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Trois sets gagnants au Baiser Salé.

Autour du saxophoniste Rick Margitza

D 28 juin 2012     H 15:41     A Philippe Paschel    


TROIS SETS GAGNANTS

13 juin 2012 : après un premier set en quartet, les invités se sont succédés autour du saxophoniste Rick Margitza au club du 58 de la rue des Lombards, le Baiser Salé.

R. Margitza, P. Giron, D. Block, F. Amsallem au Baiser Salé le 13juin 2012
R. Margitza, P. Giron, D. Block, F. Amsallem au Baiser Salé le 13juin 2012
© Philippe Paschel

Lors des deux premiers sets, malgré la gêne occasionnée par quelques groupes de bavards bruyants, nous avons pu entendre le groupe très soudé de Rick Margitza, avec un bassiste solide sur lequel semble se reposer le groupe, un batteur utilisant une grande variété de rythmes mais gardant le tempo et un pianiste un peu timide face à d’immenses partitions. Margitza, habitué des lieux où il se produit une fois par mois, est un virtuose charmeur, avec un son fluide qui sait devenir rauque dans des moments de paroxysme, pratiquant même une sorte de diaphonie dans l’aigu. Son style musical est assez en accord avec son apparence, entre plaisancier ayant mis le pied à terre et pirate observant les terriens (l’anneau dans l’oreille gauche). Il est en fait d’origine hongroise et « bohémien », comme l’indique le titre d’un morceau dédié à sa famille : « Gipsy ». De l’inventivité et un souigne constant.
A la fin du deuxième set, arrivée tonitruante de Frank Amsallem, qui jouait auparavant au Duc des Lombards, avec son saxophoniste Dan Block, réclamant un morceau : « N’importe quoi, un paso ! ».
Le troisième set débuta par un morceau joué par le groupe de Rick Margitza, qui annonça que la suite de la soirée serait « open ». Donc, John Betsch, le géant nonchalant, remplaça Jeff Boudreaux qui avait abandonné les lunettes de soleil qu’il avait gardé pendant les deux premiers sets, et Frank Amsallem prit la place de Manuel Rocheman, pour jouer un « Bye bye Blackbird » auquel se joignit Dan Block, qui extirpa d’un étui minimaliste un saxophone ténor et enleva enfin son chapeau -ce musicien « versatile », qui joue divers styles de jazz, faisait partie du dernier groupe de Charlie Mingus qui a enregistré « Me, Myself and Eye » (Atlantic-1978) . Le drumming ample de Betsch poussa la rivalité des deux ténors jusqu’à une improvisation collective finale, le pianiste donnant à l’instrument une amplitude qu’il n’avait pas eu jusqu’alors. Pour le morceau suivant Phil Hilfiker joignit son alto au groupe, Boudreaux et Rocheman reprenant leurs places. Une suite de solis engagés, le nouveau venu ayant un style un peu trop lissé par rapport à ses aînés, mais il eut le dernier mot dans le final collectif.

Il était 2 heures du matin. La pluie avait cessé.


Le Baiser salé - 13/06/2012 : Rick Margitza (ts), Manuel Rocheman (p), Peter Giron (b), Jeff Boudreaux (dms) + Frank Amsallem (p), Dan Block (ts), John Betsch (dms), Phil Hilfiker (as).


> Liens :

Les concerts au Baiser salé sont dans l’agenda Île de France (01) de CultureJazz