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Gérard SIRACUSA : la batterie en sept solos.

« Drums immersion »

D 26 novembre 2008     H 22:12     A Jacques Chesnel    


Gérard Siracusa, un inconnu ? Loin de là ! Né en 1957 à Tunis, il participe à Marseille en 1978 à la création du GRIM (Groupe de Recherche et d’Improvisation Musicales) qu’il quittera sept ans plus tard, collabore à divers projets dont le Tour de France de Louis Sclavis, fait partie de l’ensemble Musique Vivante de Diégo Masson et du groupe Un Drame Musical Instantané. Particularité, et non des moindres, il est bien le premier percussionniste improvisateur français à enregistrer tout un disque en solo, Jardins de paille (1983). Il a travaillé avec de nombreux réalisateurs de radio (France Culture) et avec des comédiens et des écrivains.

GÉRARD SIRACUSA : « Drums immersion »  -  voir en grand cette image
GÉRARD SIRACUSA : « Drums immersion »
Radio France, Signature / Harmonia Mundi - 2008

Seul instrument inventé par et pour le jazz, la batterie fût d’abord réduite au rôle de « métronome humain » découpant la mesure en deux puis quatre temps avant de devenir soliste (les fameux solos de batterie) dès les années 20 où se révélèrent les premiers stylistes. C’est le be-bop qui, avec Kenny Clarke, va libérer l’instrument de tout rôle subalterne. Et, comme le souligne Christian Tarting dans le texte d’accompagnement, elle a su donner quelques-uns des grands disques de chant solo ou quelques-uns des grands solos (dans le chant) de l’histoire du jazz et des musiques improvisées attenantes : ici « The Drum Also Waltzes » ou « For Big Sid » (Max roach, 1966), là « Abanaba » (Pierre Favre, 1972) ou « The Loop » (Andrew Cyrille, 1978), pour ne (se) rappeler que ces bornes exemplaires.

Dans cette suite de solos dédiés à la batterie, Gérard Siracusa, admirable polyrythmicien (démultiplication, voire abstraction du temps) offre sept compositions extrêmement différentes (des variations sur temps régulier dans Rouge, jusqu’au comble du silence avec frottis, effleurements, feuillettements, froissements et caresses dans Émergence).

La batterie pense elle aussi, tel l’axiome du batteur depuis plus de trente ans ; on peut, on doit ajouter, affirmer que lui pense (se représente aussi dans) la batterie ; investissement total, corps et âme.

Disque d’anthologie, bien sûr.


> GÉRARD SIRACUSA : « Drums immersion » - Radio France, Signature SIG 11065 ; distr. Harmonia Mundi HM CD 83

Gérard Siracusa ( compositions, batterie)

1/ Rouge. 2/ Flagrance. 3/ Monologue. 4/ Immersion. 5/ Émergence 6/ Illusion. 7/ Hommage.

Enregistrement (sans re-recording, jeu direct) : les 26/02 & 9/03 2008

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