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Lucas GILLET fait chanter Élise CARON

Les poèmes de Dylan THOMAS

D 12 octobre 2009     H 19:03     A Alain Gauthier    


Un vendredi soir d’octobre au goût d’été indien. Embouteillages pour sortir de Paris. Grande facilité pour y entrer. Et le TRITON qui confirme son ambition d’être la scène de musiques présentes. Comme en mai dernier avec David CHEVALIER (« The rest is silence », dédié aux poèmes de Cesare PAVESE), le concert a tout d’une lecture publique voire d’une performance. Des poèmes de Dylan THOMAS mis en musique par Lucas GILLET et chantés par Élise CARON. Avec David AUBAILE aux claviers et flûte, Fernando RODRIGUEZ à la guitare, Jean GILLET à la basse, Thomas OSTROWIECKI aux percussions, Pascal RIOU à la batterie et Phil REPTIL en invité surprise.

Elise Caron -  voir en grand cette image
Elise Caron
sur www.letriton.com

Annoncée au 36ème dessous ( as usual ), Élise nous emmène au 7ème ciel. Quelle chanteuse et interprète épatante ! Pas de chorus, ni de recherche d’effets, rien de jazzy : juste l’interprétation juste. Sobre. Les musiciens présentés comme vaillants font plus que cela : appliqués, centrés sur le collectif et la chanteuse, au service de la musique. Quelques traductions bienvenues nous donnent à entendre l’imaginaire de DYLAN : un télescopage d’images inusuelles.

Et l’incroyable attention du public. Pour qui ou quoi est-il là :

pour Élise ?

Pour la poésie en général et Dylan THOMAS en particulier ?

Pour satisfaire sa curiosité touzazimut ?

Pour …. ?

Chacun semble habité par une étrange lenteur langoureuse au moment de quitter la salle.

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Et ce poème à lire, de Dylan Thomas, extrait de « Vision et Prière et autres poèmes », Gallimard,

Traduction et présentation d’Alain Suied.

Le vœu et le feu de la prière me brûlent

Dans une soudaine bénédiction du soleil.

Au nom des damnés, je reviendrai

Et pourrai courir vers

La terre cachée mais le

Soleil, si fort,

Baptise le

Ciel. Je

Me

Trouve.

Ô laissez-le

M’ébouillanter,

Me noyer dans sa

Blessure-au-monde. Son

Éclair est une réponse à mon cri.

Ma voix brûle dans sa main.

Désormais je suis un égaré car il m’éblouit

Aussi. Le soleil rugit à la fin de ma prière.


C’était au Triton (Les Lilas - 93-) le 9 octobre 2009.

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