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JAZZ À VIENNE 2011 (3)

D 12 juillet 2011     H 17:04     A Yves Dorison    


DAVE HOLLAND Quintet

  • Jeudi 07 juillet 2011

Dave Holland : contrebasse / Robin Eubanks : trombone / Steve Nelson : vibraphone / Chris Potter : saxophone / Nate Smith : batterie

Dire que Dave Holland est une référence relève du pléonasme et sa présence renouvelée à Vienne est de celle dont on ne se lasse pas. Son quintet appartient à ces formations que l’on cite en exemple, et pour cause. Ce fut encore un enchantement de l’écouter l’autre soir malgré des conditions météorologiques exécrables.

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Dave Holland
Jazz à Vienne 2011

La complexité du propos musical tel qu’il est voulu par Dave Holland est savamment masqué par un art mélodique consommé. Il faut avoir l’oreille affûtée pour amplement profiter de la richesse de l’ensemble. L’équilibre entre les musiciens est un modèle du genre. Chacun s’exprime dans un interplay d’une aisance désarmante. Tous y mettent un inébranlable conviction au service d’un jazz contemporain ancré, sans forfanterie aucune, dans une tradition assimilée à la perfection et qui entretient un lien étroit avec l’exigence la plus haute. Les interventions de Chris Potter et Robin Eubanks savent être fines et incendiaires à la fois. Steve Nelson sait habiller le quintet par un jeu empreint d’une souplesse rythmique étonnante. Nate Smith, en gardien du temps, assure la cohérence de l’ensemble. Il ne reste au contrebassiste qu’à organiser le tout autour des soli chantants dont il est coutumier afin que l’improvisation soit le cœur battant d’une musique qui sait plaire aux musiciens comme au public car sans compromission.

RETURN TO FOREVER

  • Jeudi 07 juillet 2011

Chick Corea : claviers / Stanley Clarke : basse / Lenny White : batterie / Franck Gambale : guitare / Jean-Luc Ponty : violon

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Chick Corea
Jazz à Vienne 2011

Le plus remarquable dans le concert de cette quatrième mouture de l’inoxydable combo quarantenaire à géométrie variable du jazz fusion, c’est l’orage qui l’a accompagné durant la plus grande partie du concert. S’il fut en son temps révolutionnaire Return to Forever IV apparaît en 2011 comme une énième resucée à but lucratif, que ce soit pour les musiciens ou pour les festivals qui sont certains de remplir chaises et gradins sans coup férir. D’une pierre deux coups : la nostalgie peut donc avoir du bon si tant est que l’on ait les yeux rivés sur la poche où l’on prend soin de ranger le porte-monnaie. Si cela a pu permettre de bien payer le quintet de Dave Holland ou le Bitches Brew Beyond de Wallace Roney et la très musicale Gretchen Parlato, on ne trouve rien à redire. Une suggestion : peut-être pourrait-on grouper sur la première semaine les groupes commerciaux qui assurent la survie des festivals (on pourrait même augmenter les tarifs) et faire ensuite une semaine jazz (on pourrait peut-être baisser les tarifs) durant laquelle les chroniqueurs ne feraient pas des dizaines de kilomètres chaque soir pour couvrir des premières parties de qualité auxquelles on n’accorde même pas la possibilité de faire un deuxième rappel. De même les photographes se déplaceraient-ils pour plus d’un ou deux morceaux. Y faut qu’on réfléchisse !

GRETCHEN PARLATO

  • Jeudi 07 juillet 2011, Club de minuit

Gretchen Parlato : chant / Taylor Eigsti : piano, ,claviers / Alan Hampton : contrebasse / Mark Guiliana : batterie

Gretchen Parlato -  voir en grand cette image
Gretchen Parlato
Jazz à Vienne 2011

Perdue au milieu des Norah Krall, Diana Peyroux et autre Madeleine Ekdahl ou Lisa Jones, Gretchen Parlato fait figure d’exception car c’est une chanteuse de jazz. Habitée par la musique, la récipiendaire du prix Thelonious Monk 2004 déroule une carrière encore discrète mais déjà marquée par trois enregistrements d’une qualité notoirement reconnue de par le monde. Habitée par la musique, disions-nous, c’est une évidence formelle. A défaut d’écouter ses disques, il suffit de la voir sur scène pour le comprendre. Brillamment accompagnée par un trio d’accompagnateurs hors pair, elle insuffle à sa musique, de sa voix aérienne mais pas diaphane, des vibrations subtiles en étirant le tempo avec un art consommé. Le choix du répertoire est judicieux et les arrangements de Robert Glasper aussi. Le tout développe une ambiance musicale faite de demi-teintes profondes habillant pour le meilleur un univers pétri de sincérité et de talent.

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