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JAZZ À VIENNE 2011 (4)

D 13 juillet 2011     H 13:50     A Yves Dorison    


CECILE MCLORIN SALVANT

  • Jazz à Vienne, dimanche 10 juillet 2011

Cécile McLorin-Salvant : chant / Jean-François Bonnel : saxophone, clarinette / Enzo Mucci : guitare / Jacques Schneck : piano / Pierre Maingourd : contrebasse / Sylvain Glévarec : batterie

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Cecile McLorin-Salvant
Jazz à Vienne 2011

S’il est une jeune chanteuse qui représente un certaine idée de la tradition jazz, c’est elle et personne d’autre. Sa voix ample et profonde fait résonner chez l’auditeur bien de noms du passé et pas les moindre. Elle ne manque pas d’atout, c’est indéniable. Présence, tessiture, feeling, précision, sérénité, et j’en passe. On ne gagne pas le prix Thelenious Monk par hasard. En un mot, elle sait émouvoir le public avec des standards qu’elle sait trier sur le volet. Un seul reproche cependant : le set se déroule de façon trop routinière, mal aidé par un quartet très sûr mais assis sur des certitudes ancrées. Comme l’avenir lui appartient, on ne doute pas qu’elle va remédier à ces quelques défauts de jeunesse et atteindre des contrées où seules les grandes (celles dont on se souvient) s’aventurent. Il lui suffira d’oser.

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JAMIE CULLUM

  • Jazz à Vienne, dimanche 10 juillet 2011
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Jamie Cullum
Jazz à Vienne 2011

Quand j’étais gosse, j’aimais bien les super héros des feuilletons américains, avec une préférence pour les filles. Wonder Woman, Drôles de Dames et bien sûr Super Jaimie. Vous croyez que c’est son fils, le jeune Jamie, le trublion énervé qui saute sur le piano et fait des sprints sur scène ? Parce que, tout de même, ce gars, c’est un super héros. S’il était né plus tôt, il aurait pu remplacé le kangourou dans Skippy, haut la main. Il y avait même des groupies en pâmoison dans le théâtre antique. On n’avait plus vu ça dans un lieu de ce genre depuis bien avant Jésus Christ ( à part pour Keith Jarrett à Fourvière, mais là, c’est tout du chiqué).

  • Bref, à Vienne, il attaque avec « just one those things » et cautionne ainsi son passage sur cette scène. Après, il enchaîne quelques autres choses d’un autre genre popo-rocko-funk. Efficace le gars, et professionnel. C’est du show chaud. Un peu de français pour parler aux filles, un peu d’anglais pour dire l’honneur qu’il ressent d’être sur cette scène mythique où tant d’illustres musiciens sont passés avant lui (après lui aussi, on l’espère). On tombe la veste, la cravate, la chemise... t’inquiète pas maman, il est bien élevé. C’est plutôt genre gendre idéal en platine que Sid Vicious. Toute façon, il est père de famille. Et on enchaîne tambour battant sans temps morts avec trompette, on cale le slow qui tue, sirop quand tu nous tiens, ovation, une autre une autre. Oh ! T’as vu, il a joué deux heures ! Wouah ! Ça l’fait trop. Cher bien. Oh ouais, trop pas ! Come together ! Oh yeah ! Over me... et le Caravan passe....
  • Jamie Cullum a tout l’avenir devant lui. Qui sait ce qu’il nous réserve.

SONNY ROLLINS

  • Lundi 11 juillet 2011

Sonny Rollins : saxophone tenor / peter Bernstein : guitare / Bob Cranshaw : contrebasse / Kobie Watkins : batterie / Sammy Figueroa : percussions

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Sonny Rollins
Jazz à Vienne 2011

Theodore Walter Rollins est l’un des derniers géants du « jazz qui n’en finit pas de s’éteindre à petit feu ». A ce titre, il mérite dès son arrivée sur scène la longue ovation du public. En habitué du lieu, il semble la goûter mais ne peut s’empêcher de l’abréger. Car Sonny a envie de jouer, c’est sûr. Et c’est très plaisant car à bientôt 81 ans, après une vie bien remplie, la fatigue se fait sentir. Il apprécie grandement de faire tourner longuement les morceaux de son choix qui constituent les deux sets de la soirée (presque trois heures), avec l’indéfectible calypso au menu, comme de bien entendu. -Il fait beaucoup jouer ses musiciens, ce qui est normal. À l’impossible, nul n’est tenu. Mais le public est là pour lui (c’est bien) et ne manque pas de saluer telle ou telle phrase, tel ou tel échange, tel ou tel solo. Don’t stop the Carnival achève la cuvée 2011 et provoque l’émotion et la standing ovation. Il la mérite, c’est un fait. Sa longévité colossale le ramène à son surnom, certes. Et après ?

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