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Pierrick PEDRON

Deep in a dream

D 12 septembre 2006     H 08:20     A Jacques Chesnel    


Le label Nocturne poursuit avec régularité la production toujours soignée de musiciens français (découvertes ou confirmations ; dans notre petit panthéon :Sophie Alour Insulaire, les frères Moutin Something like now, Thomas Savy Archipel, Olivier Témine Streetwise, Laurent de Wilde The Present dont les disques ont été ici chroniqués).

Né en 1969, le saxophoniste a déjà un passé probant depuis ses premiers enregistrements en sideman, sa distinction au concours de la Défense en 1996, des concerts avec le pianiste Alain Jean-Marie, un premier séjour dans la Grosse Pomme et ses deux premiers albums enregistrés en France : Cherokee en 2000, Classical Faces quatre ans après. Car cette fois c’est à New York, au studio Systems Two de Brooklyn qu’il réunit deux musiciens chevronnés de longue date, le pianiste Mulgrew Miller (1955), le batteur Lewis Nash (1958), tous deux partenaires de grandes vedettes, et le contrebassiste français Thomas Bramerie qui a choisi de vivre et travailler aux Etats-Unis.

Pierrick Pédron « Deep in a Dream » -  voir en grand cette image
Pierrick Pédron « Deep in a Dream »
Nocturne - 2006

Autant dire de suite qu’il ne s’agit pas là d’un saxophoniste soliste « accompagné » par une rythmique aussi exemplaire soit-elle (comme cela arrive souvent) mais plutôt d’un véritable quartet qui offre une « suite » d’un niveau exceptionnel de musicalité dans l’interprétation de sept standards presque immémoriaux que les jazzmen affectionnent et deux compositions personnelles (Waltz for a King dédiée à son confrère le britannique Peter King et Tune Z).

Il serait inutile de s’amuser au jeu des comparaisons (petit travers de tous les amateurs de musiques), Pierrick Pedron a une sonorité bien à lui, chaude, d’un très beau timbre ; il vogue allègrement sur une tessiture étendue dans un langage certes influencé par le be-bop (il connaît ses classiques comme le trompettiste Fabien Mary) avec une virtuosité à laquelle s’ajoute l’inspiration, l’invention, un lyrisme maîtrisé et ce supplément d’âme (un grain de nostalgie perceptible aussi) qui restent l’estampille des jazzmen, de ceux à qui l’on porte considération.
Pierrick Pedron est bien de ceux là.

A signaler la prochaine parution d’un disque du pianiste Jean-Pierre COMO, L’Âme Sœur (nocturne NTCD 390), œuvre écrite pour 27 exécutants, arrangée et dirigée par Pierre Bertrand.


PIERRICK PEDRON
deep in a dream
> Nocturne NTCD 345

Pierrick Pedron (saxophone alto), Mulgrew Miller (piano), Thomas Bramerie (contrebasse), Lewis Nash (batterie).
Enregistré à New York en novembre 2005

1/ Deep in a Dream. 2/ Waltz for a King. 3/ You are laughing at Me. 4/ Change Partners. 5/ Lover. 6/ A Nightingale in Berkeley Square. 7/ Tune Z. 8/ After you’ve gone. 9/ It never entered my Mind.

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