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A VAULX JAZZ 2010 (3)

D 30 mars 2010     H 08:40     A Yves Dorison    


À VAULX JAZZ - Festival 2010

> Mardi 23 mars 2010

Dmitry Baevsky quartet

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Dmitry Baevsky
A Vaulx Jazz 2010

J’ai déjà entendu cela quelque part... Le russe trentenaire ne s’en cache pas : il aime Charlie Parker. Technique superlative, quartet professionnel. Ça tourne rond, sans surprise, mais pas sans agrément. Après tout, doit-on tous les soirs se baigner dans l’ultra contemporanéité ? L’ensemble reste cependant trop sage. Là où le maître enflammait à tout coup, l’élève « académise » à tout crin. Attention, un peu trop de pas assez peut nuire au plaisir d’écoute.




Patricia Barber

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Patricia Barber
A Vaulx Jazz 2010

Attendue, celle qui ne se cache plus de travailler son piano pour approcher les Brad Melhdau et Keith Jarrett (sic) a enthousiasmé les uns et déçu les autres. Ici sont loués la qualité musicale, l’atypisme de l’ambiance barberienne, la solidité des accompagnateurs, là sont exprimés des regrets : elle chante moins, cela ne se renouvelle pas assez, l’économie de moyen est flagrante… Quoi qu’il en soit, Patricia Barber poursuit sa route avec constance, sinon avec exigence. Il y a, aujourd’hui, tant d’artistes à la croisée des genres qui sont inidentifiables qu’elle apparaît comme une musicienne habitant un univers personnel. C’est assez rare pour être signalé. Quant au concert donné à À Vaulx Jazz, je suis de ceux qui pensent qu’elle laisse beaucoup de place à ses musiciens, un peu trop à notre goût. En fait, je crois que l’on aimerait venir l’écouter en solo.


> Mercredi 24 mars 2010

Giovanni Mirabassi trio

Giovanni Mirabassi -  voir en grand cette image
Giovanni Mirabassi
A Vaulx Jazz 2010

Lyrisme, harmonie, mélodie et rythme, c’est l’Italie (je parle de musique), c’est Giovanni Mirabassi (entre autres). Avec son trio régulier (Gianluca Renzi et Leon Parker), le pianiste pérousien nous a servi une playlist basée sur quelques standards loin d’être éculés. Soumis à son chant caractéristique, le trio affirme sereinement la maîtrise de son répertoire et le plaisir de l’échange. Cela fonctionne et le public, qui adhère sans difficulté, épaule des musiciens aux personnalités marquées pour un moment musical plaisant et partagé.





Tigran Hamasyan « Aratta rebirth »

Tigran Hamasyan -  voir en grand cette image
Tigran Hamasyan
A Vaulx Jazz 2010

La seconde partie de soirée avec le jeune prodige originaire d’Arménie fut moins concluante. Son retour aux sources évoque plus spontanément la mise en pièce violente du Silence que les harmonies perdues de l’Histoire musicale arménienne. Tonitruant, trop souvent, pauvrement binaire, le quintet de Tigran Hamasyan ne nous a pas convaincu, loin s’en faut. Là où l’envoutement devrait séduire l’auditeur, c’est hélas l’artifice qui lasse, c’est le bruit et la fureur en lieu et place de l’assimilation maîtrisée d’un patrimoine. Dommage qu’un tel pianiste se laisse ainsi aller. Erreur de jeunesse ?






> Jeudi 25 mars 2010

Libre Ensemble Imuzzic

Bruno Tocanne -  voir en grand cette image
Bruno Tocanne
A Vaulx Jazz 2010

2010 voit le réseau Imuzzic fêter ses dix ans. A cet âge, on est jeune, plein de rêves, de fougue, mais on sait déjà ce que l’on veut comme ce que l’on fait. Le Libre Ensemble, dont le nom évoque à la perfection la philosophie du collectif, s’est présenté sur scène augmenté du contrebassiste Michael Bates, du saxophoniste Quinsin Nachoff et du tromboniste Samuel Blaser. La musique délivrée par ce « onztet » est à l’aune des productions habituelles du réseau : un savant mélange de maîtrise instrumentale allié à une écriture fine, le tout habillé d’une énergie, d’une liberté et d’une complicité renouvelables à loisir. Les libres instrumentistes tiennent ensemble leur rang. Dans cette configuration élargie, il nous a cependant semblé que tous les rouages n’étant encore suffisamment huilés, le potentiel de folie du groupe en a pâti un tant soi peu.

Ravi Coltrane quartet

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Ravi Coltrane
A Vaulx Jazz 2010

Le jazz de la grosse pomme est là. A l’instar des saxophonistes américains de sa génération Ravi Coltrane possède un son. Son approche du jazz est faite de ruptures, d’exposés harmoniques courts liés les uns aux autres par une méthode d’improvisation plus colemanienne que coltranienne. La technique est là encore, trop prépondérante à notre goût. Ej Strickland est terrible, Drew Gress est Drew Gress et Luis Perdomo est étonnant, le quartet est à l’évidence une magnifique machine à jazz post-moderne (plus que « de jazz ») Le discours est d’une richesse incontestée mais l’ensemble sonne de façon implacablement professionnelle : énergie maîtrisée, connivence routinière, effets calculés, adresses au public millimétrées. D’ailleurs, en retard d’un avion, le quartet est arrivé tardivement sur le site du festival et n’a pas fait de balance. La suite a démontré que ce genre de combo n’en a pas besoin. Efficace (oh oui ! ) et froid, normé « New York Jazz Sound », emballage soigné. « Great to be here tonight, thank you so much ».


> Vendredi 26 mars 2010

Magic Slim

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Magic Slim
A Vaulx Jazz 2010

La soirée institutionnelle du festival a atteint son but : donner de la joie. Magic Slim est un grand bluesman que le grand âge guette au coin du manche. Contraint d’économiser ses forces, il entre en scène et s’assoit trois morceaux après les autres. Il n’en est pas moins diablement musical et son légendaire vibrato sévit encore. Hommage à une légende donc, et respect pour l’ensemble de son œuvre au service du blues chicagoan.







Kenny Neal

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Kenny Neal
A Vaulx Jazz 2010

En voilà un dont le plaisir de jouer est évident. Entouré par la famille, seul le batteur ne se nomme pas Neal, il envoie, comme on dit poliment. Peu avare de son temps, il déroule le répertoire, fait le show, passe de la guitare à l’harmonica, chante et arpente la scène avec une saine vitalité. C’est du blues qui électrise la foule. C’est fait pour ça et c’est très bien comme ça, même si ce n’est pas révolutionnaire et que l’ensemble demeure trop ancré dans le genre « entertainement ».







> Samedi 27 mars 2010

Angelo Debarre quintet et ses invités (David Reinhardt, Thomas Dutronc)

Ayant patiemment attendu la balance avec mes collègues, nous avons eu le plaisir d’en être gentiment exclus à la demande d’un musicien, semble-t-il, à moins que ce ne soit son producteur ou quelqu’un d’autre encore. Étant entendu que le soir seul les détenteurs d’une carte de presse seraient acceptés, le modeste chroniqueur bénévole que je suis, d’un site entièrement dédié au jazz et animé, bien sûr, par une équipe d’énergumènes inconséquents, a passé une excellente soirée en famille, agrémentée par la visite d’un ami.

POST SCRIPTUM

Soirée de clôture -  voir en grand cette image
Soirée de clôture
A Vaulx Jazz 2010

Je rappelle cependant aux musiciens, tourneurs, producteurs et organisateurs de festivals ou de concerts, qu’à ce jour la presse officielle de jazz se réduit à peau de chagrin (je suis poli), que le jazz est absent des médias traditionnels (hors événement festivalier ayant une incidence économique sur la localité, la région, etc…), que ceux qui donnent une visibilité aux événements et aux artistes (qui font bien d’ailleurs de récupérer nos chroniques quand elles leur plaisent pour promouvoir leur travail), tout au long de l’année, qui œuvrent pour que le jazz soit autre chose qu’un souvenir d’après-guerre, sont sur Internet et que leur lectorat atteint des chiffres plus que significatifs, pour dire les choses avec modestie.

En qualité d’Auteur-Photographe répertorié par l’Insee et mon Centre des Impôts (code NAF 90.03 B, Siret 510 561 954 00015), Je rappelle également aux musiciens, tourneurs, producteurs et organisateurs de festivals ou de concerts, que le droit à l’image en France est strictement encadré ce qui est un bien autant qu’une nécessité. Il est néanmoins écrit, dans le cadre invoqué précédemment, « qu’une personnalité publique, une célébrité, peut être photographiée dans l’exercice de sa profession à des fins d’information ou de travail historique ».

Je me permets enfin, avec outrecuidance, ici-même, de poser cette question simple aux musiciens, tourneurs, producteurs et organisateurs de festivals : est-ce que je vous empêche de travailler, moi ?

Quoi qu’il arrive, rassurez-vous, les comptes-rendus partiels, photo ou vidéo, de cette soirée ne manqueront cependant pas. Ils seront dus à quelques dizaines de téléphones portables et d’appareils numériques compacts. Vous les trouverez sur Internet. Ils seront naturellement d’une incomparable qualité.

> Un point de vue que complète Christian Ducasse, photographe et journaliste :

Rappel : « le droit à l’image » concerne l’exploitation commerciale de l’image d’une personne.

Les photographies réalisées par les reporters photographes le sont à des fins d’information et les revendications abusives du monde du spectacle n’ont d’écho que si les organisateurs des manifestations musicales capitulent vis à vis du droit à l’information. Il convient de rappeler cette réalité.

Dans l’univers du football ou du sport en général il n’y a pas ces entraves et pourtant les enjeux sont de taille en regard de ceux du petit monde du jazz... et surtout ces entraves n’ont pas court du fait de l’organisation des journalistes sportifs, ce qui n’est plus le cas des reporters photographes qui par leur négligence ou leur fatalisme ont laissé s’installer des pratiques discriminatoires à leur endroit.

Voila c’est dit.

Votre dévoué : Christian

(le 3 avril 2010)


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