« Le jazz tisse sa toile... »
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Disques : Collection d’automne #3

D 5 décembre 2010     H 18:06     A Jean Buzelin, Thierry Giard, Yves Dorison    


Une collection d’automne toujours très colorée même si, sur le plan climatique, la saison du blanc commence très tôt. C’est peut-être pour cela que nous présentons une sélection spéciale du label québécois Effendi au milieu ce disques qui affichent une grande diversité de formes pour souligner la vitalité du jazz (au sens large mais toujours en lien avec ses racines profondes).

Il y a ici de belles idées de cadeaux !

ARGENTIERI QUATRO : « Soleil Brun »

ARGENTIERI QUATRO : « Soleil Brun » -  voir en grand cette image
ARGENTIERI QUATRO : « Soleil Brun »
Altrisuoni / MVS-Anticraft

> Altrisuoni AS301 - distribution MVS-Anticraft

Damien Argentieri : piano, compositions / Sébastien Jarrousse : saxophones / Mauro Gargano : contrebasse / Antoine Banville : batterie

01. 36 - 40 / 02. Soleil Brun / 03. Kokcinelle / 04. Judith / 05. Lamiremi / 06. Alban / 07. Salomé / 08. Big Lie / 09. Timothée

Après le conservatoire de Lyon, Damien Argentieri (né en 1976) a approfondi sa formation dans le domaine du jazz « chez Didier Lockwood » (CMDL [1]) avec Benoît Sourisse, Emmanuel Bex ou Pierre de Bethmann. Soleil Brun, son premier disque vient de paraître sur le dynamique label suisse Altrisuoni. À la différence de nombre d’autoproductions précipitées, on perçoit que Damien Argentiéri a laissé à sa musique le temps de la maturation. Les huit compositions originales de Soleil Brun renvoient les reflets tout en nuances d’un vrai travail d’équipe peaufiné mais encore spontané, soudé mais en préservant l’autonomie de chacun.

Le piano, bien calé au cœur de ce Quatro, est joué avec une autorité maîtrisée : Damien Argentiéri est un fin mélodiste. Technicien sans failles, il a un vrai sens du swing subtil. Sébastien Jarousse assure des parties de saxophone inspirées et la paire Mauro Gargano / Antoine Banville fournit un soubassement rythmique solide, dynamique sans être jamais pesant.

Un disque de grande qualité, sans faiblesses ni outrances. Oui, nuancé...

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Édouard BINEAU : « Wared Quartet »

Edouard Bineau : « Wared Quartet » -  voir en grand cette image
Edouard Bineau : « Wared Quartet »
Derry Dol Records / Socadisc
on aime !
on aime !

> Derry Dol Records DDR 1004 1 - distribution Socadisc

Daniel Erdmann (ts, ss), Edouard Bineau (p), Gildas Bocle (b), Arnaud Lechantre (dm) + Sébastien Texier (as sur 1, 3, 12).

Dix compositions de Bineau, une de Brassens, un duo Bineau-Erdmann, un trio Bineau-Erdmann-Texier, enregistrés en avril 2010, à Meudon.

J’avais été séduit et enchanté, il y a trois ans, par le travail qu’avait effectué le pianiste Edouard Bineau autour du Palais Idéal du Facteur Cheval avec, déjà, Sébastien Texier comme compagnon. Celui-ci apparaît à nouveau dans trois pièces de ce disque tout à fait différent mais aussi enthousiasmant. Le propos semble ici plus simple, plus direct, plus évident. À son trio habituel, le pianiste a ajouté la voix puissante de Daniel Erdmann, saxophoniste ténor au son plein, rugueux, volumineux qui le situerait presque dans la tradition des ténors “velus“ texans. Un son ample, naturel, maîtrisé, jamais forcé qui le distingue de la plupart de ses contemporains européens, et même américains. C’est un régal que de suivre son discours charpenté, équilibré, appuyé sur le rythme et le chant, y compris au soprano où il se montre également très intéressant. Il faut dire qu’il est particulièrement bien servi par les belles compositions du pianiste, à la fois originales, parfaitement actuelles, et totalement ancrées dans la grande tradition du jazz. Bineau lui-même, bien qu’il ne tire pas la couverture à lui, loin s’en faut, joue une partie de piano, parfois bluesy, digne des maîtres (qu’il est peut-être en train de rejoindre), et la rythmique swinguante est au-delà de toute critique. Quant à Sébastien Texier qu’on avait découvert un peu timide dans l’ombre de son père Henri, il fait montre à présent d’une autorité stupéfiante, comme on peut le constater aussi dans la remarquable Sweet Raws Suite du pianiste Bruno Angelini qui vient également de paraître.

  • On écoute et réécoute ce disque profond, sensible, solide et généreux avec un plaisir renouvelé, ce qui est bien rare dans la surabondante production actuelle.

. ::JB ::.

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Label EFFENDI : 3 disques récents...

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Le jazz canadien, le connait-on ? Pas vraiment. On apprécie les jazzmen issus de pays quand ils l’ont quitté ! Karl Jannuska à Paris, Michael Bates & Quinsin Nachoff à New York. Pour les anciens, souvenez-vous d’Oscar, de Paul, etc... Voici donc ici trois disques parus sur le label montréalais Effendi avec des musiciens du cru.




Rafael ZALDIVAR : « Life directions »

Rafael ZALDIVAR : « Life directions » -  voir en grand cette image
Rafael ZALDIVAR : « Life directions »
Effendi records / effendirecords.com

> Effendi records FND 101 - disponible sur www.effendirecords.com (commande en ligne)

Rafael Zaldivar : piano, clavier, percussions / Nicolas Bédard : contrebasse / Kevin Warren : batterie

01. Guajira / 02. Aguas de tinajon / 03. Delfina / 04. Cimarron Part One / 05. Cimarron Part Two / 06. Baila mi changui / 07. Changing Rooms / 08. Li / 09. Four In One / 10. Life Directions / 11. Off Minor / 12. Remembering Felito

Le premier album ce pianiste canadien originaire de Cuba annonce un artiste possèdant un style assez percussif qui n’est pas sans rappeler Powell et Tatum mais aussi, plus proche de nous, Gonzalo Rubalcaba. La majorité des compositions sont de sa plume, qui est alerte et inventive. Deux pièces de Monk et une du batteur complètent l’ensemble. Modernes assurément Rafael Zaldivar et ses acolytes, Nicolas Bédard à la contrebasse et Kevin Warren à la batterie, proposent un trio homogène qui sait faire jaillir des mélodies contemporaines qui ne manquent pas d’attrait. Un pianiste à surveiller de près, de très près.

Joe SULLIVAN : « Voices »

Joe SULLIVAN : « Voices » -  voir en grand cette image
Joe SULLIVAN : « Voices »
Effendi records / effendirecords.com

> Effendi records FND 099- disponible sur www.effendirecords.com (commande en ligne)

Joe Sullivan : Trompette / André Leroux : saxophone ténor et soprane / Jean Fréchette : saxophone baryton / André White : piano / Alec Walkington : contrebasse / Dave Laing : batterie

Cycles Of Blue / 02. Datsitdatsall / 03. Voices / 04. The Mighty Missinaibi / 05. Another Song For Sarah / 06. Minik / 07. Veux, veux pas / 08. Two Views / 09. Departure

Un troisième album en sextet pour ce trompettiste d’Ottawa installé à Montréal qui délivre un jazz mainstream décomplexé. Tout est parfaitement en place et, aux meilleurs moments, on entend dans les lointains de l’inconscient la belle époque du jazztet d’Art Farmer, les formes plus actuelles de Tom Harrell et d’autres combos du genre. L’homogénéité du sextet est notable, le plaisir de jouer évident. Les compositions font la part belle à la mélodie, quelle que soit leur complexité.

  • Rien de révolutionnaire donc, mais à coup sûr un jazz sincère exécuté de main de maître. C’est déjà beaucoup et on apprécie pleinement.

Dave WATTS : « Will it rain ? »

Dave WATTS : « Will it rain ? » -  voir en grand cette image
Dave WATTS : « Will it rain ? »
Effendi records / effendirecords.com

> Effendi records FND 098 - disponible sur www.effendirecords.com (commande en ligne)

Dave Watts : contrebasse / Dave Mossing : trompette / Julie Lamontagne : piano / Kenny Bibace : guitare / Richard Irwin : batterie

01. Will It Rain ? / 02. Zaballos / 03. Rooster / 04. Basement Window / 05. Morning Coffee / 06. 4-5-6 ! / 07. La route

Dave Watts est encore un canadien exilé à Montréal et ce disque est son premier album. On est là dans une esthétique résolument moderne, ce qui ne signifie pas contemporaine. Le quintet est musicalement convaincant bien qu’un peu gêné par certaines des compositions dont l’inspiration est discutable. Mais c’est là une affaire de goût et, sur l’ensemble on peut écouter un jazz agréable et rondement mené.

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The HEAD SHAKERS : « The Head Shakers »

THE HEAD SHAKERS -  voir en grand cette image
THE HEAD SHAKERS
Auto production

> Auto production - courriel de contact pour commande : theheadshakers@hotmail.fr

  • Pierre-Yves Langlois : sax ténor / Franck Beele : trompette / Samuel Marthe : trombone / Greg Varlet : clavier / Alexis Thérain : guitare / Guillaume Dumont : basse / Arnaud Havet : batterie
  • 1 Sly / 2 I wanna go home / 3 Introducing the Head Shakers

Nous n’avons pas pour habitude de chroniquer les « EP », sous peine de devoir écrire sur chaque démo reçue, qu’elle soit faite en studio ou au fond du jardin. C’est donc en ces lignes une exception qui confirme la règle. Elle est due à l’originalité de la démarche des Head Shakers qui financent leur premier album par la vente de ce court enregistrement. Aidez-les donc.

Groovy, funky, pop 70’s. Vous êtes prévenus ! Les inconditionnels de Chopin adoreront cette sauce bien relevée qui sent sous les aisselles. Le silence ? On s’assoit dessus et on lâche les chevaux. C’est pas nouveau, on fouille ici la carte d’un territoire déjà largement défriché (à qui tu penses ?) c’est pas révolutionnaire, mais c’est bien fait et festif en diable. Y a des yeux dans le milk-shake et des taches sur la nappe. Alors pourquoi se priver ? Aidez-les donc !

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Ramon LOPEZ FREEDOM NOW SEXTET : “Valencia“

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Ramon LOPEZ FREEDOM NOW SEXTET : “Valencia“
Xàbia Jazz / Socadisc

> Xàbia Jazz 008 - distribution Socadisc

Ramon Lopez : batterie / Herb Robertson : trompette / Ivo Perelman : saxophone ténor / Agusti Fernandez : piano / Joe Morris : guitare / Barry Guy : contrebasse

Treize compositions de Ramon Lopez, enregistrées à Valence, les 7 & 8 août 2009.

En jazz, on oppose souvent le batteur au percussionniste, le premier étant principalement considéré comme pur rythmicien, frappeurs de peaux et charleston intraitable, le second essentiellement coloriste, frotteur de cymbales et autres accessoires sonores insolites. Ramon Lopez est batteur, et pourtant il ne joue comme personne (comme aucun autre batteur “actuel“, genre gros son amplifié), et il est percussionniste car il utilise avec science et spontanéité timbres variés et bruts, sonorités naturelles, nuances et “bruits“, résonance ou, au contraire, matité. Frappe précise d’une part, grincements et frottements de l’autre, je le sens un peu comme l’un des meilleurs “enfants“ d’Han Bennink.

  • Toutes les facettes de son jeu sont perceptibles dans cette rencontre de haut vol qu’il avait rassemblé pour le festival Xàbia Jazz à Valence, au nord de sa ville natale, Alicante, titre du premier morceau, un solo de cymbales qui donne le coup d’envoi du projet : un hommage sincère à Max Roach et un rappel de sa « Freedom Now Suite ». Familier des rencontres spontanées comme des groupes plus structurés (voir l’excellent disque de Bruno Angellini chroniqué par Michel Delorme), Ramon Lopez est ici entouré par le contrebassiste anglais Barry Guy et le pianiste Agusti Fernandez avec qui il a souvent échangé, en disque comme en concert, et par trois improvisateurs américains réputés, Herb Robertson, Ivo Perelman et Joe Morris. Mais tous ces gens ne foncent pas ensemble tête baissée dans une improvisation débridée. Ils ne sont que rarement présents tous les six, et ce sont surtout des trios qui composent ce disque, Morris (passionnant) et Guy étant les plus sollicités, Perelman le plus en retrait. Mais une courte intervention de trompette bouchée ou quelques touches de piano ajoutent une couleur particulièrement pertinente et relancent, avec justesse et précision, le jeu qui se déroule. Varié et cohérent, exigeant et sans concessions, ce disque propose une véritable suite d’improvisations à la fois denses, subtiles et profondes.
  • Une musique forte et pleine d’humanité, à l’image de ce grand et bon musicien qu’est Ramon Lopez.

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ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ (dir. Daniel YVINEC) : « Shut Up And Dance »

ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ (dir. Daniel YVINEC) : « Shut Up And Dance » -  voir en grand cette image
ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ (dir. Daniel YVINEC) : « Shut Up And Dance »
Bee Jazz / Abeille Musique

> Bee Jazz BEE042 - distribution Abeille Musique

Eve Risser : piano et flûte / Vincent Lafont : piano, claviers, électronique / Antonin-Tri Hoang : saxophone alto, clarinette, piano / Matthieu Metzger : saxophones alto et soprano / Rémi Dumoulin : saxophone ténor et clarinette / Joce Mienniel : flûte, électronique / Guillaume Poncelet : trompette, bugle, électronique / Pierre Perchaud : guitares et banjo / Sylvain Daniel : basse / Yoann Serra : batterie // Daniel Yvinec : direction artistique / John Hollenbeck : compositions.

Dans l’orchestre, pour ce projet, tous les musiciens jouent à un moment ou à l’autre des boomwhakers. Ces tubes PVC colorés sont la transposition contemporaine d’instruments primitifs. Le concepteur de la chose avance le slogan de « Musique Plastique ».

  • Il est vrai que la musique imaginée par le polyinstrumentiste, compositeur et chef d’orchestre new-yorkais John Hollenbeck pour l’ONJ a une dimension plastique indéniable. Bien connu pour son côté iconoclaste, il semble s’être évertué avec malice et une certaine inventivité à casser les conventions en petits morceaux pour les pétrir en une matière maléable haute en couleurs. John Cage aurait sans doute vu en lui un lointain disciple.

C’est là que la fonction de directeur aristique qu’a endossé Daniel Yvinec (en laissant sa contrebasse à la consigne) prend ici tout son sens. Le produit de sa collaboration avec Hollenbeck est tout à fait singulier et vraiment passionnant même si, dans la durée d’un double album, les étapes de ce cheminement musical original ont des saveurs inégales. Le résultat est, dans l’ensemble, bluffant, inclassable et décapant à défaut d’être réellement dansant, soit dit en passant...

Allez, comme dit l’autre, tais-toi et... écoute ! Ça vaut le détour !

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OREGON : « In Stride »

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OREGON : « In Stride »
CAMJAZZ / Harmonia Mundi

> CAMJ 7830-2 - distribution Harmonia Mundi

Ralph Towner : guitare classique, piano, claviers, guitare synthetiseur / Paul McCandless : clarinette basse, hautbois, Cor anglais... / Glen Moore : contrebasse / Mark Walker : batterie

1. Hop-To-It / 2. As She Sleeps / 3. Nacao / 4. Summer’s End / 5. On the Rise / 6. Glacial Blue / 7. Aeolus / 8. Song For a Friend / 9. Petroglyph / 10. Cat Piano / 11. In Stride

Our first record, le premier album du groupe Oregon fut enregistré en 1970. In Stride est le vingt-huitième disque du groupe. Après le décès de Colin Walcott en 1984, le passage de Trilok Gurtu et deux disques en trio, c’est Mark Walker qui occupe dorénavant le poste de percussionniste et ce, depuis 1996.

Le quartet a parsemé ces dernières décennies de perles discographiques et ce dernier enregistrement en date est dans la lignée des réussites indiscutables. Oregon, c’est un univers, un style et un son. Un univers riche de mélodies entêtantes. Un style où la virtuosité dispute à l’élégance la prééminence sans que jamais l’une arrive à contrarier l’autre. Un son, ou plus précisément, des sonorités qui marient les influences musicales avec bonheur. Il en découle une originalité marquée au sceau de l’excellence et ce, dans tous les registres. Les grincheux diront qu’ils sont reconnaissables dès la première note. Mais n’est-ce pas l’apanage des meilleurs ?

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Alexandre SAADA : « Present »

Alexandre SAADA : « Present » -  voir en grand cette image
Alexandre SAADA : « Present »
Promise Land / Codaex

> Promise Land PL004 - distribution Codaex

Alexandre Saada : piano solo

01. Home / 02. Panic circus part I / 03. Panic circus part II / 04. The hebrew / 05. Unusual path / 06. Yippie / 07. My rag / 08. Eveil / 09. Short cut / 10. Winter

L’hiver frappe à la porte le 20 décembre 2009... Noël bientôt... L’heure est à la rêverie méditative, le retour aux choses simples, les mélodies, les doigts qui courent avec agilité sur le clavier (il fait chaud au corps et au cœur, sans doute).

Alexandre Saada a enregistré ce jour là un album d’une grande sincérité, sobre et simplement attachant. Cet habitué de musiques plus turbulentes, fan de pop, de rock autant que de jazz n’a jamais oublié ni Coltrane ni Rachmaninov. il nous fait aujourd’hui le coup de l’album « unplugged » (comme disent les -dé-branchés) et c’est réussi !

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Ben SIDRAN EUROPEAN 5TET : « Dylan different - live at the New Morning »

Ben SIDRAN EUROPEAN 5TET : « Dylan different - live at the New Morning » -  voir en grand cette image
Ben SIDRAN EUROPEAN 5TET : « Dylan different - live at the New Morning »
Bonsaï Music / EMI

>Bonsaï Music, BON 101002 - distribution EMI

Ben Sidran : piano, vocal / Rodolphe Burger : guitare, vocal / Erik Truffaz : trompette / Marcello Giuliani : basse / Alberto Malo : batterie

  • Intro / Gotta Serve Somebody - Rainy Day Woman - Blowin’ In The Wind (duet with R.Burger) - Subterranean Homesick Blues - All I Really Want To Do - Tangled Up - Everything is Broken - Maggies Farm - Love Minus Zero - The Times They Are Changing - On The Road Again - We are here for a minute (R. Burger)

Le quartet européen de Ben Sidran lorgne sur le mélange des genres. Erik Truffaz côtoie Rodolphe Burger qui côtoie Marcello Giuliani et Alberto Malo. Le tout est parfaitement homogène ! La relecture de Dylan par Sidran est à la dimension du personnage et de son atypisme. La mise en valeur des textes par cet érudit du jazz au chant si particulier est un vrai plaisir. Un disque vraiment sympa avec une belle ambiance de club et des musiciens concernés qui ne mégotent pas sur l’engagement artistique et musical.

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Bruno TOCANNE : « 4 New Dreams »

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Bruno TOCANNE : « 4 New Dreams »
Instant Music records / Musea

> Instant Music records IMR002 - distribution Musea

Bruno Tocanne : batterie / Michael Bates : contrebasse / Rémi Gaudillat : trompette / Samuel Blaser : trombone

01. Birthday Memorial (Bates) / 02. In a suggestive way (Tocanne-Blaser) / 03. Van Gogh (Bates) / 04. Waiting for... (Tocanne - Bates - Blaser - Gaudillat) / 05. Shape (Gaudillat) / 06. Alicante (Gaudillat) / 07. Interlude 1 (Bates - Blaser - Tocanne) / 08. Voodoo (Bates) / 09. Interlude 2 (Bates - Blaser) / 10. Le singulier au pluriel (Tocanne - Gaudillat) / 11. Pas si simple (Gaudillat) / 12. Le présent du vindicatif (Tocanne - Bates - Blaser - Gaudillat)

Si on cherche la source des rêves éveillés de Bruno Tocanne, on va peut-être creuser du côté des quartets de Max Roach. Il évoque le batteur leader engagé, attentif au développement de la musique dans un large espace de liberté où l’harmonie se définit d’elle même sans instrument assigné à cette tâche... Ensuite, on pensera peut-être à Charlie Mingus pour l’esprit de workshop, musique d’artisans qui mettent leur énergie expressive au service d’idées partagées autour d’un guide qui esquisse une esthétique commune.

Avec ces rêveurs là, l’utopie devient réalité. Bruno Tocanne parvient à rassembler des musiciens portés par un même idéal artistique en gommant les frontières. L’américain Michael Bates (contrebasse en bois chantante et vibrante) et le suisse Samuel Blaser (trombone souple et chantant) se sont parfaitement adaptés aux climats aérés de l’équipe beaujolaise que constituent les deux complices Rémi Gaudillat (trompette vive et vindicative) et Bruno Tocanne (batterie affûtée et cymbales tranchantes). C’est dans un esprit de partage et avec une remarquable sérénité qu’il nous entraînent dans leurs rêves en toute lucidité. Une musique libre, chantante comme des protest songs, sans violence mais sans concessions, authentique et absolument convaincante.

Un très beau disque sur le nouveau label lyonnais Instant music records que dirigent Brono Tocanne et le guitariste Alain Blesing.

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© Association CultureJazz® - décembre 2010 - www.culturejazz.net®


[1Centre des Musiques Didier Lockwood - Dammarie-Lès-Lys (77) - cmdl.free.fr/...