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Stephan OLIVA : reflets de standards.

Miroirs

D 2 novembre 2006     H 12:55     A Thierry Giard    


Cinquième et dernier volume de la série « Standard Visit » initiée par le producteur Philippe Ghielmetti, ce disque en est la clé de voûte. En cinq rencontres sur dix standards, le pianiste Stephan Oliva propose un cheminement tranquille et serein, à deux, dans des territoires musicaux où domine le clair-obscur.

Chaque thème est l’occasion d’une conversation dans laquelle le pianiste invite chacun de ses complices à s’exprimer librement sur une thématique maléable utilisée comme une invitation à la rêverie.

Stephan Oliva - Miroirs -  voir en grand cette image
Stephan Oliva - Miroirs
Minium - dist. Discograph

Miroirs s’ouvre et se referme sur la voix de Linda Sharrock. Entre chant écorché, déclamation et murmures, elle donne une forte intensité dramatique, aux limites de la rupture, à des thèmes ancrés dans la culture afro-américaine (Solitude, Sometimes I Feel like a Motherless Child).

L’atmosphère est tout aussi grave mais plus sereine dans les échanges attentifs et riches Stephan Oliva et Claude Tchamitchian. Une amitié de longue date qui atteint des sommets d’entente musicale sur I Loves you, Porgy (Tchamitchian est un maître de la contrebasse à l’archet !). La même connivence se retrouve dans les deux duos avec le clarinettiste Jean-Marc Foltz. Que ce soit sur Naïma esquissé sur les traits du souffle ou sur Lonnie’s Lament dont la mélodie se construit peu à peu, J.M. Foltz confirme qu’il est bien un des meilleurs clarinettistes actuels.

Avec Joey Baron, Stéphan Oliva retrouve un batteur attentif, constamment à l’écoute, mélodiste autant que rythmicien. La complicité qui se ressent ici n’est pas sans rappeler le travail du pianiste avec Paul Motian, il y a quelques années.

Enfin, il y a Susanne Abbuelh dont la voix vient éclairer à deux reprises cet abum. Phasé en équilibre sur les notes du piano, articulation portée par le souffle, Susanne Abbuelh est au plus près de la mélodie mais la transcende sans effets, en toute simplicité.

Cet album s’inscrit tout naturellement dans la carrière discographique de Stephan Oliva comme un inventaire des rencontres marquantes dans sa vie de musicien : rencontre avec les standards comme des points d’ancrage dans l’histoire du jazz et rencontres avec des hommes et des femmes libres et imaginatifs.

Une somme de duos intimes qui nous renvoient des images diffuses et changeantes, entre ombre et lumière.


> Minium : MIN008 - distribution Discograph

Stephan Oliva, piano avec :

Susanne Abbuehl, voix (5,7) / Joey Baron, batterie (4,8) / Jean-Marc Foltz, clarinettes (2,9) / Linda Sharrock, voix (1,10) / Claude Tchamitchian, contrebasse (3,6)

1/ SOMETIMES I FEEL LIKE A MOTHERLESS CHILD ; 2/ NAIMA ; 3/ LA BELLE AFRICAINE ; 4/ SACHS MARCH ; 5/ MY ONE AND ONLY LOVE ; 6/ I LOVES YOU, PORGY ; 7/ COME RAIN OR COME SHINE ; 8/ MOON RIVER ; 9/ LONNIE’S LAMENT ; 10/ SOLITUDE


Liens :

http://www.stephanoliva.com/

http://www.miniummusic.fr/

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