« Le jazz tisse sa toile... »
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Bitches Brew spirit

Quand l’esprit fait tourner les platines

D 2 novembre 2009     H 08:39     A Alain Gauthier    


Ah, voilà que la situation évolue avec ce concert intitulé Bitches Brew Spirit, en français « l’esprit du brouet de salopes ». Et comment évolue-t-elle ? Les nombreuses têtes grises ou dépoilées, quinquas et autres sexas qui tapaient l’incruste dès 19h lors des deux premiers concerts, se font rares. Et laissent la place à des trentenaires ( plus ou moins ). Mais comment est-ce possible : venaient-elles communier avec un remake à l’identique des musiques de Miles ? Célébraient-elles une fidélité indéfectible aux thèmes et aux chorus gravés dans le vinyle ? Le format très d’aujourd’hui du groupe Electric Barbarian les a-t-elles effarouchées ? Le vendredi, c’est à 8h au lit ? Va savoir.

Certes le groupe ne respecte les canons du jazz classique. Il est gravement électrique et fait tourner les centrales nucléaires. N’imaginons même pas de le faire jouer avec une bougie !! Et puis la chanteuse, là, est-ce vraiment une chanteuse ? Et un didji : c’est quoi ?

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Electric Barbarian : le site !

Donc, aux mots, déclamations, slam, chants, poèmes ( spoken words ) : Luanda CASELLA, aux platines : DJ GRAZZHOPPA, à la trompette : George PANCRAS, au Fender Rhodes : Joost SWART, à la batterie : Harry ARLING, à la basse électrique et à la composition : Floris VERMEULEN.

Miles a dû se marrer et se réjouir du sort fait à l’esprit de ce brouet. Qui, à force de machines numériques ( échantillonneur, pédales d’effet, ordi, etc ), crée un univers sonore ( comme on dit dans les revues idoines) très particulier. Un DJ qui intervient pour glisser ses « petites » trouvailles ici et là, lançant une idée pour la détourner et la triturer avant qu’on ne s’y habitue, un bassiste inspiré, un batteur déchaîné, un trompettiste complètement libéré de toute tentation d’imiter Miles et qui poursuit le chemin tracé par Jon HASSEL, un pianiste au service du groupe. Et la poétesse brésilienne solidement plantée devant nous. C’est une musique qui stimule l’attention et qui oblige à une écoute distante et proche à la fois tant ce brouet est fait de multiples éléments surprenants.
Ma voisine me glisse à l’oreille : « cette musique n’est pas en rupture avec notre époque ; la preuve, elle est familière à tout ce jeune public ». Mais alors, qu’est-ce qu’il faut écouter aujourd’hui dont on parlera dans cinquante ans comme d’un choc ou d’une rupture ?


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