« Le jazz tisse sa toile... »
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Le Triton s’épanouit un jour de grève

ETE : la veille du printemps ?

D 21 mars 2009     H 19:22     A Alain Gauthier    


Jeudi soir. Jour de grève nationale. Après le grand défilé République-Nation sous un soleil de mai 68. Au Triton, une salle pas emplie à ras bord mais pleine d’afficionados venus se réjouir les oreilles. Et Jean-Pierre Vivante qui remercie son équipe d’avoir assuré le service minimum pendant que lui, patron, défilait. Avant de nous présenter le trio ETE : Emler, Tchamitchian, Échampard. Un genre de format réduit du Mégaoctet qui ne jouera aucun des morceaux du répertoire de l’orchestre.

Andy Emler trio -  voir en grand cette image
Andy Emler trio
29 avril 2008
Villefranche sur Saône - Photo © Yves Dorison

Après ses facéties habituelles, Andy Emler nous annonce un premier set de petites pièces ( 3-4 mn ) improvisées et peut-être, ici ou là, une compo.

Le second set sera, lui, majoritairement articulé autour de compositions de Tchamitchian.
Difficile de parler de jazz puisque les formes habituelles sont absentes. Le format « thème, impro, reprise du thème » est remplacé par un flux de musique qui, s’il contient ici ou là une mise en valeur d’un soliste, participe davantage d’une création collective. Il s’agit de Musique au sens large, qui englobe le jazz et de multiples influences. Me viennent à l’esprit, en cours d’écoute : Chris Mac Gregor pour la puissance et le martèlement du son, Terry Riley pour les aspects répétitifs et les ostinato ( un ostinato, des ostinati ? ), Satie pour des bouts de phrases ici et là, Debussy pour des ambiances et des climats.

Du coup, ces musiciens sont confrontés aux questions récurrentes des improvisateurs : quand s’arrête-t-on ? quand a-t-on épuisé cette idée ? tant leur talent, leur écoute partagée et la musique qui coule de leurs doigts pourraient nous emporter au bout de la nuit.
Ils concluent sur un rappel qui nous emmène du côté du Tibet, sur un thème inspiré, paisible et profond, qui nous colle le cul à la chaise genre « et tant pis pour le dernier métro ».


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