette envie de couleurs tropicales, écoutez ce disque qui vient actualiser et prolonger la tentation latine des grands du jazz. Souvenons-nous de Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou encore le compositeur-arrangeur George Russell qui l’ont précédé avec la même réussite.

Et c’est ainsi qu’Enrico, le romain, réinvente le latin avec un disque qui donnera de belles couleurs à un automne un peu morose...

__2__

> Enrico PIERANUNZI : « Llatin jazz quintet live at Birdland » - CAM Jazz CAMJ 7829-2 - distribution Harmonia Mundi.

Enrico Pieranunzi : piano / Yosvany Terry : saxophones et percussions / Diego Urcola : trompette / John Pattitucci : contrebasse et basse / Antonio Sanchez : batterie, percussion.

01 - TALK / 02. DANZA 2 / 03 - CHORO DEL INFINITO HOMBRE / 04. ROSA DEL MARE / 05 - DANZA NUEVA / 06 - MIRADAS / 07 - TIERRA NATIVA /

Enregistré au Birdland (NYC - USA) en novembre 2008.

__2__

> Liens :
- www.camjazz.com/E_Pieranunzi_Latin_Jazz_Quintet
- www.enricopieranunzi.com

Rechercher

Partager, commenter et plus...

RSS 2.0

Articles les plus récents

20 octobre – ART ENSEMBLE of CHICAGO : les 50 ans à Nantes

18 octobre – JOURNAL DE L’ÉTÉ 2019 : échos de festivals

16 octobre – Le Pérégrin Pérambule Encore - 47

14 octobre – Dreaming Drums

11 octobre – L’Appeal Du Disque - Octobre 2019

2 octobre – Festival Au Sud Du Nord

29 septembre – Le Pérégrin Pérambule Encore - 46

27 septembre – Les Émouvantes 2019 à Marseille

25 septembre – Le Pérégrin Pérambule Encore - 45

23 septembre – Loïs Le Van

21 septembre – Jazzitudes en Pays d’Auge 2019

17 septembre – Yves Rousseau Septet « Fragments »- Under The Radar

16 septembre – Under The Radar, bis repetita