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JAZZ A FAREINS (01) - un millésime homogène

D 1er décembre 2009     H 22:01     A Yves Dorison    


Pour aller à l’origine du jazz, il est nécessaire que la joie s’exprime, teintée d’une passion immergée dans la simplicité. Dans cet esprit, Jazz à Fareins est un de ces petits festivals de jazz qui tient sa place sur le podium, voire le haut du pavé, le verre à la main et le sourire aux lèvres. Les bénévoles sont légion et ne sont pas étrangers au succès de la manifestation. La programmation n’est pas en reste. Nous ne sommes pas à Montreux certes, mais la cohérence et la qualité de l’affiche sont indéniables. D’Alfio Origlio à l’éxubérante Lavelle, de la jeune Lou Tavano aux Doodlin, de Mario Stantchev aux jeunes élèves de Cédric Perrot, les soirées festivalières de cette septième édition ont additionné les bons moments aux moments forts. Certes, l’aube se brosse déjà les dents quand on va se coucher, mais bon, on sait vivre ou on ne sait pas !


  • Jeudi 26 novembre
Alfio Origlio -  voir en grand cette image
Alfio Origlio
Jazz à Fareins 2009

Le Headhunters tribute, sous la férule d’Alfio Origlio, délivre un message clair : il joue la musique d’Herbie Hancock, millésime seventies. C’est très bien fait et l’on s’immerge sans peine, le temps du concert, dans cette époque de grande création musicale, de chamboulement des mœurs. Cela pousse dur, le plaisir est là et les musiciens n’y sont pas pour rien, notamment l’excellent Guillaume Poncelet à la trompette.


  • Vendredi 27 novembre
Lou Tavano -  voir en grand cette image
Lou Tavano
Jazz à Fareins 2009

Lou Tavano est une jeune chanteuse à la voix bien timbrée dans les graves. Accompagnés par un quartet inégal où brille le contrebassiste Mathieu Verlot, elle a proposé un répertoire bien construit de standards indémodables. Avec des arrangements soignés mais voulant à tout prix être originaux, elle a cependant donné un concert de bonne facture. Plus facilement vocaliste que véritable chanteuse (est-ce un mal ? ), elle nous a fait souvenir, aux meilleurs moments mais sans commune mesure, du travail accompli par Helen Merrill dans les années soixante. L’avenir lui appartient donc, à condition qu’elle allège son chant des scories d’une technique encore trop visible et qu’elle se laisse plus habiter par la musique.

Guillaume Poncelet -  voir en grand cette image
Guillaume Poncelet
Jazz à Fareins 2009

Le même soir, Alfio Origlio en quartet a montré à quel point l’expérience et la connivence entre musiciens font la différence sur scène. Solide rythmiquement (Jérôme Regard, contrebasse et Andy Barron, batterie), puissant devant (Guillaume Poncelet et Alfio Origlio), le quartet a promu l’esprit d’un jazz contemporain sans concession (du jazz quoi...). et, bien qu’Andy Barron ait eu quelquefois la main un peu lourde, l’ensemble fut convaincant. Nous noterons encore une fois que la prestation de Guillaume Poncelet, incisive à souhait, laisse augurer d’un brillant avenir pour lui.


  • Samedi 28 novembre

Doodlin, c’est le jazz des années 20 à 40 chanté simplement par trois dames, Evelyne Sornay, Emmanuelle Rivault et Vérène Fay, aux timbres vocaux complémentaires avec un un quartet de bonne tenue. Avouons-le, avant le concert, nous avons eu quelques peines à nous persuader du bien fondé de l’affaire. Nous avouons maintenant que nos réticences n’avaient pas lieu d’être. Dans la simplicité et avec une joie de chanter évidente, les chanteuses avignonnaises ont donné du plaisir à un public heureux d’être là. Pas d’esbroufe, pas de poses alambiquées, juste la musique qu’elles aiment et une qualité d’interprétation d’un très bon niveau.

Lavelle -  voir en grand cette image
Lavelle
Jazz à Fareins 2009

A la suite des Doodlin, Lavelle n’a pas eu à sortir l’artillerie lourde pour asseoir sa prestation. Elle a fait le show comme à son habitude : un répertoire éclectique, de l’énergie, du feeling et une indéfectible maîtrise vocale. Soutenue par Sangoma Everett, Stefan Patry et Jacques Schwarz-Bart, tous à leur niveau habituel (c’est dire), pouvait-elle seulement faire dans le pastel ? Non bien sûr, et de toutes les façons, cela se serait mal accordé avec sa nature généreuse. Un furieux concert donc, dans une salle comble et comblée.

Vers 00 h 30, le festival trouve une nouvelle consistance, celle du Bœuf Carottes. Certains le mâchent, d’autres le tapent. parmi ces derniers, Mario Stantchev a fait briller les 88 touches du Bosendorfer. Dans la salle rapidement transformée, les musiciens de la soirée sont attablés au mileu du public. Cela fourchette dur, coudoie rudement, rigole franchement et provoque, chaque fois qu’un musicien se lève pour partir, une belle ovation.


  • Dimanche 29 novembre

L’une des particularités du festival est de proposer un concert dominical à 14 h 30. La salle n’est pas vide, loin s’en faut. Après la master Class de Cédric Perrot à 11 h 00 où l’on constate avec un étonnemment ravi que de gosses bien drivés peuvent approcher le jazz avec talent, The Blakey’s Thunder sextet ont donc sévi en notre absence hélas. Ah la grippe !


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