« Le jazz tisse sa toile... »
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SCOFIELD-CELEA-HUMAIR en concert

D 6 octobre 2009     H 21:41     A Yves Dorison    


Il y a des soirs où la circulation sur autoroute n’est pas aussi rapide qu’on se l’imagine. En partant vers 17 heures pour le Chorus de Lausanne nous pensions à la flânerie comme à un possible exercice de style. C’était sans compter avec la rénovation et l’entretien des chaussées... Mais ce soir-là, sur l’autoroute des géants, la lumière automnale était si belle que, ma foi, nous supportâmes avec plaisir les ralentissements ; d’ailleurs, pour un peu plus de beau, nous aurions, répétons-nous, volontiers musardé si ne nous avait attendu là-bas, non loin du lac, une soirée alléchante. D’agapes visuelles imprévues en festin musical attendu, la soirée se présentait donc sous les meilleurs auspices.

Le 02 octobre, Daniel Humair avait fait son jubilé au théâtre du Châtelet. Jean Claude Rochat, à l’affût, sut en profiter, et il a bien fait, pour offrir au public du Chorus de Lausanne une affiche inédite à notre connaissance avec un trio réunissant trois fortes personnalités du jazz mondial.

Le batteur d’abord, Daniel Humair, parrain du jazz club, qui poursuit son grand œuvre musical avec une constance et une originalité souvent louée à juste titre. Le contrebassiste ensuite, Jean-Paul Céléa, aux collaborations multiples (du jazz à la musique contemporaine) et à l’exigence musicale rare. Le guitariste enfin, John Scofield, à la carrière prestigieuse qui a approché autant de formes musicales que de musiciens, ou presque.

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Scofield Céléa Humair
Chorus, Lausanne, 03/10/2009

Si on cherche un lien entre ces trois instrumentistes, c’est évidemment du côté d’un talent polymorphe que l’on se tourne car ils sont, en toute occasion, pertinents et viscéralement musiciens au sens noble. En deux sets puissants mêlant les compositions originales et les standards, le trio a livré une prestation d’une grande densité. John Scofield, dont on connait la capacité à fusionner les genres, fut au diapason de sa luxueuse rythmique, un batteur toujours inventif et un contrebassiste diabolique de précision. Ils ont partagé l’espace en empruntant le chemin buissonnier de l’improvisation pour mieux révéler les sonorités changeantes du jazz et de ses dérivés. Incisifs, complices et dynamiques, ils ont construit un édifice musical éclectique, sans être hétéroclite, qui a enthousiasmé le public. Il y eut bien des couleurs sur leur palette, mais avec un peintre aux baguettes, n’est-ce pas...


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