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PING MACHINE au Triton.

un koan zen ?

D 5 juin 2012     H 08:29     A Alain Gauthier    


Là où le MegaOctet d’Andy Emler prend ses aises, sur la même scène inchangée, les quatorze lascars de Ping Machine se la jouent boite à sardines familiale :
« attends attends, laisse-moi passer » dit l’un qui se faufile au bout de la file,
« oui, replie tes ailes, merci, que je voie ma partoche » murmure un autre,
« et les grands pieds, là, cétaki ? » demande un autre autre.

Ping Machine au Triton - 31 mai 2012
Ping Machine au Triton - 31 mai 2012
© Catherine Ledrux

Bref : on se tasse et on ne bouge plus sauf à soulever le couvercle et faire couler l’huile.

Les quatorze , c’est-à-dire :
Frédéric MAURIN aux compositions, à la direction et à la guitare ; au ras du public, le pupitre des sax, clarinettes et flûtes : Florent DUPUIT, Fabien DEBELLEFONTAINE, Jean-Michel COUCHÉ, Julien SORO et Guillaume CHRISTOPHEL ; derrière eux les souffleurs de trombones et tuba : Bastien BALLAZ et Didier HAVET et le dos au mur les trompettistes : Andrew COCKER, Quentin GOMARI et Julien SILVAND qui remplace Fabien NORBERT au pied levé ( et chacun sait que jouer le pied levé pendant deux heures, ce n’est pas rien ), Raphaël SCHWAB à la contrebasse et Raphaël KOERNER à la batterie. Planqué derrière son immense piano à queue et ses claviers électroniques, Benjamin MOUSSAY ( l’homme incontournable du moment).

Un concert intense sans temps mort, s’entendant du fond, sentant bon la gniak de mecs déterminés. Une musique qui met l’auditeur sous tension permanente même dans les tempi moyens et les nuances piani-piano, à laquelle s’ajoute le déséquilibre qui rode en permanence. Comme l’impression sans cesse qu’un des pieds de la chaise ne va pas tarder à se faufiler dans une anfractuosité subite du sol, un interstice interstellaire propre à générer une boiterie cosmique, la collision Voie Lactée-Andromède peut-être ?
Pas une seconde de répit pour s’installer dans un confort pépère : le soliste développe son idée et vlan : riff trompétueux, il tire sur sa note, plaff : les sax lui tapissent l’air. Ils nous jouent Early Morning Party (un genre d’after), Trona (une mine de borax-tétraborate de sodium décahydraté- dans le désert californien avec un avant-goût de notre futur au moins sonore), Février (parce que 28 jours, 28è compo, l’explication vaut pour ce soir), Alors Chut (avec une fin oxymorique tant le silence a fui devant la virtuosité de tous), Des Trucs Pareils et en rappel : Dissonance Cognitive (accroche-toi au sonotone !!).

Fred Maurin avec Ping Machine au Triton - 31 mai 2012 -  voir en grand cette image
Fred Maurin avec Ping Machine au Triton - 31 mai 2012
© Catherine Ledrux
Ping Machine au Triton - 31 mai 2012 -  voir en grand cette image
Ping Machine au Triton - 31 mai 2012
© Catherine Ledrux
Ping Machine au Triton - 31 mai 2012 -  voir en grand cette image
Ping Machine au Triton - 31 mai 2012
© Catherine Ledrux

Impeccable collectif qui met en valeur des solistes épatants parmi lesquels deux a cappella (Soro, Moussay) et des dialogues de solistes (Moussay-Dupuit, Soro-Ballaz, Ballaz-Havet).

Que du bon pour clore mai où l’on ne fait pas ce qui déplaît.

Avec un remerciement particulier à Catherine Ledrux qui nous a fourni quelques photos de cette soirée. Consultez son site photo ici !

> Ping Machine : « Espaces sonores » - Le Triton / 93 Les Lilas - jeudi 31 mai 2012.


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> Ping Machine en vidéo : enregistrement du disque « Des trucs pareils » au Studio Bauer de Ludwigsburg (Allemagne) en mars 2011.


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