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Frédéric MONINO Quartet : All the way

Pas de souci pour son Triple OUAIS

D 15 novembre 2011     H 11:36     A Alain Gauthier    


Ça ressemble à un quatuor de musique de chambre. L’électricité en plus.
Ça ressemble à du déjà vu/entendu : deux qui tiennent la baraque du tempo : François LAIZEAU à la batterie, Frédéric MONINO à la guitare basse, deux qui s’en affranchissent ou jouent avec : Olivier-Roman GARCIA à la guitare acoustique, Stéphane GUILLAUME aux sax alto et soprano.

Après, ça n’y ressemble plus du tout.
D’abord parce qu’il n’y a pas un patron qui a besoin de se refaire la cerise en embauchant des pointures qui sauvent les appâts rances et lui servent de faire-valoir mais quatre lascars en première ligne ; ensuite parce que ces gars-là ont dû mémoriser l’avertissement sur les portes des magasins : « poussez fort ».
Question tempo, ils poussent tous ensemble et un poil devant, le morceau « Drôles de temps » en est une illustration pertinente avec ses variations de rythmes de modéré plus à sprint sous amphètes. Enfin parce que l’énergie qu’ils y mettent ( y avait des substances dans le plat des musiciens ? ) ne se relâche pas et donne une impression de tension permanente voire croissante, même dans la délicieuse « Valse, tard ou tôt ». Cette énergie pourrait-elle remplacer l’EPR ( Endroit Particulièrement Ringard ) : en parler à Hollande peut-être ?

Il y a Laizeau avec sa drôle de batterie complétée d’un fût posé sur la tranche ( un tom basse ? ) à portée de sa baguette main gauche, qui pousse le talent jusqu’à ne pas jouer dans les pianissimi du guitariste. Le silence chez un batteur, ce n’est pas rien, non ? Il y a Garcia, justement, dont la guitare apporte un air du sud entre flamenco et bossa et invite aux claquements de mains ; lui aussi se montre capable de laisser passer du temps vide de sons avant d’y aller de son histoire. Il y a le sax, grand grand mélodiste, dont les phrases étirées relaient celles du guitariste et qui réussit à aller au bout de ses idées en cavalant le long de son tuyau sans jamais flirter avec les arrachements du free. Il y a Monino dont les doigts ( quinze ? vingt ? plus ? ) non contents de tenir ferme la pulsation, pratiquent une cavalcade véhémente sur son manche qu’on dirait des envolées au clavier. Pfff …. ça avance très fort.

Frédéric MONINO : « All The Way » -  voir en grand cette image
Frédéric MONINO : « All The Way »
PypeLine / distribution Socadisc

Donc le triple Ouais (donné par les agences de notations de ce monde où les prédateurs cupides privatisent les bénéfices et socialisent les dettes) qui sonne mieux que le triple A (AbrutiAccroalArgent).

Petite question : vu leur débauche d’énergie, y a-t-il un ostéopathe en coulisse ?

> Samedi 12 novembre 2011 - Le Triton - Les Lilas (93)

> Lire aussi sur CultureJazz.fr :

  • La chronique du disque « All The Way » (septembre 2011) - Label PypeLine - Continuum CD FM02 - distribution Socadisc

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