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Oscar les bons tuyaux

When the saints go Marchioni

D 19 octobre 2008     H 06:54     A Yves Dorison    


Sur Sunset Boulevard, deux filles au teint cuivré déambulent, perchées sur des semelles compensées, shorts en jean réduits comme une peau de chagrin. Les bodys colorés affichent complets. Les lunettes aux verres fumés couvrent un bon tiers du visage. Faces de fourmis ! Sacs en bandoulières, elles approchent de la Ford Mustang jaune dans laquelle on croit reconnaître le héros du feuilleton. Un type au t-shirt douteux est assis à la fenêtre du premier, au dessus du drugstore. L’oeil absent, aussi ému qu’un thon fossile, il envoie du Jimmy Smith dans la moiteur du soir. A l’angle, adossé à un poteau, Francesco essaie de suivre la musique avec son sax. Quand il aperçoit les deux filles, il s’accroche à sa anche comme un désespéré au bord du radeau. Eh ! faut dire que ça groove dur par là-bas, surtout la brune accoudée à la portière qui minaude avec l’abruti aux doigts bagués de pacotille qui lui envoie sa fumée dans le décolleté. Vue de dos, elle donne envie à Francesco d’alunir sauvagement. Oscar lui sauve la mise en débarquant plus tôt que prévu. Chicca et Paolo attendent au club. Hervé le frenchy et Edmundo aussi. Le patron déteste les musicos, et leurs incessants retards plus encore. Mais bon, c’est le business. Et puis la boite est pleine tous les soirs depuis qu’ils s’y produisent. Alors quoi ? Chicca assure. Francesco ? Il est complètement barré mais là, il se tient, et bien comme il faut, pêchu, précis. Paolo, c’est un trucker, y lâche pas le volant. Et lui Oscar, il envoie la sauce. Sûr qu’il mégote pas. Y a ce qui faut, du beat, de la soul et le son du B3, wow !

Yes we can -  voir en grand cette image
Yes we can

Il est marrant Oscar. Il s’imagine en 2008, toujours à faire flamber le Hammond. Et il se dit qu’un clampin évoquera peut-être dans sa chronique à deux balles la Californie des années soixante, soixante-dix, le soleil et la sueur, sur fond de Vietnam et de Hippie dream, avec des beautés peace and love à hameçonner sur le sable et des burgers bien meilleurs qu’aujourd’hui à Paris.

Oscar en fait, il s’en tape de tout ça. Il joue ce qu’il aime et le reste, c’est peanuts.


> OSCAR MARCHIONI - « Croccodile - Hammond grooves » - Must Records (2008) - distribution DG Diffusion.

Oscar Marchioni - « Crocodile » -  voir en grand cette image
Oscar Marchioni - « Crocodile »
Must Records / DG Diffusion

Oscar Marchioni : orgue / Francesco Bearzatti : sax tenor / Paolo Mappa : batterie / Hervé Samb : guitare #1,2,3,4 / Edmundo Carneiro : percussions #2,3,7 / Chicca : voix # 5,8

1. Croccodile 2. Edmond 3. The word (Lennon/McCartney) 4. Seventy’s 5. The beat goes on (Sonny Bono) 6. Aller-retour 7. Les gobelins 8. Invito a sorpresa 9. Una noche con Francis (Herbie Hancock)


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