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BEHIA : Diva de la Côte d’ Azur...

JAZZMEN SWING

D 28 novembre 2006     H 13:43     A Michel Delorme    


Behia, Chanteuse du Monde

Pas moins de cinq langues pour ce deuxième disque de notre Diva de la Côte d’ Azur.
L’anglais en majorité, le brésilien - l’Aube et Berimbau- l’ espagnol - Besame mucho, le français - Jardin d’ hiver - l’ hébreu - un passage de Jérusalem.

Mais l’ important est ailleurs.

  • Il est dans les compositions, quatre sont personnelles avec ou sans le guitariste Louis Bariohay, et le choix des standards, loin du répertoire éculé.
  • Il est aussi dans l’ interprétation, dans la texture même de la voix.
    Behia - Jazzmen Swing -  voir en grand cette image
    Behia - Jazzmen Swing

Ce CD renferme un joyau, Johanna’s song, signé Behia paroles et musique.

Je ne vois guère en France aujourd’ hui qu’Aldo Romano pour composer une mélodie aussi belle dans son évidence.

Autre bijou, l’ Aube, chanté en brésilien - comme le titre ne l’ indique pas - paroles de la Dame et musique de Bariohay, là encore une merveille. Louis récidive avec Daniela, un instrumental paré d’ une très belle ligne mélodique. Son solo sur l’Aube est somptueux
et celui de Nuages excellent, compte tenu du respect dû au modèle.
Dans Jazzmen swing, il me semble déceler quelque précipitation.

Côté interprétation, grâce à la maîtrise extraordinaire de sa voix et des mélodies, elle les distille, les vit, les enjôle.

Des chansons qui lui conviennent le mieux, disons latines ou sud-américaines - admirez le pléonasme - sa sensualité fait des merveilles. Elle les hisse aux sommets du « lascif » bienséant, si je peux dire.

C’ est ici Besame mucho, le trop rare Siboney, bien mieux arrangé que la version saccadée du DVD du Festival d’ Orange, Jerusalem, où le choix du sax soprano d’ Olivier Boutry s’avère judicieux, Berimbau enfin.

À quand un disque entier en brésilien, mais surtout loin de la bossa nova de supermarché. Nascimento, Djavan, Motogrosso, entre autres, ont signé tant de splendeurs inexploitées. Et bien-sûr avec des standards latins et des compos comme l’Aube.

Si la prise de son « bouffe » la moitié des « k » de Speak low, celle de Cry me a river, par ailleurs bel hommage aux standards, restitue bien une diction parfaite.

Seule véritable concession peut-être « tendance », je hais ce terme, la présence de Jardin d’ hiver. Surtout après que l’ Aube nous ait montré où se trouve l’ authenticité. Ce qui nous amène à l’ ordre des titres. Pour ma part, j’ aurais ouvert avec Johanna’s song, le « carré d’ as » du disque, et terminé par le feu d’ artifice de Jazzmen swing.

Souhaitons qu’ une notoriété justement méritée franchisse les portes des deux FNAC où l’ on peut actuellement trouver ce CD pour honorer d’ autres lieux et surtout pour agrémenter le catalogue d’ une Compagnie de Distribution.

En prime, Behia est belle comme une aube de paradis terrestre, sensuelle comme la moiteur d’ une forêt tropicale.

Bref, elle a tout d’ une grande.


> BEHIA « JAZZMEN SWING » | Prodution Indépendante | Distrib FNAC Cannes et Monaco


> Liens :

http://www.bariohay.com/behia1.html

Commande du CD possible par mail à : fredbeia@aol.com

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