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Boy Raaymakers (1944-2018)

D 15 janvier 2019     H 11:59     A Jean Buzelin    


Le trompettiste hollandais Boy Raaymakers, figure familière du Willem Breuker Kollektief, nous a quitté le 30 décembre dernier. Né à Nimègue le 20 août 1944, il apprend la trompette en autodidacte, avant d’étudier au Conservatoire de Arnhem de 1965 à 1969. Mais dès 1967, il avait commencé à jouer avec son compatriote le batteur Pierre Courbois, avec lequel il tourne en Europe. Le Pierre Courbois Free Music Quintet est d’ailleurs l’un des premiers groupes européens de free jazz à être enregistré en 1968 par le fameux label avant-gardiste ESP [1]. De 1970 à 1972, Boy Raaymakers, qui est devenu l’un des éléments moteurs du nouveau jazz dans la région de Nimègue, cofonde avec le saxophoniste Peter van der Locht, un Group Music qui comprend notamment le pianiste Burton Greene et le batteur Noel McGhie [2]. Puis, tout en dirigeant son propre Boy Raaymakers Quintet de 1973 à 1975 [3], il s’installe à Amsterdam et rejoint le saxophoniste et compositeur Willem Breuker, qui vient de créer son Kollektief, à la fin de l’année 1974. Tout en devenant l’un des piliers de cette formation hors du commun, il joue et/ou enregistre avec l’orchestre de Boy Edgar, le Theo Loevendie Consort (1974-76), le Waterland Big Band du pianiste Loek Dikker (1979), J.C. Tans + Rockets (1983-89), etc. Il forme en 1976, avec son voisin saxophoniste du Kollektief, le Maarten van Norden/Boy Raaymakers Quartet [4] et s’occupe de l’orchestre de jeunes De Boventoon (« le son dominant ») de 1979 à 1989.

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Jean & Françoise Buzelin avec Boy Raaymakers
...à Nevers en novembre 1990 (photo : Willem Breuker).

Mais c’est évidemment le Willem Breuker Kollektief qui a fait de Boy Raaymakers une figure populaire des scènes et des festivals français, européens et mondiaux durant plus de trente ans. Trompettiste à l’attaque franche, cinglante, au jeu brillant, contrasté et à l’articulation précise, acteur plein d’humour aux mimiques inénarrables, il formait avec son partenaire Andy Altenfelder un duo d’une complémentarité et d’une connivence exceptionnelles. Très ancré dans la grande tradition du jazz, il pratiquait également la musique contemporaine et, curieux de tout, était un fervent admirateur du grand baryton français Gérard Souzay.
Très affecté par la maladie de Breuker dont il était l’un des proches, il avait, à contrecœur, quitté le Kollektief au printemps 2007. Mais n’avait pas remisé sa trompette pour autant.
Adieu Boy, notre ami...

On retrouve Boy Raaymakers dans quasiment tous les disques du Willem Breuker Kollektief.


Pour mémoire...
Jean & Françoise Buzelin sont les auteurs du livre « Willem Breuker » paru aux Éditions du Limon en 1992 (collection « Mood indigo ») et édité désormais par les éditions Parenthèses (editionsparentheses.com/willem-breuker). -ndlr-


[1« Free Music One and Two » (ESP 1083) 1968

[2« At Different Times » (Group Music Prod. ES 46 136) 1970

[3« Suite 1 » (Eurosound ES 46 185) 1974

[4« Chicken Song » (BVHaast 029) 1979

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