« Le jazz tisse sa toile... »
Vous êtes ici : Accueil » Sur scène » Sur scène en 2012 » Trio Kenny BARRON à Dijon

Trio Kenny BARRON à Dijon

Le froid n’arrête pas les puristes… ils sont récompensés….

D 14 février 2012     H 06:50     A Jacques Revon    


Arrivé la veille de New York, le trio de Kenny Barron pénètre dans le froid glacial de notre Hexagone.
Vendredi 10 février, il est 17 heures, il fait moins 6 à Dijon. À 17h30 la production espagnole m’a donné rendez-vous au Théâtre des Feuillants pour réaliser quelques photographies lors de la balance.
Surprise, le trio est déjà sur scène, trois quarts d’heure d’avance. Les trois musiciens, Kenny Barron, piano Kiyoshi Kitigawa contrebasse et Lee Pearson, batterie, sont en train de se réchauffer et jouent. _ D’ordinaire, les jazzmen n’ont pas pour grande habitude d’être en avance sur l’horaire mais cette fois-ci c’est l’exception, je dois m’adapter, je n’aurai que très peu de temps pour photographier le trio.
Quoi qu’il en soit, le contact est chaleureux : sourires. Ils ont presque terminé mais pour moi, ouf ils jouent un dernier morceau : sympa ! La balance est terminée. Nickel ! On plaisante même sur la forme de nos casquettes pour se préserver du froid. Le mot « casquette » les amuse.
À ce soir !

Kenny Barron à Dijon - 10 fev. 2012

20 heures !
Retour au théâtre, dehors il fait moins 7, mais le froid n’arrête pas les puristes et ce soir, la salle est pleine 490 personnes. Il faut dire que Kenny Barron est venu spécialement en France pour ce concert.
La prochaine fois que le trio de Kenny Barron reviendra en France ce sera à Marciac, le 21 Avril 2012.

À Dijon en 90 minutes, le trio va dérouler « l’Histoire du Jazz » une sacrée performance. Au final le public sera plus que ravi.
Après un tout petit quart d’heure « dijonnais » (il faut attendre que tout le monde soit placé) tout commence avec un be-bop de Dizzy Gillespie, c’est Kiyoshi Kitagawa qui prend le premier chorus, le bassiste japonais de Brooklyn a rencontré Kenny Barron en 1993. Tout juste cinq ans plus tôt, le jazzman débarquait de son Japon natal à New York.

Ensuite Kenny enchaîne avec « Beautiful love » une série de 4/4 au menu puis c’est une ballade, chaque musicien s’exprime, se répond, chacun à son tour participe à cette douce histoire, délicatement Kenny accompagne Kiyoshi, sous les touches du Steinway les accords caressent la mélodie du bassiste.

Kenny Barron trio à Dijon - 10 fev. 2012

Dans la salle il fait bien chaud, dehors… ?
Pour la première et unique fois, Kenny Baron sort une partition et nous propose une de ses compositions « In the Dark » comme une sensation d’avancer doucement dans l’obscurité, à tâtons, petit à petit. Le piano dialogue avec la contrebasse, on dirait que cette musique a été composée pour un film mais peut être est-ce simplement notre imaginaire qui se nourrit de cette musique, elle nous transporte…

Kenny Barron trio à Dijon - 10 fev. 2012 -  voir en grand cette image
Kenny Barron trio à Dijon - 10 fev. 2012
(c) Jacques Revon

C’est au tour de Thelonious Monk de réapparaître avec un Shuffle Royal, le disciple Kenny est aux anges, Lee Pearson, lui, est sublime, il joue avec ses mains sur les peaux tendues de sa caisse claire et de ses toms, il caresse, il manipule. Que demander de mieux lorsque l’on se trouve aux côtés de Kenny Barron, que d’être ce soir à Dijon par un jour de grand froid mais bien au chaud, au service du grandissime Monk et de l’un de ses disciples, aujourd’hui encore l’un des plus influents pianistes depuis l’ère du be-bop.

Le batteur du Maryland aura cependant tendance ce soir à se laisser emporter parfois par sa passion créatrice, certes les coups sont justes, précis, sa dextérité affirmée mais la forte résonance de son jeu couvre par moments l’évolution lyrique de ses deux partenaires. Il est vrai que ce grand de Broadway est très imprégné par le rythm n’blues et qui plus est aussi par les couleurs du hip-hop. Ce soir, il sait qu’il est au soutien du grand Barron, le leader.

Kenny Barron se retrouvera aussi en pianiste solo le temps de nous rappeler que Duke Ellington et Billy Strayhorn sont bien là présents dans cette histoire du jazz. Cette nuit, tous deux planent au dessus de la Capitale de Bourgogne, ils nous parlent sous les doigts d’un Kenny tendre et toujours très appliqué.

Lee Pearson (Kenny Barron trio) à Dijon - 10 fev. 2012 -  voir en grand cette image
Lee Pearson (Kenny Barron trio) à Dijon - 10 fev. 2012
(c) Jacques Revon

Les mélodies et les accords s’enchaînent, témoignent ici d’une écriture riche en harmonie et feutrée, celle de deux grands compositeurs, complices en leur temps.

La salle comble en redemande, Kenny Barron regarde discrètement sa montre, c’est le rappel. Après un dernier salut au public puis quelques notes tapotées par le Maître sur les touches du piano, il est temps pour les trois jazzmen de partir sur la pointe des pieds. Les dijonnais applaudissement encore...

Dehors, la température a encore baissé d’un degré mais pendant ce beau concert, les spectateurs conquis ont vite oublié la froidure.
Le Trio mythique a, ce soir-là, réchauffé le public dijonnais. Il l’a transporté dans une belle histoire.

Qui jouera en Bourgogne ? Où ? Quand ? Sélection de concerts dans l’agenda de CultureJazz.fr !

> Liens :