« Le jazz tisse sa toile... »
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Stéphane GUILLAUME Quartet, à Caen.

Du jazz tiré à quatre épingles !

D 5 mars 2009     H 17:39     A Thierry Giard    


Le saxophoniste Stéphane Guillaume était l’invité de « Jazz dans les Foyers », la série de concerts mensuels du Théâtre de Caen.

Encore une fois, ce 28 février, et malgré un soleil presque printanier, le public était très nombreux à 17 heures (entrée libre) pour écouter avec une grande attention le quartet réuni par celui qui apparaît de plus en plus comme un des meilleurs spécialistes actuels des saxophones.

Stéphane Guillaume à Caen. -  voir en grand cette image
Stéphane Guillaume à Caen.
28 février 2009 - © Culturejazz

Sur des compositions originales à l’architecture élaborée, Stéphane Guillaume invite ses auditeurs dans son univers où les structures rythmiques bien assises par la paire Marc Buronfosse (contrebasse) et Antoine Banville (batterie) ménagent de larges espaces pour l’improvisation des solistes dans des cadres mélodiques et harmoniques toujours présents. Une place de choix est laissée au guitariste Frédéric Favarel, brillant technicien et soliste inspiré, qui sait utiliser avec pertinence les couleurs permises par les effets divers (boucles, jeux sur le volume et les contours des phrases).

En toute modestie, mais avec une facilité technique confondante, Stéphane Guillaume confirme toutes les qualités qu’on lui attribue. Sa solide formation classique, couronnée d’un premier prix « de Paris », est particulièrement perceptible sur « Shade Indigo » qu’il interprète au saxophone alto. Au ténor, on apprécie sa manière d’exploiter tout le registre de l’instrument avec une belle profondeur et une vélocité sans failles (« Quai des Arts » en hommage à Claude Nougaro).

Frédéric Favarel à Caen. -  voir en grand cette image
Frédéric Favarel à Caen.
28 février 2009 - © Culturejazz

Voilà donc une musique intelligente, brillante, extrêmement travaillée et aboutie qu’on écoute sans parvenir totalement à se laisser emporter par l’émotion. On admire la sophistication architecturale, le bel ordonnancement des constructions harmoniques et mélodiques mais il manque sans doute quelques grains de sable ou de folie qui viendraient brouiller les pistes. C’est là une des difficultés dans le jazz d’aujourd’hui : ne pas simplement jouer sa musique mais franchir un pas essentiel pour jouer avec sa musique.

Encore faudrait-il pour cela, comme le soulignait Stéphane Guillaume, que les musiciens aient sans cesse la possibilité de se confronter à l’épreuve de la scène. Dans la conjoncture sociale et politique actuelle, ce n’est pas gagné : la culture n’est malheureusement pas une priorité pour nos gouvernants !


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