« Le jazz tisse sa toile... »
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In memoriam Hugh HOPPER

Émotion au Triton

D 30 juin 2009     H 22:08     A Alain Gauthier    


Dernier concert de la saison au Triton et concert très spécial. Le ton est donné par JP VIVANTE, taulier du lieu, qui nous rappelle les liens qui les unissaient, lui, Hopper et le Triton. Séquence « émotion » qui n’a rien à voir avec les émotions frelatées des sports médiatisés où s’ébattent des mercenaires réfugiés dans divers paradis fiscaux pour y porter haut les couleurs et les valeurs du sport, qu’il s’agisse de piloter un engin qui relève du cauchemar écologique ou de courir après un ballon devant quelques millions de cathodiques pratiquants.

Ici, l’émotion est la tristesse justement ressentie à la mort d’un ami-inspirateur-partenaire.

Simon Goubert (batterie) et Hugh Hopper (basse) en 2006. -  voir en grand cette image
Simon Goubert (batterie) et Hugh Hopper (basse) en 2006.
Europa Jazz Festival / Le Mans avec Soft Bounds.

Disons pour faire court, que de Soft Machine (1968) on est passé en 2002 à Soft Works puis à Soft Machine Legacy et que deux de ses musiciens historiques sont décédés, Elton DEAN en 2006 et Hugh HOPPER, le 7 juin dernier.

Le premier groupe qui rend hommage à ce bassiste est composé de Simon GOUBERT à la batterie, Sophia DOMANCICH aux claviers, John GREAVES à la basse et Boris BLANCHET aux sax. Sans oublier Jimmy le chien, calmement endormi sous le piano.

On est ici en terrain connu puisque, depuis 2004, Hugh HOPPER, GOUBERT, DOMANCICH et DEAN formaient le groupe Soft Bounds.

Leur musique est épatante. Le sax se déchire pour suivre le tempo d’enfer du batteur ou pour enjoliver une ballade lentissime, le bassiste prend un chorus tendre tout en retenue, à la limite de l’inaudible et la joue particulièrement expressif et créatif avec une ligne de basse en changement perpétuel, la pianiste relance, emmène tout ce petit monde, poétise. Et il y a le batteur chez qui, comme dans le cochon, tout est bon. Ils nous envoient au fond de nous avec la chanson qui clôt leur set. Grand moment d’intense écoute partagée. Mon jeune voisin, plutôt rock et manifestement curieux du jazz, a l’œil humide, c’est dire.

Leur succède le collectif Polysons qui revisite le répertoire classique de Soft Machine pour la période de leur disque emblématique « Third ». S’y côtoient Jean-Rémy GUÉDON ( flûte et sax ténor ), Serge ADAM ( trompette et bugle ), Pierre-Olivier GOVIN sax soprano, alto et baryton), Emmanuel BEX à l’orgue Hammond, Olivier LÉTÉ à la basse et François MERVILLE à la batterie.

Nous avons là un sextet qui, au-delà de l’exposition des thèmes, se déstructure en deux trios : la rythmique plutôt rock et les solistes à vent plutôt jazzy. C’est plutôt le rock qui l’emporte et les solistes à vent font ronfler la machine comme un big band.

Penser à mettre la discographie de Soft Machine sur la petite machine numérique au fond du sac à dos.


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