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François BOURASSA quartet, à Caen

Ouverture de la saison 2008-2009 de « Jazz dans les foyers ».

D 29 octobre 2008     H 15:50     A Thierry Giard    


Chaque année, le Théâtre de Caen confie à Michel Dubourg la programmation des concerts de jazz de la saison. Ceux-ci se déclinent selon trois axes : les concerts dans la grande salle (une soirée Jazz Norvège le 28 novembre, la Nuit du jazz le 13 mars 2009 et un ciné-concert le 28 avril...), les soirées « Jazz café » en formule club et « Jazz dans les foyers » avec sept concerts de grande qualité en entrée libre le samedi à 17 heures (voir les concerts en Basse-Normandie).

Les foyers du théâtre de Caen -  voir en grand cette image
Les foyers du théâtre de Caen
Un espace ouvert au jazz ! - Photo © CultureJazz

À l’occasion du 400è anniversaire du Québec, le pianiste François Bourassa était invité pour ouvrir la saison « Jazz dans les Foyers » samedi 18 octobre. À ses côtés, ses fidèles complices depuis depuis plus d’un quart de siècle : André Leroux aux saxophones ténor et soprano et Guy Boisvert à la contrebasse. À la batterie, un jeune musicien tout à fait prometteur, Philippe Melançon, dans la lignée d’un autre canadien, Karl Jannuska.

Vingt-deux ans après la publication d’un premier album en trio qui consacrait le talent du jeune Bourassa vainqueur du concours du festival de jazz de Montréal, c’est un musicien très mûr et pondéré que l’on retrouve sur scène. Des influences qu’il revendiquait fièrement dans l’album « Reflet 1 » en 1986, de Bill Evans à Wayne Shorter, de McCoyTyner à la chanson de caractère, il ne reste plus que l’essence d’un jazz qui pose comme fondamentaux le sens du swing raffiné et un goût particulier pour les mélodies subtiles et, toutefois, sans mollesse.

François Bourassa quartet, à Caen. -  voir en grand cette image
François Bourassa quartet, à Caen.
18 octobre 2008 - Photo © CultureJazz

Ce concert aura permis d’écouter le leader tout autant que le pianiste car François Bourassa n’est pas du genre à vouloir se mettre en avant. Peu d’envolées pianistiques mais une vraie musique collective où l’on peut apprécier la valeur de chacun. On aura pu goûter une « Moitié de truite » subtilement servie au ténor, un « Nations » fédérateur introduit en piano solo (tout de même !) et développé avec ferveur en quartet, « Fa Do Do » et sa dégaine funky avant une ballade new-yorkaise (F.B. aime s’y ressourcer), « 3 Rooster Street » entamée au sax soprano par André Leroux, achevée au ténor sur un rythme plus tendu.

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François Bourassa, à Caen.
18 octobre 2008 - Photo © CultureJazz

Après cette heure pleine de musique, on comprend aisément pourquoi François Bourassa a reçu, en 2007, le prix Oscar Peterson décerné lors du festival de jazz de Montréal pour la qualité de son art et sa contribution au développement du jazz canadien. Un jazz de gentlemen, sans complaisance mais bien posé sur ses racines, affiné par la personnalité d’un pianiste cultivé et ouvert.





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