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Paolo Fresu Devil Quartet

« Voyage en Italie »

D 1er avril 2019     H 05:00     A Jean-Louis Libois    


info document -  voir en grand cette imageLe voyage en Italie proposé par le quartette de Paolo Fresu est plus serein que celui de son compatriote Roberto Rossellini dans les années 5O ans préfigurant le passage du cinéma à une nouvelle modernité. Certes, il y a l’alliance de l’italianité et du jazz, comme il y avait celle du néoréalisme italien et d’Hollywood (avec les stars vénérées par les studios américains Ingrid Bergman et Georges Sanders) mais le périple est ici apaisé là où il était tourmenté dans le film. Et donc pas besoin de miracle pour mettre un terme aux conflits des protagonistes : la musique de Paolo Fresu et de ses comparses incite d’emblée à l’insouciance. Carpe diem, tel est le titre, en effet, du dernier CD enregistré il y a un an dans lequel le concert a largement puisé.
C’est peu de dire que le trompettiste est l’un des plus populaires musiciens italiens en Europe tant il a enregistré en nombreuses et bonnes compagnies. Sa présence aux côtés de ses compagnons d’origine est plus rare sur scène et sur disque (quatre CD contre des dizaines d’autres en formations diverses). Elle a été d’autant plus appréciée l’autre soir.
Affirmer que la musique du trompettiste est à son image, relève peut-être du cliché : lumineuse, lyrique et généreuse. Paolo Fresu est, par ailleurs, un excellant conteur (il faut l’entendre restituer l’histoire de la chambre de Chet Baker qu’une aubergiste lui a attribuée lors de son passage dans le sud de l’Italie) et sa musique raconte à sa manière : en solo (rarement), en duo avec son superbe guitariste Bebo Ferra ou son contrebassiste Paolino Dalla Porta. A moins qu’il ne laisse le soin, sur une rythmique endiablée impulsée par l’homme aux deux balais, le batteur Stefano Bagnoli, à ses trois comparses du dialogue.
« L’énergie électrique mais en acoustique » déclarait d’entrée de jeu le trompettiste à son auditoire. C’est vrai mais les ballades recèlent aussi d’autres qualités. Ainsi Celle de Rome. Alors La Dolce Vita  ? Fellini plutôt que Rossellini ? Oui mais le désenchantement en moins, la grâce en plus. Avec cette composition, Tema per Roma , on serait ainsi plutôt, du côté de la balade en scooter après la maladie, du Journal Intime de Nanni Moretti.
Le cinéma, l‘Italie certes mais surtout une musique du côté du plaisir, celui de la compagnie des musiciens d’abord ainsi que celui pris par l’auditeur au cours de ce voyage d’une heure et demie environ d’un jazz aussi évident que sophistiqué..


Mardi12 mars 2019, auditorium du Conservatoire, Caen, 20 h

Paolo Fresu : trompette, buggle
Bebbo Ferra : guitare
Paolino Della Porta : contrebasse
Stefano Bagnoli : batterie

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