« Le jazz tisse sa toile... »
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« JAZZ EN TETE », à Clermont Ferrand

Une première soirée réussie.

D 23 octobre 2008     H 22:13     A Yves Dorison    


Misja Fitzgerald Michel. Un nom pareil est aisément mémorisable. L’artiste qui le porte a déjà publié quatre albums en moins d’une décennie, tous loués par la critique, mais qui demeurent cependant trop confidentiels, et lui de même. Guitariste peu enclin au maniérisme, il n’a à l’évidence aucun atout pour déclencher les passions médiatiques. Son ouvrage est celui d’un artisan enrichissant, étape après étape, son pré carré.

Misja Fitzgerald Michel & Ravi Coltrane -  voir en grand cette image
Misja Fitzgerald Michel & Ravi Coltrane
Jazz en Tête, Clermont Ferrand, 2008

Accompagné par les fidèles Drew Gress (contrebasse) et Jochen Rueckert (batterie) et son ami Ravi Coltrane, il a donc ouvert le vingt et unième Jazz en Tête de Clermont-Ferrand. Un set homogène avec des pièces en solo, reflet de son dernier album « Encounter », a suffi à convaincre le public nombreux, venu plus spécialement pour le deuxième partie de soirée dont nous reparlerons plus bas. L’accord musical est une assise solide dans cette réunion de personnalités fortes. Misja Fitzgerald Michel peut, à son aise, y développer un discours sans virtuosité superfétatoire et le concentrer sur l’essentiel. Il dévoile ainsi, sûr de son fait mais dénué d’orgueil, un chant personnel d’une grande intelligence. Clairvoyant, attentif, il expose une musicalité magnétique qui, subrepticement, s’impose et perdure. C’est là son art. Il est exigeant et vrai.

Gonzalo Rubalcaba, Charlie Haden, Richard Galliano, Clarence Penn -  voir en grand cette image
Gonzalo Rubalcaba, Charlie Haden, Richard Galliano, Clarence Penn
Jazz en Tête, Clermont Ferrand, 2008

La seconde partie de soirée était dévolue à Richard Galliano. En quartet avec, excusez du peu, Clarence Penn, Charlie Haden et Gonzalo Rubalcaba, l’accordéoniste a déroulé un partition chaleureuse, empreinte de finesse. Là aussi, tout était en place et, que l’on apprécie ou non l’accordéon, il a fallu se rendre à l’évidence : Galliano est un maître. Nous avons cependant ressenti un léger manque car Haden et Rubalcaba auraient pu marquer une présence plus nette. Quant à Clarence Penn, ne boudons pas notre plaisir, il fut étourdissant de justesse, de légèreté et de swing.

Jazz en tête a connu un bon début de festival. Sa programmation est belle et atypique. Hommage donc aux passionnés qui font vivre le jazz, à Clermont comme ailleurs. Il entretiennent une flamme que d’autres étoufferaient volontiers.


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