« Le jazz tisse sa toile... »
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John GREAVES and co

« Loco solo »

D 14 juin 2010     H 23:13     A Alain Gauthier    


Bon, d’accord, ce n’est pas la foule des grands soirs. Il fait tellement beau que flâner sur une terrasse n’est pas la pire des choses. Surtout, la grande messe planétaire du foot professionnel vient de commencer, surfant sur ses habituelles valeurs : le nationalisme, la vacuité et la cupidité. Il y en a pour un mois. S’écarter du bouillon gras médiatique, du recours graveleux aux émotions et des fausses liesses populaires va relever d’une lutte quotidienne pour tous ceux (et surtout celles) qui veulent se tenir loin de ce lavage de cerveau totalitaire. Chacun se souvient de la légendaire saillie de Le Lay : « Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à XXXXXXX, c’est du temps de cerveau humain disponible ». Le foot + la pub + la télé = bonjour la décérébration !

Donc, le Triton est un de ces lieux-à-l’écart qui nous présente ce soir, dans le cadre de son festival Tritonales dédié aux musiques progressives : John GREAVES au piano et au chant et ses invités : Jeanne ADDED chant, David LEWIS trompette et bugle, Marcel BALLOT au piano.

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John Greaves
© myspace.com/johngreaves

C’est une soirée tendrement poétique et intimiste. Greaves en solo, en duo, en trio, en quartet, voire même en coulisse pendant que le trio s’y colle pour un moment magique : Jeanne ADDED, vocaliste-exploratrice nous interprète la célèbre chanson de Rina KETTY «  J’attendrai ». Interprète, c’est-à-dire qu’elle nous la fait entendre pour la première fois et c’est VRÉMENTRÉBÔ.

Le programme emprunte aux seventies, à Verlaine bien sûr, aux standards du jazz et même à Charles Trenet pour le rappel («  Que reste-t-il de nos amours ? ») ; ça pourrait être une soirée entre amis le temps d’un verre et d’une discussion, d’une pause après une journée laborieuse, un genre de parenthèse où chaque esprit se laisse aller à un bonheur simple : écouter des gens chanter et jouer de la musique. Le set unique file vite, trop vite, alternant les formats et les époques, chacun des compagnons de Greaves trouvant/prenant sa place pour se faire entendre. Tout ça sans gros son électrique ni débauche d’outils technologiques progressistes ni …. ni ….

Juste un moment de plaisir simple et délicieux.

PS : pour les cerveaux indisponibles : « Une main en trop. Mesures et démesures : un état du football », par Paul YONNET, éd. De Fallois


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