Vous êtes ici : Accueil » Sur scène » Sur Scène en 2022 » Biréli Lagrène au Bal Blomet

Biréli Lagrène au Bal Blomet

D 13 octobre 2022     H 05:30     A Pierre Gros    


BIRELI LAGRENE SOLO
Bal Blomet 29 septembre 2022 (Paris)

Biréli Lagrène : Guitare
Pour quelques titres William Brunard : Contrebasse

Biréli Lagrène au Bal Blomet

Le Bal Blomet affiche complet pour ce concert solo de Biréli Lagrène. Pour peu que vous vous intéressiez à la guitare son nom ne vous est pas inconnu et brille peut être dans votre panthéon. On peut ajouter qu’il fait parti depuis son enfance prodige à cette cohorte d’instrumentiste à qui l’on peut faire référence pour sa science harmonico-mélodico-rythmique qui semble sortir de lui avec une déconcertante fluidité. On ne joue pas avec Jaco Pastorius, Elvin Jones, Joey DeFrancesco, Stephane Grappelli ou Sylvain Luc sans raison et reconnaissons ses réussites.
A le regarder jouer notons l’absence de gestes superflus, aucune tension physique. Ainsi tout passe dans cette musique essentiellement énergique par l’oreille que l’on devine d’une stupéfiante rapidité et totalement libre.
De la musique de ce soir entièrement improvisée, sans que ça en ait l’air, on peut dire que l’humour était là, une virtuosité sans limite, un foisonnement d’idées et de plans saturant un peu notre esprit et qui n’ont pas toujours évités la redondance, des citations jazzistiques, pop, et même de chants lyriques. Bien qu’elle ait évité tout djangoisme, l’ombre du grand maitre qui lui aussi n’avait pas d’œillères semblait, du moins dans l’esprit, être présente et survoler les débats. Soit mais encore ?

La vélocité nous impressionne, la stabilité rythmique, le jeu des mains droites et gauches totalement indépendantes nous laissent pantois. Pourtant nous nous sommes sentis seul dans la foule des aficionados car ce ne fut pas pour nous l’essentiel. Ce qui nous a le plus touché n’est même pas la venue, pour quelques standards de William Brunard, contrebassiste dans la veine de Niels-Henning Ørsted Pedersen, venant briser la monotonie de la guitare mais l’énonciation de la mélodie La Vie en Rose, chanson de La Môme par excellence, jouée dans sa plus grande nudité avec sensibilité et cœur, une émotion qui nous a rappelé l’adage, la simplicité est la chose la plus difficile. C’est ce nous avons le plus aimé de cette soirée.